F' 317 >' LE CONTE DE CLEREMONT
Retourne à eulx, comment qu'i soit.
Et leur dy que tout est perdu,
S'il y vont par aucun endroit
Avant que je soye venu.
Dy leur que je l'ay deffendu 8600
Et leur deffens à toutes uns.
Leur diray que avez conclu Jusques à demain, pour le moins.
Lors retourne, et puis dit :
Messeigneurs, je suis retourné.
De par le comte Cleremont, 86o5
Vous dire qu'il est ordonné
Que n'alliez aval ne amont,
Tant que luy et ceulx qui là sont
Soyent devers vous arrivez;
Que demain j'espoir qu'i seront 8610
Avecques entre nous alliez.
U HIRE
Aille comme en pourra aller!
Je voy les Anglois là devant; r 9i8 1^. Ne cessent eulx appareiller
Et se fortiffient là dedans. 86 1 5
James ne recouvrons le temps Qu'U estoient en beau gibier; Que y se sont doux maintenant Et grandement forliffiez.
FACESTOT.
Mes amis, voylà les François scao
Qui sont à demye lieue de nous,
De noz charroy, de noz harnoiz;
Faisons tant que soyons enclos.
Je congnois que vous avez poux
Et vous atendez à morir; 8625
Mais prenez bon coraige en vous
Que vous ne povez où fouyr.
PRRVOST DE PARIS.
Il nous faull deffendre ou morir,
C'est une chose bien certaine;
Mais j'espoir à parvenir 863o
A victoire, tant mectrons peine.
Faictes qu î n'y ait que une vaine
Et une voye seullement
Pour saillir sur eulx en la plaine,
S'il est besoing aucunement. 8635
PiiBv». RAMESTON.
Nostre parc* si est fosoyé.
Bien dos de charroy à l'entour,
De paux esguz fortiffié,
Qu'i n'y pevent par aucun tour
N'y entrer, par aucun destour. 864o
Pour la force d'artillerie,
Assortie comme en une tour,
Bien appoinctée et bien garnie.
Cecy je n'enduroye mie
Que je n'alasse visiter 8645
Les bois, et faire une saillie
Pour les faire dehors bouter.
Je m'y en vois sans arrester
Leur présenter ung coup de lance,
Savoir s'i se vouldront bouter 865o
Dehors de leur parc à puissance.
LOYS DE CULAN.
Je n'ay ne joye ne plaisance De atendre icy longuement :
Les Anglois font leur ordonnance Et se fortiffient grandement, 8655
F* aig r*. Et ne cuidc point autrement .
Que nous n'y ayons grant dommaige.
Surpris les eussions proprement Et gaigné eulx et leur bagage.
Lors sauidra La Hire et messire Guillaume Estuart, Loys de Culan et plusieurs gens de guerre, comme archiers. Puis un peu d' Anglois sauldront de leur parc, et y a des escarmouches. Puis les François viendront à folle et rechasseront les An^ois dedans leur parc, et y sont plusieurs mors, et y a une retraicte. Puis dit
LE BASTART D'ORLEANS
Messeigneurs, on m'a rapporté 8660,
Et est commune renommée
Que les François si ont esté
Es Anglois faire une levée,
Et que de fait qu il ont chassée
Leur armée jusques à leur parc. 8665
Si vois à eulx de randonnée
Les secourir de part en part.
CLEREMONT.
S'i sont hastez, je n'en puis mes; Piigv*- Je leur ay bien mandé assez.
S'il ont le bon, bien il me plaist; 8670
Se mal leur vient, le fault passer.
J'entent qu'i se sont amassez
Et ont fait ung peu de taudis
Près d'un bourc qu i nous faull passer.
Nommé Rouveray Saint Denis; 8675
Je^ne puis pas si toust mener
Trois ou quatre mille hommes d'armes ; ^
Il les convient bien ordonner
Et ne peuvent pas courir en armes.
Dites leur qui se tiengnent fermes 8680
Et qu'il auront de fnoy secours.
Aussi et qu'i leur tiengnent termes.
En actendant le grant séjours.
Adont le Bastard d^Orieans, le connestable d'Escosse et autres lesseront Tarmée du conte Cleremout, et viendront. Et dit
BASTART D'ORLEANS
Enffans, prenez cueur et coraiges, ^
Je voi cy le secours venir; 8685
Anglois ne sont pas pour les paiges; Pour ung Anglois nous sommes dix.
Faisons qu'i ne puissent fouyr, r 990 r^. Que ung seul d'eulx n eschappera.