MESSIRE LOYS DE GULAN
J'en suis bien de l'oppinion
Que nous le devons ainsi faire; gsGS
De luy remonstrer c'est raison,
Et nous est très bien nécessaire.
Que s'i nous venoit au contraire
Et on ne luy fist assavoir,
Reproche nous seroit bien contraire 9370
Et digne de mal gré avoir.
LE SIRE DE LA TOUR, baron d'Auvei^e.
Je suis bien contant y aller,
Que à Orléans ne faisons riens.
Anglois se sont fort enforcez
De coraige et de hardiment; 9975
Nous n'osons pas pour le présent
Desployer sur eulx la bannière.
Que y sont pour présent puissant
Et leur puissance prospère.
REGNAULT DE CHARTRES , chancelier de France.
Pour y aller je suis contant; 9980
Moy qui suis chancelier de France, p a36 T\ Je doy regarder en tous sens,
Pour le royaulmè garder d offence.
Geans sont assez de deffence
Pour es Anglois résister, 9965
Et pour tenir en asseurance
Et le garder dé tous coustez.
MESSIRE JEHAN SAINT MICHEL, evesque d^Orleaiui.
Moy qui suis evesque d'Orieans,
Me desplaist beaucoup de la chose,
Que je voy qu'il est apparant 9190
Que nostre ville est toute close
D'Englois, ainsi que je suppose,
Et ny povons remédier;
Par quoy bien conseiller vous ose
Au Roy se doit signifBer. 9^9^
CLEREMONT.
Messeigneurs , il me semble advis Que vous avez bien propposé, Et puis qu ainsi est entrepris, Ten suis aussi disposé.
Tout le cas au Roy sera posé, 9800
Gomme bien dire luy saurez; Afin que ne soit depposé Le royauime, mes le recouvrez.
F* fl36 ¥•. Donques assemblez tous voz gens
Et partons, que il en est heure, g^ob
Sans actendre ne tant ne quant, Ensemble que Dieu nous seceure !
LA mRE.
Je suis tousjours prest à toute heure Et tous mes gens pareillement.
LOYS DE CULAN.
Je n'ay garde que j« demem^e; 9^1 «
Je iray 0 vous cert^aineDjient.
Pose. — Lors tous les dessas dits partiront d*OrleaDS et leurs gens, bien deux, mille. Puis dit '
LE RECEVEUR
Messëigneurs, je suis esbay :
C'est du comte de Gieremont
Qui emmené avecques luy
Des princes et vaillans barons, 9315
La Hire et plusieurs qui là sont,
Du nombre de deux à trois mille.
Je m'esbays pour quoy le font,
De voloir desgarnir la ville.
F' .j37 r'. PREMIER BOURGEOIS.
Nous n en sommes point bien contant, gSao
Et à eulx est ung très mal fait,
Veu que le besoing si est grant
Et nostre oust a esté deffait.
Cecy ne vient point de bon hait
Et nul de nous n'en est joyeulx; 93a5
Mais leur a on baillé de fait
Tout tant qu'il ont volu et mieulx.
Ce nous est esbayssement
Et y prenons mauvais coraige,
Nous lesser ainsi seuUement, 9330
Considéré le grant dommaige
Que nous avons eu et l'oultraige
En ceste derreniere bataille.
Il semble, à voir à leur voyage,
Qu'il ont peur et que cueur leur faille. 9^35
VILLARS
Je n'y prans nul bon espoir,
Je le vous dy certainement, Et ne font pas bien leur devoir, Que y s'en vont honteusement
Eulx en aller assemblement, 93&0
F*a37 "'- Faignant aller devers le Roy;
Mais il l'entendent autrement Et je n y prans point bon espoy.
SAINTRAILLES
Vous savez que nous sommes clos
Et n osons les portes saillir; 93&5
Bfe Anglois leur survient secours,
Et noz gens veullent deffaillir.
Je conseilleroie, sans mentir,
Que nous trovissions le moyen
Au duc Phejippes luy requérir 9860
Que nous voulsist faire aucun bien.
BASTARD D'ORLEANS
Au regard du duc de Bourgoigne,
H est parent à monseigneur;
Qui luy parleroit de la besoigne,
De luy pourrions avoir faveur 9355
Et nous ayder du bon du cueur.
Pour faire en aller les Anglois
D'icy devant, seroit le plus seur.
Et seroit bien fait y prouvoir.
GHABANNES.
Je croy que qui l'en requeroit 9860
p a38 r'. Que il le feroit voulentiers.
Et ce pays cy garderoit De y faire aucun destourbier.
Il y a jà six mois entiers
Que vous n'avez ne bien ne joye, 9365
Fors que peine et encombrier,
Et n avez nul qui y prouvoye.
SAINTE SUAraE.
Quant à moy, je conseilleroye
Deux ou trois bourgeois de la ville
Ovec Poton prissent la voye ; 9370
A y aller il. est utille,
Luy remonstrer le domicilie
D'Orléans et qu'il ont leur seigneur,
Qui est à eulx énorme et vile
Et es Anglois grant deshonneur. 9375
THEAULDE DE VALLEPAI6NE.
J'en suis de ceste oppinion
Que ainsi vous le devez faire :
Deux bourgeois avecques Poton
En luy remonstrant nostre affaire,
Qu'i luy plvse faire retraire g^So
Les Anglois de devant Orléans;
Il vous bouteroit hors de misaire
Et vous feroit ung très grant biens.
Pa38A CHADLMONT.
Vous ne devez point différer
A y aller, vaille qui vaille; 93B5
Il ne vous peult que refuser
Et puis vous n'y perdez pas maille.
S'i vous fait prouffit et que vaille.
Vous en serez tenuz à luy.
On dit souvent : Bonne est ia maille 9890
Qui souvent sauve le pery.
GORAS.
Vous avez vous tous très bien dil :
Qu'on y voise diligemment;
Nous y pourrons avoir prouffit
Et quelque bon appoincteraent. 9395
Que se, par son commandement,
Anglois s'en vouloient retourner,
Ung grant bien nous feroit vrayement
Et en devrions Dieu guerdonner.
LE BASTARD D'ORLEANS
Or sus, Poton, sans séjourner, 9600
Allez toust et incontinant, Et deux bourgeois, pour vous mener, Entenduz et bien suffisans, Au duc Phelippe, luy rémonstrant Que nostre duc est prisonnier : ^^ob
F* a39 r^. Il ont le corps; voloir ses bien«,
Le coraige est à eulx trop fier.
Messeigneurs, puis que le voulez
Je ne vueil en riens contredire.
Je suis bien contant y aller 9^10
Et deux bourgeois, pour le voir dire;
Luy rémonstrant le deul et yre
Incessamment font les Anglois ;
Et si ont, dont leur deust suffire,
Le bon duc Charles de Vallois. 9*»»
LE RECEVEUR
II VOUS fault faire ce messaige
Vous deux, messeigneurs les bourgeois,
Luy remonstrant le grant oultraige
Incessamment font les Anglois;
Jour et nuyt vestir le harnois 9'»ao
Nous font comme gens forcenez,
Que ad ce y vueille prouvoir
Et de ceste guerre ordonner.