IP
Ce nous est esbayssement Et y prenons mauvais coraige,
Nous lesser ainsi seullemcnt,
Considéré le grant doinmaigc Que nous avons eu et l'oullraige En ceste derrenicrc bataille.
H semble, à voir à leur voyage,
Qu’il ont peur et que cueur leur faille.
VILLARS
Je n’y prans nul bon espoir,
g3io
93îü
/i fi.
Je le vous dv certainement,
Et ne font pas bien leur devoir.
Que y s’en vont honteusement
Eulx en aller assemblement, y36o
Faignant aller devers le Roy;
Mais il l’entendent autrement Et je n’y prans point bon espoy.
SAIXTRAILLES.
Vous savez (pie nous sommes clos
Et n’osons les portes saillir; $345
Es Anglois leur survient secours,
Et noz gens vcullent deffaillir.
Je conseilleroie, sans mentir,
Que nous trovissions le moyen
Au duc Pbelippes luy requérir 9350
Que nous voulsist faire aucun bien.
BASTARD D'ORLEANS
Au regard du duc de Bourgoigne,
11 est parent à monseigneur;
Qui luy parleroit de la bcsoigne,
De luy pourrions avoir faveur 9355
Et nous avder du bon du cueur.
Pour faire en aller les Anglois D’icy devant, seroit le plus seur.
Et seroit bien fait y prouvoir.
C HA BANNES
Je croy que qui l’en requeroit 9360
Que il le feroit voulentiers,
Et ce pays cy garderoit De y faire aucun destourbier.
il y a jà six mois entiers
Que vous n’avez ne bien ne joye, «3C5
Fors que peine et encombrier,
Et n’avez nul qui y prouvoye.
SAINTE SUAIRE
Quant à moy, je conscilleroye
Deux ou trois bourgeois de la ville
Ovec Poton prissent la voye ; 9370
A y aller il est utilie,
Luy remonstrer le domicilie D’Orléans et qu’il ont leur seigneur,
Qui est à eulx enorme et vile
Et es Anglois grant deshonneur. 9375
THBAULDE DE VALLEPAIGNE.
J’en suis de ceste oppinion Que ainsi vous le devez faire :
Deux bourgeois avecques Poton En luy remonstrant nostre affaire,
Qu’i luy plaise faire retraire 9380
Les Anglois de devant Orléans;
11 vous bouteroit hors de raisaire Et vous feroit ung très grant biens.