‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 172 sur 222 · I.K RKCKPVKUR · texte numérisé non relu

I.K RKCKPVKUR

Vous, très noble et puissante dame.

Humblement vous remercions; iMtj

Chascun de nous si vous proclame

Que par vous la victoire avons

Encontre ces Anglois félons

Ayant cesle ville assigée :

De la perdre en dangier estions, i6,30n

Se vous ne l’eussiez recouvrée.

r BOURGEOIS.

U cliiere Pucelle bonnorée,

Trop à vous nous sommes tenuz,

Quant par voslre puissante armée

Les Anglois avez confonduz, 1 4.355

Lesquelz nous ont icy tenuz

L’espassc de neuf mois entiers.

Ainsi comme gens esperdtiz Et comme povres prisonniers.

If BOURGEOIS.

Or nous avez vous délivrez <s,36o

De la main de noz anemis,

Qui à mort nous vouloient livrer Et degccter de ce pays.

Dont par voz puissaiis faiz et dis

Vous avez obtenu victoire. a,305

Très haulte dame de liault pris,

A vous en est loucngc et gloire.

LA PLCELLE.

Mes amis, ce n’est pas à moy,

C’est à Dieu, qui a cecy fait :

Pitié a eu de vostre csmoy, i '1.370

De votre doloreux exploit.

Si ayez tous, tant que qui soit,

Dieu devant vous et en mémoire,

Puisque ainsi vous a parfait

Avoir eu ceste granl victoire. 1 '1.375

Et si ayez en souvenance De ce jour icy, mes amis.

Comment Orléans cuit délivrance De ces anciens anemis,

Comment il ont esté soumis «4.380

L’an mil 1111e xxix;

Faicles en mémoire tous dis;

Des jours de may ce fut le neuf.

Et comme j’ay ci recité,

Qu’il en soit mémoire après vous, «4,385

Comment ceste noble cité

De Dieu si a esté rccoux

Encontre Anglois, qui en propoux

Avoient de tout point la prandre,

Dont Dieu, qui est courtois et doux, 15,390

L’a volu garder et delfendre.

Si me vueil d’icy depparlir,

El m’en aller devers le Roy,

Et j’é voulanté et désir

5i;<) LE MISTERE DU SIEGE D’ORLEANS.

De faire ce qui est en moy ;

Que de bref, ainsi que je croy,

Mc convient le mener à Rains Sacrer, ainsi comme je doy.

Et pour parvenir à ces fins,

Dont vous tous vous remercie De l’onncur et du grant plaisir,

Et de voslre chere planie Que vous m’avez volu olfrir.

James ne vous vueil defl'aillir Qu’en vostre besoin je, ne soye.

Quant vous plaisa me requérir Pour vous faire ce que pourroye.

Si veul de vous, bourgeois, marchons, En présent, de vous congié prandre,

De voz femmes saiges, prudans, Lesquelles ont volu entendre A vostre cité bien deflendre.

De bon cucur et soigneusement .

Et, en grant diligance prandre,

Y ont besoigné notablement.

Et de tout feray relacion Au bon roy Charles bien aymé,

De vostre grant perfection Et bon voloir bien confermé, p ac'i Lequel avez eu afermé

Au bon droit, comme il appartient;

Puis Dieu le vous a consommé,

Que jamès- n’oublie les siens.

Aussi des biens que m’avez fais A vous je suis très fort tenue;

Je ne les oubliray jamès,

Je pry Dieu qu’i les vous value.

i A/ioo

ifi/no

Honncstement m’avez receue Et donné planté de vos biens;

Dont, mes amys, à mon yssue Grâce et louenge je vous rens.

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