MESSIRE ALIXANDRE
Y nous convient ainsi le faire, Et est bien expédient.
Adont icy y a pause de trompetes longue. — Et doit venir la Pucelle F.3y.3r\ année, son estandart, ses gens. Et puis se assembleront tous les seigneurs devant elle, tous armez et en point. Puis dit
LA PUCELLE
Messeigneurs et mes bons amis, Où j’d en vous mon espoir mis.
Vous voyez ci l’eure venue Qu’il est bien tant, ce m’est advis,
A aller vers noz anemis Qui ont trop la terre tenue De France, gastéc et polue La substance et revenue Où il n’ont nul droit nullement.
Si convient qu’elle soit rendue Au bon roy à qui elle est deue,
El non à aultre vrayement.
Donques, s’i vous plaist, partirons, Et tous ensemble nous yrons A Jargueau bailler ung assaull,
Et, se Dieu plaist, tant y serons Que par nous confonduz seront;
Car estre fait ainsi se fault.
Que d’Anglois n’est si grant ne hault A qui on ne baille l’assault,
Ou y partiront de la terre,
Combien qu’i soyenl soulilz et caulx.
Avant trois jours, se je ne fault, Leur ferav lesser la deferre.
Vous savez, nous sommes puissans, Nombrez huit mille combatans,
Qui est fort belle compaignie;
Et crov que sommes tous vaillans Pour faire comme il appartient.
Et que nuluy n’y fauldra mie.
Si devons bien ù cbere lye.
De bonne volanté hardye,
Y aller, comme il est raison,
En deffendant la seigneurie,
La noble fleur de lis jolie
01 U LE MISTERE DU SIEGE D’OIILEANS.
Qui est de si noble maison.
Si vous supply tant que je puis Que de vaillant cueur et hardis Nous y aillons trcstous ensemble.
Ce samedi gay et jolis «5,775
Que le temps est bel et rassis.
Et pour y bcsoigner, ce me semble,
En si belle armée noble et ample
Que il n’est Anglois qui ne trarabie
Quant parler vcullent de noz faiz. «5,780
Dont, pour deffendre roriflambc.
Faisons que chascun s’i assemble Pour ces Anglois estre delîaiz.
Ce jourd’uy, qui est xnmc
De ce mois de juing proprement, «5,785
Nous povons venir à nostre esme Pour bcsoigner vertueusement.
K* :iÿ.'« r°. Duc d’Alanson, premièrement,
S’i vous plaist, la première armée
Ovec voz gens entièrement «5,790
Vous conduisez, s’i vous agrée.
Et pour la seconde assemblée Sera le conte de Vendosme,
Noble et vaillant portant espée
Autant que nul qui soit en somme; l5.7ii5
Et lequel n’espargnera homme,
Tant soit il vaillant ou hardi.
Que de proesse on le renomme :
A tous je l'afferme et le di.
Vous après, le Bastard d’Orléans, «5,8oo
Et le marcschal de Suaire,
Vous serez vous deux quant et quant,
Et ne serez guiere derrière.
Lahire, qui a bonne chiere,
Vous suyvra et Fleurant d’illiers.
Jamet du Tillay et son lrere, Thudual yront volantiers.
El au regart de ma personne Ne de mes gens, ne doublez point Que nous serons en la besoigne.
Et des premiers ne fauldrons point.
Dont, s’i vous plaist faire ce point Et acomplir ceste ordonnance.
Je croy bien que de point en point Parvendrons à nostre audience.
DUC D’ALANSON.
Jehanne, de rien n’ayez doubtance, Que bien m’estes recommandée; Faire veil à vostre plaisance Et ainsi que avez ordonné.
Par vous sera conduit l'armée,
Et chascun vous obbayra :
Vostre puissance est esprouvée;
Nul de nous ne vous dédira.
COXTE DE VENDOSME.
Jehanne, très noble et redoublée, Bien savons ce qui est en vous; Conduit sera par vous l’armée,
Et vous obbayront trestous.
Savoir devez que nul de nous,
Tant soit petit et tant soit grant, Acomplira vostre propoux,
Sans en estre contredisant.
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LE MISTERE Dü SIEGE D’ORLEANS.
BASTARD D’ORLEANS
Vous avez très bien ordonné,
Nuluy ne vous veult contredire;
Que par vous tout sera gouverné El fait comme le vouldrez dire.
Nuiuy ne vous en veult dédire,
Mès faire selon vostre entante ;
Et comme avez volu eslire Le chemin tandrons et la santé.