‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 47 sur 222 · I.E ROY · texte numérisé non relu

I.E ROY

• Fais le comme prudent et saige,

Et ainsi pas ne te obliray.

Puis le inessagier s’en yra, et doivent arriver ceulx d'Orléans, et, en présence du receveur et d’autres seigneurs, diront :

LE PREMIER BOURGEOIS

Messeigneurs, comme vous savez,

El que, par la vostre ordonnance.

Vous a pieu de nous envoyer

Devers le noble roy de France, . 38y«

Auquel avons, en sa présence.

Dénoncé tout vostre messaige,

De point en point, sans differance,

P* 37 »*• Et devant son noble bernaige.

Premièrement, luy avons dit 3891.

Du siege mis par les Anglois,

Et comment, de jour et de nutt,

Nous chassent par diverses voyes.

Que nous n’avons repoux ainçois Une seulle heure ne demye,

Qu’i sont à guecter et à voir.

Pour nous vouloir tollir la vie.

Aussi plus, luy avons parlé [)esj>enulx l'aubours et edidices,

De ce qui a esté brullé,

Qui pour la ville estoient propices;

Et de ceulx qui sont prejudicians Vous en baille povoir, puissance,

Tant par vous que par voz complices,

* En faire par vostre ordonnance.

Pareillement, dit luy avons Qu i luy plust nous donner secours Pour nostre ville et environs.

Et pour deffendre les fanbours.

Dont lequel, par son bon propoux.

Nous a donné bonne responce,

, Et est fort desplaisant pour nous.

Ainsi que par nous vous dénoncé.

Nous a dit que nous vous dyons Que vous tien^nez tant que pourrez;

De par luy secours nous aurons,

El vous en tenez asseurez;

F* 98 tr. Que du tout se veult disposer A nous ayder de sa puissance.

Comme à ses amis preferez,

Esqueiz a parfaicte fiance.

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LK RECEVEUR

Messeigneurs, voyez. en presence,

ao

Du Roy ndfctrc souverain sire Sa responce et son ordonnance,

Gomme il ont volu icy dire.

Si devons bien, sans contredire,

Mectre en ce fait resislence Contre cculx qui vcullcnt destruire Nostre terre et appartenance.

Anglois sont présent esbahiz De Sallcbry qu’il ont perdu,

Rien dcsploisans et bien marriz,

Dont pour culx leur est mal venu.

Si croy bien que Dieu l’a voulu.

Que il avoit trop grant coraige:

S’il eust cncores gueres vcscu.

Nous eust fait ung vilain donunaige.

LF. SIRE DK VILLARS.

Sallebry esloit oultrageux,

Et remply de# tout mauvais vice:

r ' . Il estoit faulx et orguilleux,

Et garny de tout înaleücc.

Par sa faulceté et malice

De Clery desroba l’eglise;

Mais Dieu en a fait la justice.

Que sa vie a esté surprise.

MESSIRE MATHIAS

Pareillement faulsa sa foy Au duc d’Orléans, le bon seigneur, Quant luy proinist que nul desroy Ne luy feroit ne nul rigeur;

Mais que, en tout bien et honneur.

Lui garderoit son pays et terre

De crisme, de toute fureur Et loule lésion de guerre.

LE SIRE DE GUITRY

Par ce il s’est trouvé parjure.

Et aussi Dieu l’en a pugny.

Pitié n’avoit de créature,

Et de tout mal estoit remply;

Si en est leur oust afoiblv,

Que c’cstoit toute leur deffence,

Ne en autre qu’au Sallebry N’avoient nulle esperance.

LE RECEVEUR

Messeigneurs, voicy, en presence, La bombarde nouvelle faicte.

Qui est de très bejle apparence.

Bien composée et bien extraictc De bon metail, saine et parfaicte, Pesant deux mille ou environ; L’ouvrier l’a fait plaisante et necte, Et la Bergiere a ainsi nom.

LE SIRE DE SA1NTRAILLES

La Bergiere est ung beau nom Et est honneste et délectable:

Bergiere dont la nommera on.

Que le nom est bien convenable Pour une cité si notable; D’Orléans, de saillir telle bergiere, La chose si est raisonnable,

El en sera tousjours mémoire.

POTON

Messeigneurs, pour tout abregicr,

Et sans plus faire de langaige,

Y la fault aller assiéger •

Auprès du port sur le rivaige.

Et qrt’elle puisse, à l’avantaige,

K* 93 Tirer droit contre les Tourelles,

Que leur puisse faire dommaige (lue nous endurons pour icelles.

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