‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 111 sur 158 · ALAIN GIRON · texte numérisé non relu

ALAIN GIRON

En ce cas je ne scay que dire :

Vous estes saige et prudente

Pour bien la besoigne conduire

Et parvenir à vostre entente.

Fait avez ouvraige excellante 1 2,835

A Saint Lou et Saint Jehan le Blanc,

Qui estoit une chose pesante

Dont estes venue en avant.

F" 326 v». LA PUCELLE.

Bonnes sont vos oppinions,

Et en voz diz est apparence; i2,8io

Mes les batailles qui se font

Ne viennent pas tous par puissance.

Mes par divine providence ,

Ainsi comme chascun peut croire :

Ung en vault dix par excellance i2,si5

A qui Dieu veult donner victoire.

Au nom Dieu , c'est ma voulenté

De tenir icy siège clos,

Et demain, en ma liberté,

Assadlir bouloart et tours, i-2,8ï)o

Que de raoy n'auront nul repoux

Tant que soyent leans en place :

Les auray et y morront tous

Avant que jaraès j'en desplace.

BASTARD D'ORLEANS

Dame Jehanne, à vostre plaisir. 12,855

Nous ferons ce qui vous jjlaisa; Puisqu'i vous plaist les assaillir, Ghascun de nous s'i trouverra, Et à vous on obbeyra.

Ne vous doublez, ayez fiance, 1-3,860

Ne nul ne vous contredira v° 327 r". Qui ne face à vostre plaisance.

Lors y a pau.se.

GLASIDAS.

Très hault puissant princes de non ,

Qui avez partout eu renon.

Tant que le monde a eu durée, '9,865

Et de présent nous nous voyon

Que nulle puissance nous n'avon

Encontre une petite armée,

Laquelle nous a reboutée,

Comme par vois desordonnée 12,870

Et sans conduite ou autrement.

Une seule fille esgarée.

Nous a nostre armée dévoyée,

Et ne scay pour quoy ne commant.

Vous la voyez cy devant nous, 13,870

Qui sans cause et sans propoux.

Elle nous vient cy assiger;

Qui est deshonneur à nous tous

De reculler contre ces coupz,

Et pour tout nostre oust laidenger, '^-SSo

Qu'elle nous face ainsi renger

Et honteusement desloger.

Qui sommes la fleur d'Angleterre.

J'aymeroie mieulx enrager

Que je ne m'en peusse venger, ,a,885

Et estre à cent piez soubz terre.

FOUQUAMBERGE.

Je n'y sarois quel conseil querre

Ne je ne scay que c'est à dire.

Par tous les sains! le cueur me serre.

Tant suis rempli doleur et d'ire; ,0,890

Et en souffre si grief martire

Que je ne scay que je doy faire,

Et croy de vray, sans contredire.

Qu'elle est une esprouvée sorcière.

Page 1