‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 148 sur 158 · LE CAPPITAINE DE MEUNG · texte numérisé non relu

LE CAPPITAINE DE MEUNG

Puis, messeigneurs, comment vous est?

Comment delessez Baugenci? 19-655

Croyez que fort nous en deplaist

De l'avoir delessé ainsi.

ESVREUX.

N'en ayez esmoy ne souci, Que les François y sont venuz,

Lesquieux nous ont pris à merci, , «9.660

Aultrement estions tous perduz; Que y sont si grosse puissance Et une si terrible armée F" /.86 r°. Et de si grant magnificence

Que n'eussions peu faire durée. 19,665

La Pucelle desmesurée

Y est triumphant que c'est rage,

Que jamès créature née

Ne vit armée de tel coraige.

Et vous conseille pour le mieux • 9,670

Que plus yci ne nous tenons;

Nous ne sommes point gens pour eux

Et say bien que icy viendrons.

Si seroit bon que nous alissions

Nous rendre tous dedans Yenville; '9^^-'^

Tallebot là y trouverrons

Et de noz gens plus de .vi. mille.

DDC DE SOMBRESET.

Vous nous dictes chose terrible

Et dont je suis fort desplaisant.

James je ne vis si orrible t^Mo

Chose, ne qui tant fust nuysant,

De desamparer de céans,

De Meung, qu'an noz mains nous tenons:

Ce nous sera reproche grans

Et grant deshonneur en arons. '9-6S-t

F» /,86 V". MESSIRE JEHAN FACESTOT.

Faire le fault, ou nous morons

Avant qu i soit deux jours entiers.

Et nous sauvons se nous volons,

Ou voloir morir volantiers.

Il ont ars et arbalestiers '9-690

Et artillerie à puissance,

Lances, vouges, cranequeniers :

A eux ne ferez résistance.

Page 1