‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 33 sur 158 · LE PREMIER MARINIER · texte numérisé non relu

LE PREMIER MARINIER

Çà, messeigneurs, la mercy Dieu.

Vous estes à port arrivez, .">ç)o

Sans du vostre avoir rien perdu ,

INe sans nui autre destourbier.

Dont devez Dieu remercyer

Que n'avez eu nulle tourmente. *

Qui vous ait donné encombrier. ^çiy

Mais avez eu la mer plaisante.

SALLEBRY.

Messeigneurs, c'est chose excellante

Et divine permission,

Si devons bien de notre entente

Servir Dieu en dévotion: i»».

Et c'est bien mon intencion

Le remercier humblement,

Par sa saincte redempcion.

Qui nous a gardé de tourment.

' Touques (Calvados), siu" la rivière de peuvent reinonlei |ii.m|ii ,i liiiii|iir> mec \u ce nom. qui, comme Ton sait, se jette dans marée. ia mer à Trouville. De g^rosses bai'ques

MESSIRE GUILLAUME DE LA POLLE

Faire le devons vrayement, 6o5

Et nous y sommes bien tenuz,

(]uant gardez nous a sauvement

De inconvénient advenuz

Autant aux grans que aux menuz.

Dieu si a conduit la besoigne; ^"o

Si en rendrons grâces et saluz

A Nostre Dame de Bouloigne.

SALLEBRY.

Messeigneurs, faisons, sans esloigne,

Que chascun mecte pié à terre,

Et que aussi on pense et soigne »Ji5

Ses bagues cuillir et requerre,

Et aussi de son logeis querre,

Jusques demain au point du jour;

Puis à Rouan, sans plus enquerre.

Nous en irons faire séjour. *J^<>

LE SIRE D'ESCALLES.

Vous dictez bien certainement,

Nous sommes laz et travaillez,

Par quoy il convient bonnement

Soy refrachir et reposer;

Que sommes flebies et matés ''25

Tant du vent et de la tourmente,

Et de la peine de la mer,

11 n'est celuy qu'il ne s'en sente.

Puis icy y a pause longue. — Et chascun sault des naviies a (eut ses bagues; et s'assemblent tous devant Sallebry.

24 LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS.

SALLEBRY.

Messeigiieurs, vous voyez commeul A bon port sommes arrivez, fi^"

Sans avoir eu empeschement Ne autre annuy, comme savez.

Si en devons bien Dieu louer Et la Vierge très excellente,

Qui nous [a] ainsi amenez, 6^5

Sans avoir eu quelque tormente.

Par quoy, c'est bon commancemenl Pour parvenir à nostre entente; El n'en doubtez aucunement.

Que la chose est bien apparante, f''">

Si est bien cause consonnante Que nous deussions d'icy partir.

Et aller tous, la droicte sente, t" 16 iv A Roan pour nous refrachir.

LE SIRE DE GREZ

11 ne nous fault plus cy tenir; ^'^5

Partons, je vous pry, il est temps.

MESSIRE GUILLAUME DE LA POLLE

Vous dictes très bien sans faillir; 11 ne nous fault plus cy tenir.

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