‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 51 sur 158 · LE CANONNIER · texte numérisé non relu

LE CANONNIER

Y n'y failloit riens vrayement:

F" 90 y". Dimenche au soir je l'assorty, 36oo

Ne onques puis aucunement Ne fut gecté, certain en suy De par moy. Et d'ont vient cecy?

Je scay bien que je l'é chargé,

Ne autre chose je n'en dy; 36o5

Je ne scay qui l'a deschargé.

LE RECEVEUR

Et deaM n'avez vous pas la charge ' Et dà!

l/i-2 LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

De ceste tour entièrement?

La garde en avez de l'ouvraige,

Sans nul autre totallenient, * 36 m

Ne nul n'y doit aucunement

Riens faire, à peine de la hart;

Et vous ne savez nullement

Qui la tiré de ceste part!

LE SIRE DE GUITRY

Or. nous dictes, maistre, beau sii'e. * 36 1.5

De ce canon, où est sa visée.

Ne où va la perre' au vray dire.

Puis après qu'elle est eschappée.

LE C.4N0NNIER.

11 a tout fin droit sa visée

A frapper dedans la fenestre 3620

F' 91 1°. Des Tourelles, qui est levée

Ainsi comme au millieu de l'estre.

LE SIRE DE COl'RAS.

En soupeçon ne devez estre, ' Je congnois toute vérité,

Que des Anglois est mort leur maistre, 3tj-35

Qui leur est grant adversité.

Et, comme par divinité.

Que du coup nulluy n'est vanté:

C'est Dieu qui le nous a ousté.

Ainsi je le croy et nre vente. 363,,

LE RECEVEUR

Sallebry si avoit promis ' La perte, le boulet de pierre.

LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. l/i3

A nostre naturel seigneur, Qu'en sa terre n'en son pays

Y ne l'eroit^mai ne douleur.

Dont lequel s'est trouvé menteur. ;ffi3.')

Et aussi Dieu l'en a pugny; Puis desroba par grant rigueur La Bonne Dame de Clery.

LE SIRE DE VILLARS

Croyez, c'est divin jugement.

Dont Sallebry a telle fin; :^h'ki

«M \. Dieu vueille qu'en l'achèvement

Y luy plaise mectre sa main.

Nous devons bien du cueur enclin Le servir en devocioii,

Quant il a osté du chemin 36i5

Sallebry par permission.

LE SIRE DE SAINTRAILLES

Or, devons nous prandre coraige.

Pour résister vaillamment

A rebouter hors du rivage

Noz anemis villainement, 365o

Lesquelz n'ont cause nullement

De venir en ceste heritaige,

•Pour la ravyr ne tant ne quant ,

Mais, croy, ce sera à leur domniaige.

Messeigneurs, il nous convient l'aiie 3655

Une bombarde merveilleuse.

Pour contre les Tourelles batre, Qui soit grosse et adventureuse.

Portant la pierre vertueuse

Comme de huit vings livres pesant, sfiHo

Afin qu'elle soit sousteneuse

Pour les Angloys esbayssant.

F" 92 r'. LE RECEVEUR.

De la faire sommes contant,

La bombarde spacieuse,

Sans delay et incontinent, * 3fi6ô

Qui gectera pierre oultrageuse.

Si m'en voys, tout de ceste aleuse '.

La commander ung ouvrier.

Qu'i la nous face plantureuse,

Au mieulx qu'on la pourra ouvrer. 3670

Puis icy y a pause; — et doivent arriver les bourgeois de la ville à Chinon. Puis dit

LE PREMIER

Or sommes nous cy arrivez

Dedans la ville de Chynon,

Si nous fault aller présenter

Devant le Roy, c'est bien raison.

Nostre ambassade luy diron, 367.'>

Et ce qui vers luy nous amayne.

Je vous pry que nous y aillons:

Voi le là^ en son grant demaine.

Allons y, sans actendre plus; F° 92 \'. Faire nous convient diligence, 368q

Pour l'etourner, quant au seurplus.

' Alcvsc, (ileiire, allure, coinme ci-dessus jo/awa iwur plaira. ' Voi le là, le voilà.

LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. ' l/i5

Sans faire longue demourance.

Voylà le noble roy de France,

Nous convient à luy anoncer

La doleur et la grant souiïrance 3685

Qui est à Orléans sans cesser.

Puis s'ageuoillent devant le Roy et dit

LE PREMIER BOURGEOIS

Très hault et très redoubté sire, Nostre noble roy souverain.

Vers vous voulons noncer et dire.

Se vous plaist oyr de certain 3691.

Des nouvelles, du tout à plaisir, Que voz bons, saiges et amys D'Orléans qu'i vous mandent à fin Qu'en vostre grâce soient mis.

Très chier seigneur, il est bien vray 3695

Que les Anglois ont assiégé Orléans et fait ung grant effroy, Et ont le pays dommage.

Les habitans fort oultraigé

Par plusieurs assaulx et saillies, 3700

p" 93 r". Lesquelz si ont contraryé

Encontre leurs .faulx anemis.

Dont, par nous vous prient humblement

Qu'i vous plaise les secourir,

Que y veullent totallement . 3705

Pour vous, sire, vivre et morir,

Ainçois qu'i vueillent consentir

James à aux Angloys leur rendre ' ;

' Leur rendre, se rendre.

|/i6 LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

Mais à vous veulent obeyr

Et à tous voz plaisirs entendre. 3710

Et, avecques ce, vous requièrent

Leur donner povoir et licence

A démolir maisons prestoires ,

Qui pourroient faire nuysance

A la ville et viollence, ^7'^

Tous ediffices et églises;

Sire, que c'est leur espérance

Eulx deffendre par toutes guises;

Et, s'i vous plaist leur envoyer.

De vostre grâce, du secours 373^

Qui les peust ung peu solayer.

Qui y aront heure de repoux.

11 ont assigé les faubours,

Pris Tourelles et Portereau ;

11 en sont maistres et des tours, 37-25

Et tout jusques au rees de l'eau.

F' ç)'i V. LE BOY CHARLE.S, VII' de ce uoni.

iNos chers et bons amys d'Orléans.

Joyeux suis de vostre venue,

Saichez ne vous fauldray en riens

De chose qui soit soubz la nue. 37.30

Vostre voulenté j'é congnue ,

Que vous estes bons et loyaulx.

Et en tout temps l'ay apperceue.

Vous estes mes amys feaulx,

Du siège qu'avez me desplaist. 373,-)

Dont noz anciens anemis,

Qui vous font des tors et des griefs,

Lesquelz si ont le siège mis.

Je vous prie tant que je puis.

LE MISTERE DU SIEGE DORLKANS. U7

Et sur la ioy que me devez, 37/10

Que, vous d'Orléans, soyez unyz.

Et en unyon vous tenez.

De tout ce que faire pourray, Pour vous ayder et secourir.

De très bon cueur je le feray, •'■T'y->

Croyez le de vray, sans faillir; Et vous vueillez pour sceurs tenir Que, de mon povoir et puissance, Je ne vous lairay encourir.

Mais y feray tout diligence. j^iî>t<

En oultre, ce que demandez.

De destruire bours et églises, F'ç)4r. Faictes en comme l'entendrez.

Je vueil que à vous soient soubmises,

En faire du tout par voz guises, 3755

Pour préserver vostre cité.

N'en ayez en vous nul faintises.

Vous donne toute liberté.

Tenez vous le plus que pourrez.

Que bien est mon intencion 3761.

Du secours de vous envoyer.

Et ma deliberacion;

Que, de bref, visitacion

De gens de bien vous envoyeray.

Et toute consolacion 3765

A vous d'Orléans je vous feray.

LE II'

Chier sire, nous votfis mercyons

Du grant bien et du bon voloir,

Et à Orléans le rapporterons,

Donques ainsi nous consoloir. 3770

us LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

Si ferons tous nostre devoir, Et bien l'avons tous entrepris, De nostre puissance et povoir, A rachater noz anemis.

Sire, nous vous recommandons ^77^

Vostre ville et les habitans, F° 94 \'. Qui, tous les jours, pour le présent,

En peiue et en travail sont.

LE ROY

Ainsi que nous espérons,

Y seront de nous bien contans. 3780

Sire, nous vous recommandons Vostre ville et les liabitans.

LE RUY

Mes vrays amys, je vous respons

Que, à tous jours, moy et les myens.

Ne vous fauldray p'our nulle riens, 3785

Que trouvez vous ay loyaulx et bons.

Sire, nous vous recommandons

Vostre ville et les habitans.

Qui, tous les jours, pour le présent.

En peine et en travail sont. 3790

LE ROY

Je scay bien à besoigner il ont.

Dont il me desplaist grandement:

K p!) r". Mais de brief y remedirons,

Et n'en doubtez aucunement.

Tenez vous vertueusement, 3,95

Et ayez en moy espérance; Je ne vous fauldray nullement De tout mon povoir et puissance.

A vostre congié et licence ,

Chier sire, nous nous en allons. 3800"

LE IP

iNe nous ayez en oubliance, A vostre congié et licence.

LE ROY

Dictes leur qu'il ayent fiance, Que, de brief, secours il aront.

LE PREMIER

A vostre congié et licence. 38o5

LE II'

Chier sire, nous nous [en] allons.

Pose. — Fuis dit ^' 9-> *°- LE ROY. J'

Venez çà, siro de Dunois,

.le vous pry, venez en avant.

Venuz sont noz loyaulx François,

Ce sont noz bons amys d'Orléans, 8810

En nous priant et requérant

Que leur veullions donner secours

Encontre anemis anciens.

150 LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEAAS.

Qui sont à leur porte et faubours.

Si vous requiers tant que je puis. 38 1 5

A ce faire vueillez pourveoir,

Et y mener de nos amyz,

De noz bons et loyaulx François;

Que, pour certain, assez congnois

Se la viiie d'Orléans perdoye, 38ao

A grant peine la recouveroys.

Et fort desplaisant en seroie.

Y m'ayment, je croy, loyaulment.

Et jusques au morir se tendront :

James ne feirent autrement, 38o5

Que tout temps sont loyaulx et bons.

Si vous pry que advisez dont Et apenser ' qu'il est delïaire , Que, en ce fait, nous y voulons

Y pourveoir en toute manière. 3s3o

F° 96 r°. LE SIRE DE DUNOIS , bastard d'Orléans.

Je croy qu'il ont beaucoup à faire.

On m'a dit, y a près d'un mois,

Que le siège y est tout notoire.

Et à grant puissance d'Engloys.

Si est bien besoing y prouvoir, 38.S5

Que à Orléans sont gens de bien.

E/t pour vous y morront ainçois

Que vous faillir sur toute riens.

Envoyer fault un messagier

Hastivement à voz amis, 384o

Incontinent, sans séjourner,

Viengnent à vous grans et petiz,

' Sic, j)(nu' apemez.

En armes et les plus hardis, Pour aller Orléans secourir.

LE ROY

Je vous en pry tant que je puis. ss'i.'i

Que vous le vueillez acomplir.

LE SIRE DE DUNOLS, bastard d'Orléans.

Messagier, amy, lieve sus, *

Aller te convient, sans actendre, Hastivement, sans tarder plus.

Vueille moy oyr et entendre : 385o

F" 96 v\ Y te convient ton chemin prandre,

Pour aller devers les seigneurs.

Leur dire qu'i se vueillent rendre Devant le Roy, grans et mineurs.

Premier, te convient aller qucrre 3855

Le sire de Saincte Severe, Que il est bien homme de guerre.

Et en luy très fort j'espère; Le sire de Chaumont sur Loire,

Aussi au sire de Chambane, 386o

Ung autre dont on fait mémoire, C'est Theaulde de Vallepaigne.

Après, le sire de Brueil, Qui est homme de grant façon;

Pour gens de guerre a bel recueil, 3865

Et a aussi très grant renom.

P-uis tu t'en iras, de rendon, Au très hault puissant cappitaine.

C'est La Hire, bien le devons

Aymer, c'est bien chose certaine. 3870

Tu leur diras honuestement

Que le Roy leur mande exprès

Qu'à luy viengnent hastivement,

En armes, habillez et prests.

Incontinent et sans arrest ssys

Viengnent, sans faire demeurée,

Et tous leurs gens, que ainsi plaist

Au Roy, pour conduire une arnire.

K" 97 r'. , LE MESSAGIER.

Mon très chier sire, ne doublez,

Acompliray vostre messaige, .''R80

Et les seigneurs feray hasler *

De venir, et de bon coraige

Je m'en voys faire le voyage.

Du tout au niieulx que je pourray.

LE ROY

Fais le comme prudent et saige, 3885

Et ainsi pas ne te obliray.

Puis le messagier s'en yra, et doivent arriver ceuix d'Orléans, et, en présence du receveur et d'autres seigneurs, diront :

LE PREMIER BOURGEOIS

Messeigneurs , comme vous savez.

Et que, par la vostre ordonnance.

Vous a pieu de nous envoyer

Devers le noble roy de France, 38yo

Auquel avons, en sa présence.

Dénoncé tout vostre messaige, De point en point, sans diflerance, F° 97 \\ Et devant son noble bernaige.

Premièrement, luy avons dit 389.".

Du siège mis par les Anglois,

Et comment, de jour et de luiyt, Nous chassent par diverses voyes, Que nous n'avons repoux ainçois

Une seuHe heure ne demye, Sgoo

Qu'i sont à guecter et à voir, Pour nous vouloir tollir la vie. ^

Aussi plus, luy avons parlé Des beaulx faubours et ediffices.

De ce qui a esté brullé, SgoS

Qui pour la ville estoienl propices; Et de ceulx- qui sont prejudicians Vous en baille povoir, puissance, Tant par vous que par voz complices, En faire par vostre ordonnance. Sgio

Pareillement, dit luy avons Qui luy plust nous donner secours Pour nostre ville et environs.

Et pour detïendre les faubours.

Dont lequel, par son bon propoux, 3915

Nous a donné bonne responce.

Et est fort desplaisant pour nous, Ainsi que par nous vous dénonce.

Nous a dit que nous vous dyons

Que vous tiengnez tant que pourrez; ïgao

De par luy secours nous aurons, Et vous en tenez asseurez; F° 98 r". Que du tout se veult disposer

A nous ayder de sa puissance,

Comme à ses amis préférez, 3935

Esquelz a parfaicte fiance.

LE RECEVEUR

Messeigneurs, voyez, en présence.

Wçt'Ai)

15à LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

Du Roy nostre souverain sire Sa i^esponce et son ordonnance, Comme il ont volu icy dire. Si devons bien, sans contredire, Mectie en ce fait resistence ^ Contre ceulx qui veulient destruire

Nostre terre et appartenance.

Anglois sont présent esbahiz -^g-^'"'

De Sallebry qu'il ont perdu, Bien desplaisans et bien marriz, Dont pour eulx leur est mal venu.

Si croy bien que Dieu l'a voulu,

()ue il avoit trop grant coraige: -^o''"

S'il eust encores gueres vescu.

Nous eust fait ung vilain dommaige.

LE SIRE DE VILLARS

Sallebry estoit oultrageux.

Et reraply de tout rnauvaiz vice:

F' <iS ■ 11 estoit faulx et orguiileux, '^n'i^

Et garny de tout maléfice.

Par sa faulceté et malice De Clery desroba l'église; Mais Dieu en a fait la justice.

Que sa vie a esté surprise. - -'o''»

MESSIRE MATHIAS

Pareillement faulsa sa foy

Au duc d'Orléans, le bon seigneur,

Quant luy promist que nul desroy

Ne luy feroit ne nul rigeur; . •

Mais que, en tout bien et honneur. h^''>

Lui garderoit son pays et terre

De crisine, de toute fureur Et toute lésion de guerre.

LE SIRE DE GUITRY

Par ce il s'est trouvé parjure,

Et aussi Dieu l'en a pugny. 3960

Pitié n'avoit de créature,

Et de tout mal estoit remply ;

Si en est leur oust afoibly,

Que c'estoit toute leur deffence.

Ne en autre qu'an Sallebry 8965

N'avoient nulle espérance.

99 1". LE RECEVEUR

Messeigneurs, voicy, en présence,

La bombarde nouvelle faicte,

Qui est de très belle apparence,

Bien composée et bien extraicte 3970

De bon metail, saine et parfaicte,

Pesant deux mille ou environ;

L'ouvrier l'a fait plaisante et necte,

Et la Bergiere a ainsi nom.

LE SIRE DE SAINTRAILLES

La Bergiere est ung beau nom :^97.^

Et est honneste et délectable;

Bergiere dont la nommera on.

Que le nom est bien convenable

Pour une cité si notable;

D'Orléans, de saillir telle bergiere, 8980

La chose si est raisonnable,

Et en sera tousjours mémoire.

POTON

* Messeigneurs, pour tout abregier.

Et sans plus faire de langaige,

Y la fault aller assiéger SgSS

Auprès du port sur le rivaige , Et qu'elle puisse, à l'avantaige, F' 99 \". Tirer droit contre les Tourelles,

Que leur puisse faire dommaige Que nous endurons pour icelles. 3990

LE SIRE DE CORAS

Entre vous, bourgeois de la ville,

Allez vous mesnies l'asieger,

Et prenez ung ouvrier abille

Qui la puisse bien nianyer,

Bien conduire et la gouverner, 399^

Que dedans les Tourelles frappe,

Que nul d'eux ne s'ose trouver

Dedans, que ne tue ou atrape.

Lors y a pause. — Et iiioiient la bombarde, et le iiicssajjier anivi' devant Tallebot, et dit

LE MESSAGIER

Mercy à Dieu, je suis venu i

Et arrivé en Normendie; '1000

Les François m'ont pris et tenu , Mais, non pourtant, les remercie Qu'i m'ont voulu sauver la vie.

Ainsi qu'en leur dangier j'estoie ;

Que bien advis ne m'estoit mye iooS

Voir l'eure que j'en rescbapperoye.

1° 100 r". Je voy messire Tallebot,

Et autres plusieurs grans seigneurs; ^

Si luy vois faire mon rapport

A luy à qui sont tous honneurs, 'lojo

Et de mes peines et labeurs

Luy compteray de mon voyage,

Aussi des peines et douleurs

De ceulx qui sont sus le rivage.

I S'adressant à Tall)ot :]

Très chier et redoubté seigneur, Aoi5

Je viens cy en vostre présence.

De par les haults princes donneur.

De l'oust des Anglois l'excellance.

Glasidas, prince de vaillance,

Monseigneur, devers vous m'envoye, ioao

Lequel est en grant desplaisance,

Et bouté hors de toute joye.

Voicy lectres pour vous bailler,

En vous suppliant humblement

Que y vous plaise que veillez /io25

Venir vers eulx présentement.

Il ont eu grant destourbement.

Comme par lectres pourrez voir.

TALLEBOT.

Messagier, dea, die moy, coinnieiit !

Ne sont pas raaistres les Anglois ? ioSo

MESSAGIER

Nenny, sire, les Orlenois ♦

Ont tenu grant resistence.

Lors lit les lectres, en faisant grant admiration; puis dit

Par tous les sains, comme je crois,

C'est trayson et decepvance.

Ha! hay ! voici grant desplaisance. 'k.h:)

Est mort le conte Sallebry?

LE MESSAGIER

Ouy. monseigneur.

TALLEBOT.

Quant je y pense , J'en suis desplaisant et marry.

Je jure Dieu qui est lassus

Se je n'y vois en ma personne, ioâo

Et sa mort vengeray sus et jus, Contre François, qui que en groigne.

Retourne à eulx, sans plus d'aloigne.

Que devant Orléans m'en yray.

Et pour mieulx faire leur besoigne. 'lodâ

Petit et grant n'espargneray.

LE MESSAGIER

Monseigneur, à Dieu vous cômmant!

Je m'en revoys la droicte voye

A messeigneurs, devant Orléans,

Le grant trot, que Dieu me convoyé! ûo5o

T.4LLEB0T.

rfy leur que je me mes en voye.

Pour les aller brief secourir, Et qu'i m'est bien tart que je y soye, Pour les François faire mourir.

IjOI's part \p niessagier, puis dit

TALLEBOT.

Çà, messeigneurs, sans demourance. ioôn

Armez vous tout incontinant,

Et vous mectez en ordonnance.

Pour aller au siège d'Orléans.

Faictes et soyez diligens

De charger bombardes, canons, 'lofio

Serpentines à grant puissance,

Arbalestes, bez de faucons,

Pouldres, pierres, maillez de pion,

Jaques et auberjons à maille,

Lances, voulges à grant foison, 'io(i.'>

Broches de fer, crochet, tenaille.

Je vueil que tout, comment qu'il aille.

Y soit mené devant Orléans,

Que je vueil raser leur muraille.

Ville mectre à feu et à sang. ^c-^o

LE MARESCHAL TALLEBOT.

Monseigneur, ne vous en doubtez.

Quant y vous plaira, partirons.

101 \°. Je vois faire tout aprester,

Et faire les provisions.

Vivres aussi nous mènerons . ^075

Avecques vostre artillerie.

Que les François ne dureront Devant vous heure ne demye.

TALLEBOT.

Mareschal, mes je vous emprie,

Faictes en ce cas diligence. '1080

()ue partir vueil, n'en doublez mie, Sans plus en faire demourance.

LE MARESCHAL TALLEBOT.

Monseigneur, je vois en présence,

Et ne vous doubtez autrement,

Que vous en verrez apparence ^oss

Avant deux jours certainement.

Puis y a pause. — Et le messagier du Roy dit :

LE MESSAGIER

Or, sui ge tant allé, venu, Arrivé suis ou droit reperre, Quant noble mareschal j'ay veu,

C'est le sire Sainte Sevaire. ^090

Je m'en voys vers luy me retraire F' 102 r. Pour luy annoncer mon messaige,

Ainsi comme c'est chose voire, De par le Roy très noble et saige.

Puis est monseigneur de Bueil, . '■oq»

Jaques de Gbambannes aussi; Je les voy là, de noble aqueil Et de noblesse bien garny.

Leur vois dénoncer tout ainsi

Gomme enchargé m'a esté, > i'oo

Affin que tantoust acomply Soit mon messaige et appoincté.

[ S'adressaut au maréchal : J

Vers vous, mareschal de valeur,

Je vous viens cy faire messaige.

De par le Roy, prince d'onneur. ^»o5

Vous mande, comme noble et saige.

Que vous et tout vostre bernage Vous amenez pardevers luy, Pour faire aucun beau vasselaige, Comme vaillant, preux et hardi. 4 no

Monseigneur de Bueil aussi, Chargé je suis de le vous dire.

Comment le roy Charles vous pry Que vous viengnez vers luy, de tire.

Et vous aussi, très noble sire, ûii5

Monseigneur Jaques de Chambannes, Venez à lui sans contredire, Comme preux et vaillant en armes, Incontinent et sans actendre;

M'a chargé que je le vous dye, 4120

Que vous et voz. gens vueillez prandre, F" 102 v°. Et mener vostre compaignie.

Que ainsi faire le vous prie, Et que tous soyez diligent.

SAINTE SUAIRE

Acomply sera, n'en doubte mie, 4ia5

Tout son plaisir incontinent.

Messeigneurs, vous avez ouy Du Roy cy présent son messaige.

Comment nous est mandé par luy, .

Que nous et tout nostre bernaige iiSo

Vers luy nous facions le voyaige; Pour son vouloir aucunement.

Si dy que nous tous de coraige • Devons l'acomplir bonnement. •

LE SIRE DE CHAMBANNES

Vous dictes bien certainement: 4i35

Dp luy obeyr c'est raison,

Et faire son commandement,

Luy complaire en toute saison.

(hie je me tiens de sa maison

Pour luy obeyr et complaire. ii'io

Et le servir sans mespi'isoii

Du tout à son bon plaisir faire.

LE SIRE DE BELIEIL

Au très noble Roy débonnaire Servir le veuil sans différence.

^" 100 r. De quelque cas qu'il ait affaire, 'ii'i5

M'y emploieray de ma puissance. *

De mes gens et appartenance, Du tout en tout, sans faillir r;ens.

De mon corps et de ma chevance, A le servir sur toute riens. i)i5o

SAINTE SUAIRE

Messagier, soye diligent

De retourner au Roy, luy dire

Que nous sommes tous désirant

Servir nostre souverain sire ,

Ne nul de nous riens ne désire Ai 55

Que de luy voloir obeyr.

LE MESSAGIER

Je feray qui devra sulïire,

Luy rapporter vostre plaisir.

Vers Theaulde de Vallepraigne,

Me convient devers luy aller; 4i6o

C'est ung chevalier de montaigne,

LE iMISTERE DU SIEGE D'ORLEAiVS. |63

Bien excellent, à bref parler.

Je luy vois mon fait révéler, Aussi au sire de Cliaulmont,

Je les voys tous deux saluer, WGo

Puis que ainsi assemblez sont.

fS'adressaiit à Tlicaulde de Vallepaigne et au sire de Cliaumoiil : |

Très chiers et lionnorez seigneurs,

Le Roy pardevers vous m'envoye,

Ainsi que ses amys greigneurs,

Et où y prant plaisir et joye. i,yo

Ainsi comme c'est chose vroye,

A vous deux mande assemblement

Que vous plaise vous mectre en voye

D'aller vers luy présentement;

En armes, vous et tous voz gens, '4,75

Vous prie que vous y viengnez,

Que, ainsi comme je l'entend.

Que c'est pour aucuns guerroyer.

Et, comme à ses amys privez.

Le vous mande expressément. 4180

THEAULDE DE VALLEPAIGNE.

Enten tu, dy luy, messagier,

Nous ferons son commandement.

Et vous, monseigneur de Chaumont,

Comme à moy le vous mande aussi:

Vous voyez comme y nous semont. iiS-,

De nous sera loyaulment servy.

Quant vous serez prest, je vous pry

Que nous y aillons tous ensemble.

Il en sera plus resjouy,

Et mieulx en serons, si me semble. A 190

LE SIRE DE CHAULMONT

Quant à de moy, je vueil servir Le Roy, mon chier seigneur et sire, A son bon voloir et plaisir, K° io?i r°. En tous ses faiz sans contredire,

Qui n'est riens que plus je désire iigS

Que de le servir loyaulment;

Et moy et mes gens, tout de tire,

Yrons vers luy présentement.

THEAULDE DE VALLEPAIG^NE.

Aprestons nous legierement.

Sans en plus faire de demeure, Aaoc,

Puis y alons honnestement.

Sans atendre ne pas ne heure;

Que, ainsi comme je procure,

ïl a de nous neccessité.

LE SIRE DE CHAUMONT

Venu luy est quelque advanture , ^205

Par quoy il nous a invité.

LE MESSAGIER

Or, ay je jà fort exploicté Mon voyage certainement.

Et, par tout là où j'ay esté,

Sont tous prestz à mon mandement. 4310

Ne me reste fors seullement Parler au sire de Vignoilles, p 10/t ï". Dit La Hire, puis proprement

Auray parfait en deux parolles.

Je le voy là, en son demaine. '121,'.

Si le me convient saluer, Que c'est un vaillant cappitaine Qu'on pourroit au monde trouver.

I S';i(lressant à La Hire :]

Monseigneur, je vous viens noncer,

De par le roy Charles puissant, 42..0

Qu'i vous mande que vous viengnez

Vers luy, en armes, et voz gens.

LA HIRE

Messagier, bien soyez venant, Joyeux suis de vostre venue.

Quant le Roy de moy luy souvient, i^as

.loye si m'en est survenue; Que y n'est riens dessoubz la nue, Chose que je désire mieulx.

Que le Roy de noble value

Le puisse servir en tous lieux. iaSo

Tu luy diras que je luy mande Que je m'en yray devers luy, Et de gens de fait une bende Luy merray, dont il sera servy.

Que s'il a de quelque ung ennuy, /ia35

Ou qu'i soit en merancolie, '5 r". Incontinant sera pugny

• De moy et de ma compaignie.

LE MESSAGIER

Sire, de vostre seigneurie

Je prans congié, puis qu'il vous plaist, /i24o

Et au Roy, à grant chiere lye,

Luy diray que vous estes prest.

LA HIRE

Tu luy diras par exprès Que je feray ce qui demande, Et tout son plaisir ioing et près:

Arompiiray ce qu'i me mande.

Or, ay je parfait mon message.

Au noble Roy vois dénoncer (lomment chascun, de bon coraige \ eull tout son plaisir avancer.

Lors y a posi'- — El vic-il devers le Roy el dil :

(".hier sire, je viens, sans cesser, De vostre messaige parfaire, F' lof) v". Lesquelz se sont tous elforcez

De tout vostre bon plaisir faire.

Si les verrez tantost venir, (Jue plusieurs sont jà en la voye.

Et si ont trestouz grant désir De vous servir à très grant joye.

LE ROY

Ta venue fort je desiroie,

Pour savoir de toy des nouvelles.

MESSAGIER

(allier sire, c'est bien chose vraye Que y vous sont bonnes et belles.

Pose. — Puis dit Tallebo(. tout armé à blanc, à ses gens

TALLEBOT.

Mareschal, l'aides, je vous prie.

Que nous partions, il en est temps.

Et menez nostre artillerie 'lac:.

Avecqufes nous tout quant et quant:

Qu'i n'est riens que désire tant

Que la ville d'Orléans je voye.

Pour estre encontr'eux combatant.

Et que à mon vouloir je y soye. 's'î-jk

MARESCHAL

Monseigneur, quant il vous plaisa,

Je voy cy voz gens tous en point.

Qui vouldroient y estre jà,

Les assaillir à toutes fins,

Qui sont preux vaillans et aflins '1-275

Qu'on pourroit en monde trouver,

De guerre aussi les plus certains.

Que riens n'est à eulx comparoir.

TALLEBOT.

Vous avez fait vostre devoir.

Or sus dont, partons sans demeure, '1280

Faictes les trompetes sonner.

Et allons, que Dieu nous seceurre.

Sans arrester ne pas ne heure.

Allons en leur oust tout le droit.

MARESCHAL

Nous y serons tantoust en l'eure; 'i^^.'

Partez, quant verrez que bon soit.

Lors Ips Irompetes sonneront, el puis partiront tous en ordonnance ol Hil

TALLEBOT.

F" 106 v°. On m'a dit que au Portereau

Noz gens si ont le siège mis, Et qu'ils ont gaigné le chasteau

Qui est au bout du pont assis. ''-^yo

Si vous prie, tant que je puis, Que nous aillons tout droit à eulx, Adfin que soient resjouys, Que de nous voir seront joyeirx.

MARESCHAL

Sire, nous sommes en la voye ''295

Pour ^ler à eulx le plus droit.

Voylà Orléans, c'est chose vraye,

Et noz gens qui sont là endroit.

Voilà le pavillon extrait

Et l'estandart feux Sallebry, 'i3oo

Où sont les armes bien pourtrait

De nostre noble roy Henry.

TALLEBOT.

Allons vers eulx, je vous emprie, p 107 1°. Que fort je désire à les voir.

Je voy là la grant compaignie 'iSos

Des très nobles puissans Anglois,

Qui sont, ainsi comme je croys,

Bien parvenus à leur besoigne,

Que, ainsi coinme je congnois,

Aux François il ont fait vergoigne. '■•''•o

Puis arriveront devant l'ost des Anglois et devant les princes, lesqui'lz les salueront tous.

TALLEBOT.

Princes de très haulte excellance, Rempliz de proesse et vaillance Qui soient soubz le firmament, Venu suys, par vostre ordonnance, Pour vous ayder de ma puissance 'i3i5

Icy à vostre mandement.

Dont, pour l'oust entretenement, Ay fait venir certainement Vivres et force artillerie.

Pour secourir aucunement, iSao

Que faulte ne soit nullement De riens en vostre seigneurie.

Or, avez vous fort exploicté, F" 107 v°. Quant vous avez jà conqueslé

Leur chasteau de leur bout, du pont. îi325

Au regard de l'autre cousté ,

Il est assez de tous noté

Que nulz vivres de là n'aronl.

La Beausse du tout nous avons,

Paris, Chartres que nous tenons, i33o

Pour nous ayder et secourir.

Secours avoir il ne pourront,

Vivres de nulle part n'yront ;

Vous les aurez sans coup ferir.

Or, sui-ge venu devei^s vous, ^1335

Pour vouloir servir à vous tous

Du tout, de mon petit povoir.

Contre François qui, sans propoux,

Possident ce qui est à nous.

Ainsi que chascun peut savoir. 'i3'u.

Sy fault bien y faire devoir.

vvi;

Que Orléans est besoin d'avoir, Pour parvenir à nostre emprise, Que c'est la clef, à dire voir, A tout perdre ou à tout avoir, Et la fin de nostre entreprise.

LE CONTE DE SUFFORT

Très noble et excellent baron, Autant que nul qui soit sur terre, F° 108 r". Mandé devers nous vous avons,

Comme l'excellent d'Angleterre: ''Sôo

Si vous avons envoyé querre,

Pour vostre bon secours avoii'.

Sur tous, nous vous voulons re((uerre

Que chef de la guerre soyez.

LE SIRE D'ESCALLES.

Sire Tallebot, bien est vray, '''^'^-^

Nous est venu grant adventure,

Et à nostre oust ung grant effroy.

Par ung meschant coup de nialleure;

Mais prandre en gré la forfaiture,

La dolleur, le mal et l'annuy, ''36"

Si est de la sépulture

De Sallebry, qui est fin y.

MESSIRE JEHAN DE LA POLLE

Sallebry est mort voirement,

Par ung meschant cas de fortune,

Qui conduit avoit vaillamment ''»<'•'

Nostre oust de tout mal et rancune.

Grans et petiz, et la commune.

De luy chascun estoit contant;

LE MISTERE DL SIEGE D'ORLEAiNS. 171

Mes en iiiiHc heures ne fault que une, F"io&v". Qui n'adviendra pas en mille ans. 'i^yo

LANCELOT DE LISLE

De sa mort ne fault plus parler,

Seullement prier pour son ame.

Nous l'avons commis envoyer

En Angleterre, à sa femme,

Son corps, qui loyaulment, sans blasme, ^375

A servy nostre roy Henry.

C'est bien raison qu'on le réclame,

Qui l'a bien et loyaulment servy.

FOUQUAMBERGE.

Dieu vueille avoir lame de luy,

Et de tout noz autres amis ! 438o

Pour le présent, de Sallebry

Parler n'en fault, princes gentilz,

Puisque la mort si l'a desmis.

Nous mesmes, nous fault tous morii-,

Que noz doleurs et noz gémir 4385

Ne le feroient pas revenir.

GLASIDAS.

Vous dictes très bien, sans faillir; De luy ne fault avoir mémoire.

Pour le présent, ne souvenir F" 109 1'. Ne nous doit en nulle manière, iSgo

Si non pour luy faire prière.

Sans faire le deul de sa mort.

On n'en peut autre chose faire :

Kiens ne nous vaull le desconfort.

LE BAILLY D'ESVREUX.

Tallebot, bien soyez venu, 'iSgô

Baron , prince de granl valeur.

De nous tous vous estes esleu,

Pour estre sur rfbus gouverneur.

En vous priant tous, de bon cueur.

Que vueiiliez conduire larmée, 'i^oo

Qui est en victoire et honneur,

Et, Dieu niercy, bien commancée.

TALLEBOT.

Messeigneurs, je vous remercye De i'onneur que vous me vouloir; Mais la charge n'accepteray mie. 'l'ioô

Que j'aye sur vous nul povoir, Mais je vued faire mon devoir, l*]n ce qui me sera possible, Contre François, à mon povoir;

Leur vued estre tousjours nuysible. 'l'no

Vous avez eu, par ci devant.

Le vaillant conte Sallebi-y, K° 109 \°. Qui estoit grant entreprenant,

Corageux, prudent et hardy;

Lequel si vous a, jusques cy, > i'i'r>

Conduit vaillamment vostre armée.

Si suis bien desplaisant de luy, Que sa vie est si tous-t finée; Mais j'espoire certainement

Que la mort de luy vengeray '''*««-

Contre François, cruellement:

Que jà nul n'en espargneray.

Du tout à l'espée je niecteray,

Pour avoir de luy la vengeance,

Tellement qu'il en sera parlé ',635

Dedans cent ans, comme je pense.

LE SIRE DE GRES

Nous avons parfaicte fiance

Et en vostre grant hardyment :

Si sommes tous sans diflerence

\ous obbeyr totallenient; v,3o

(}ue nous voulons entièrement

Vous bailler du tout la poursuite,

Par le vostre gouvernement.

Et pour en faire la conduicte.

TALLEBOT.

Mes chiers seigneurs, je vous eiiiprye iiSô

Que la charge ne me baillez;

Car à moy il n'appartient mie.

Et de ce vous vous travaillez.

Plusieurs sont, pour vous conseiliiei'.

Plus suffisant et plus apris, i,t,t,o

Pour vous conduire et gouverner.

Et plus duisant que je ne suis.

LE CONTE DE SUFFORT

Ainsi le faire le voulons;

Aultre que vous n'aura la charge.

Conclud est de tous les barons, !ii,r,ô

A vous appartient cest ouvrage.

Vous y estes prudent et saige.

Pour nostre oust très bien gouverner.

Et tous volons, de bon coraige,

Acomplir ce que ordonnerez. i45o

Ma LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

Messeigneurs, dont, puisqu'ainsi est.

Et que ce soit vostre plaisir.

L'acompliray, puisqu'il vous plaisi .

A mon povoir, sans defTaillir:

Non pourtant, j'auroye désir 'l'i")-)

llng autre en eust la gouvernance.

Si m en doint Dieu à joye venii-,

Aconiplir vueil vostre ordonnance.

Si me semble qu'i seroit bon

De charger nostre artillerie. à!>r,o

Puis les assaillir de rendon,

Monstrant avoir chiere hardie ;

Que y savent, ne doubt^z mie.

Comment Sallebry a pris fin.

Par <{uoy pensent que couardie hheô

\ soit en nous, et soir et main.

Sy fault faire mieulx que devaiii.

Les assaillir de toutes parts.

Et sans repoux, ne tant ne quant .

Monstrant corageux et expers. 'i^-"

Hardiz soyez comme liepars.

Sans atendre ne pas ne heure:

Puis devant vous, comme renars.

Les verrez iouyr sans demeurre.

LE SIRE DE MOLINS

Monseigneur, à vostre plaisir, ^''75

Livré leur sera ung assault.

Vous voulant de cueur obbeyr, A vous servir de tant qui iauil.

LE MISTERE DU. SIEGE DOHLEANS. 175

TALLEBOT.

Faictes tanlost et sans delVaull

Que soit chargé l'artiHerie, 'i'i8o

Pour batre leur ville et créneaux .

K 1 1 1 i". Et demain faire une saillie.

LE SIRE DE PONS

Sire, ne vous en doubtez mie.

Que tout sera prest au matin.

Et bien en point, quel que nul Hie, Vis.")

A mectre Orléans en vostre main :

Et tous voz gens, soyiez certain,

Tous prestz pour vous bien obeyr.

TALLEBOT.

Mon vouloir est à ceste fin

De mectre Orléans à mon plaisir. '1/191.

Puis y a pause. — Et les Anglois s'armeront en graiit poiiil; puis dit LE SIRE DE SAINTE SUAIRE, mareschai de France.

Or çà, monseigneur de Brueil,

Et vous, monseigneur seneschal,

Présentement partir je vueil,

Je le vous dy en gênerai;

'Que mon voloir especial 'l'i^â

Est de servir de ma puissance

Le Pioy, et luy estre loyal.

Ainsi que j'ay espérance.

K" 1 1 ! ^'. LE SIRE DE BUEIL

C'est bien mon voloir et plaisance

De servir le Roy loyaulment, 'jîoo

De corps, d'armes et de chevance,

A mon povoir, entièrement.

V ous voyez cy présentement

Moy et mes gens, qui sommes prestz

A faire son commandement, iôo5

Où y iuy plaisa, loing et près.

JAQDES DE CHAMBANNES.

Allons à Iuy assemblement.

Nous en serons mieulx, ce me semble,

Et aussi plus honnestement

A mener noz gens tous ensemble. '•'oto

Puis qu'ainsi est que on s'assemble,

Présentement, devers le Roy,

Ainçois que on se dessamble.

Allons ensemble en bel arroy.

Lors partiront. Puis dit •

LE SIRE DE CHALMONT

Monseigneur, quant il vous plaisa, 45 1.5

Partons vous et moy, je vous prie; F' 119 !■■ Que on nous atend de pieça

Devers le Roy, je vous affie.

Allons ensemble en compaignie.

Pour le roy Charles saluer, ' Wao

Que tout prest suis, ne doubtez mie, Moy et mes gens, pour y aller.

THEAULDE DE VALI-EPRAIGNE.

Je vous en voloye prier.

Que je ne demande autre chose.

LE MISTERE DU SIEGE DORLEA.NS. 177

Vous voyez mes gens appoinctez, ^525

Et bien en point, bien dire l'ose.

Allons, sans plus y l'aire pose,

A son mandement, c'est raison;

Que mon plaisir se dispose

Le servir en toute saison. ''â-^o

Puis partent. — Et dit

LA HIRE

Partir je vueil, sans plus atendre, Au Roy, qui m'a présent mandé, Que à son plaisir vueil entendre.

Quant par luy je suis demandé.

A tous mes gens je commande ''5.3.T

Que ung chascun à moy se rende.

112 v°. Pourtant, se j'ay ung peu tardé,

Luy merray une belle bende.

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