LE BOUR DE BAR
Mes amis, n'ayez point de poux; Nous les aurons, comme je crois.
REGNAILT DE TERMES.
.Arreslons nous auprès ce bois, 8160
Et ne leur tournons point le doux.
ME.S.SIRE JEHAN DE LA POLLE
A mort! faulx desloyaux François.
De ceste heure il est faict de vous !
Lors les Anglois thargeront en grant lail duriue^, et v aura grant P' 20G v=. tuerie. Et à ia fin le Rour de Bar sera pris prisonnier, et Chabannes et Regnaull de Ternies s'en fuyront et eschapperont. Puis dit
LE CONTE D-ESCALLES.
Or est il donc, Dieu niercv.
Que des François avons victoire. Sioc
Gomme il nous a pieu tout ainsi.
Fors ceulx qu'on a voulu retraire
Des prisonniers, en la manière
Que avons volu retenir.
D'autres qui par eschappatoire' 8170
L'ont volu gaigner à fouyr.
MESSIRE JEHAN DE LA POLLE
J é retenu ce prisonnier
Pour présenter à Tallebot;
Il estoit orgueilleux et fier,
Maintenant y ne sonne mot. 8175
Il n'est plus dedans son trippot
A Orléans, dont il est yssu.
Il a esté ung saige sot, Donques il s'est à nous rendu.
ESCALLES.
On ilit que c'est le Bour de Bar ' 8180
v 207 r" Qui se disoit si très vadlant.
Vous ne deussiez avoir regar Fust à petit, ou fust à grant; Tuez toul et n'espargnez riens.
Que riens ne nous proffitent vis. Si85
MESSIRE JEHAN DE LA POLLE
Poui- cestuy j'en feray présent, Puis en feront à leur devis.
hors anionerout leurs prisonniors, o\ pose à Iroinpetes. — El clu
TALLEBOT.
Seigneurs, ainsi comme j'entent,
Noz gens ont gaigné la journée:
li nous fault aller au devant 8190
Pour remercier leur armée.
LE CONTE DE SUFFORT
.le les voy là en celle prée
Qui viennent à nous roidement;
Leur bande est très bien acoustrée
Et abillée honnestement. S'qS
F«207>'. MESSIRE JEHAN DE LA POLLE
Sire Tallebol, nous avons
Trouvé les François sur les cbamps.
Dont desroquez nous les avons
Qui sont eslenduz là devant.
Voicy dont je vous fais preseni S200
Du Bour de Bar, mon prisonniei-.
Et entre voz mains le vous renl:
Faictes en comme vous vouldrez.
LE CONTE D'ESCALLES.
Des François n'est riens demouré.
Si non ung peu qui sont fouyz , fe2o5
Que tout n'aist esté devouré,
Sur les champs navrez et murtriz.
TALLEBOT.
Mes amis, bien puissiez venu-; Vous avez très bien fait devoir.
Ceulx là ne vendront plus courrir 8210
Encontre nous, pour dire voir.
Et du Bour de Bar, je conseille Qu'i soit mené à Marchenoir, Et la tour je luy appareille
Pour sa demourance et manoir. SaiS
F° 208 r°. Il nous a volu decepvoir,
Je le scay bien, par autres foiz.
Et si vous fais bien assavoir Qu'i n'en partira de dix mois.
Lors meiiiont le Bour de Bar à Marchesnoir prisonnier; et y a pose. MESSIRE GUILLAUME D'ALLEBRET, s' d'Onal.
Or est il de présent saison 8220
De partir hors de la maison
Pour François vouloir secourir, •
320 LE MISTERE DU SIEGE DORLEÂNS.
Comme il est de droit et raison, Servir le Roy sans mesprison
Et liiy voloir bien obeyr. SaaS
Donques je n'ay pas eu loisir Y aller plus toust, sans mentir:
Mais, de présent, je suis tout presl A y aller sans defl'aillir.
Et à mon povoii' le servir SaSo
En fait d'armes et loing et près.
Vous, Gillebert de la Saiecte, (hii estes maresclial de France, Allons à Orléans, si vous liaicte,
(Jue il est temps, comme je pense. 8935
Les Anglois y sont à oultrance F" 208 v^ Qui leur l'ont de divers assault;
Partons, se c'est vostre plaisance, Et y allons sans nul detïault.
GILLEBERT DE LA SAIECTE, mareschalde Fiance.
Quant à moy, dessy je propose SaUo
A partir tout incontinant,
Ne je ne requiers autre chose
Que voir les Anglois combatant.
Je me sens. Dieu mercy, puissant
De corps, d'armes et de clievance, 8945
Pour m'y employer en tous sens;
C'est tout mon déduit et plaisance.
ALLEBRET.
Or allons donc en ordonnance.
Que je prie à Dieu qui nous gart.
Sans plus faire de demourance SaSo
Ne actendre qu'i soit plus tart.