‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 83 sur 158 · IP FRERE · texte numérisé non relu

IP FRERE

Ma seur, je n'ay autre désir

Si non de vous faire service, 9185

Et de Ijon cueur vous obeyr

Par vostrc voloir et notice,

Et me maintenir en oflice

Comme il vous plaisa ordonner.

De ce qui sera en mov propice gtgo

A voz plaisirs me gouverner.

L\ PLCELLE.

Capitaine, je prens congié De vous et de vostre maison; ,De voz biens Dieu soit gracié,

Le vous rende en brefve saison. 1 9190

Je m'en voys, comme il est raison.

Quant Dieu l'a ainsi ordonné.

Et vous gart de mal aclioison: A Dieu soyez vous conniiandé!

F"5 3'(r'. BAUDRICOURT.

Fille. Dieu vous vueille conduire 9200

Et vous gart de mal, de dangier!

Desplaisant suis, pour le voir dire.

Dont vous ay esté estrangier: ^

Vers vous me viens humilier. r ■

Et me pardonnez de l'olTence. * gaoS

Priant Dieu que nul encombrier

Vous n'ayez à aller en France.

LA FICELLE

Mon amy, à Dieu vous coramant

Et à toute la seigneurie;

Tenez la en paix et unye gato

Et vivez bien et justement.

(jai;

LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. ;i59

BALDRICOURT.

Jehan de Mes, Bertrand niesniemeiit .

Faictes luy bonne compaignie.

Mon amy, à Dieu vous comniant El à toute la seigneurie.

JEHAN DE MES

Monseigneur, croyez fermement F" o3,', v°. iMous la garderons, n'en doubtez nue.

De mal, péril et villannie Jusques à la mort vrayement.

LA PUCELLE

Mon amy, à Dieu vous commant Et à toute la seigneurie; Tenez la en paix et unye Et vivez bien et justement.

Lors partironl en belle ordonnance, et y a pause doigues. — I^iis dû LE CONTE DE CLEREMONT.

Messeigneurs, entendez icy

Et ad ce que vous vueil dire :

Nous sommes en peine et soussy

Et congnois que avons le pire.

Voloir m'est pris aller de tire

A Chinon , pour parler au Roy,

Remonstrer le dangier et l'ire gaSo

Que Anglois font, comme je voy.

Vous savez, nous avons perdu

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Le bon connestable d'Escosse, Qui avoit en luy la vertu;

Nul ne comparoit à sa force. g^Sû

F" 235 r'. Or est il mort à fine force,

Aussi le sire de Verdung, Alebret qui estoit renforce, Et le sire de Chasteaubrun;

Puis le sire de Montpippeau, oa^»

Aussi messire Jehan Chabot, D'autres seigneurs ung grant monceau, Qui nous est ung mauvais cahot.

Quant à moy, suis de ce complot

Que nous y aillons cinq ou six 92^^>

Des princes, d'un commun accort, Pour provoir à leurs entrepris.

Vous, sire Estienne de Vignolles, Besoing est que vous y veignez

Au Roy renionstrer ces paroUes . a^So

Et pour y voloir bien besoigner, Aussi pour le royaulme espargner, Que je voy en doubte et balance; Jour et nuyt y devons soigner Et y niectre resistence. y^à"'

LA IlIRE.

Je croy bien que ce seroit le mieulv De parler au Pioy voirement, Que ce cas est bien dangereulx, Et n'y voy point appoinctement.

Nous luy dirons publicquement 9360

Comme le royaulme est en dangier F°235\'. Pour y prouvoir aucunement.

Qui n'y viengne grant destourbier.

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