CHAPITRE III. — L'IDÉE BERGSONIENNE
Le libre arbitre reconnu par l'orthodoxie à l'homme, contre l'absorption panthéistique du pélagianisme. Le scotisme fait de la volonté et non plus de la Raison l'essence supérieure de Dieu. Origines du mobilisme actueldansScot.il a suffi de transposer en l'homme ce qu'il y a en Dieu, de faire de chaque individuation un principe de volonté, créatrice de valeurs. Autothéisme de la Volonté et non plus de la Rationalité. . 238
Les incohérences de Descartes. Le fond de l'être est-il Raison ou Volonté ? Kant le premier fait de la rationalité quelque chose de superficiel, une croûte, qui peut-être n'est pas le vrai. Le fond des choses, comme de nous-mêmes, nous échappe. Il est sans doute volonté comme le croyait Scot. Excès de l'intellectualisme après Kant. La pensée s'attache à la surface de rationalité. Schelling seconde manière et son disciple Sécréta n. La liberté, essence de Dieu et de ses créatures. Le néo-criticisme français et son étrange dualisme : à la surface, la rationalité et, çè et là comme des Ilots qui pointent, la contingence. La doctrine de la volonté dans le jugement empruntée au cartésianisme. M. Boutroux fait éclater la surface de rationalité que maintenait encore le néo-criticisme. Les flammes. La critique des sciences inaugurée par M. Poincaré. L'esprit du savant créateur de vérité. Les lois ne sont plus que des approximations.
La science, vaste symbolisme, roman de Hnvisible 241
M Table drs matières
Tentatives pour pénétrer jusqu'à la réalité profonde, par delà la croûte de rationalité. M. Hennequin et M. Bergson. Le devenir libre de toute catégorie. L'Un et le multiple s'y entrelacent en dehors de tout concept. L'Immuable vaincu. Protée est dieu . . 253
En quoi consiste le mobilisme . Les logification* superficielles, utiles au point de vue pragmatique, n'ont aucune valeur absolue L'essence inté* rieure est mobilité et se dérobe à tout concept. La rationalité traditionnelle n'est qu'une façon entre mille d'ordonner nos pensées et aussi nos actes. M. Poincaré et sa doctrine de l'invariant commun. Il rentre dans le chœur des théologiens et des rationalistes, après avoir donné les armes les plus redoutables au mobilisme 259
Préjugée contre la théologie chrétienne. Elle n'a pas institué l'illogisme «t l'absurdité comme règles du cosmos, pour permettre à cnaque instant la' possibilité du miracle. La logification profonde de l'Un et de l'Immuable. La science moderne reconnaît également le miracle ; la phénoménalité résultat de catégories le plus souvent aberrantes, fantasmagorie, danse de kayadère, comme le croyait déjà l'idéalisme hindou. Elle maintient néanmoins au-dessous la logification de l'Un et de l'Immuable qu'elle tient de la théologie r 283
La crise de JoufTroy. Est-elle bien sérieuse? Kant inaugure, comme dans l'état pathologique du haschich, Ja distinction de deux plans, celui de la raison et celui de la foi. On peut être croyant dans les profondeurs, scientiste et déterministe à la surface. Etat d'âme courant dans le dixneuvième siècle plus encore que celui de JoufTroy, où la foi est reniée au nom de la science. 266
Pas de déchirement dans le passage de la rationalité religieuse à la rationalité laïque, logiquement identique. La crise peut être dans la révélation de l'absurde, de l'illogisme universel, dans la dislocation des ordres cosmiques. Une nuit à Carthage. Prenez du haschich pour voir danser les catégories. Nos frêles logifications emportées par les courants de mystère, l'occultisme qui déborde de toutes parts. Protée a peut-être une loi, mais plus subtile mille fois que nos rationalités grossières. Le prohjèroe logique doit se poser en d'autres termes que ceux de l'archaïque Zenon d'Elée , 269
NOTE. — • L'encyclique Pascendi et la condamnation de la méthode d'immanence . 277