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BONTÉ

Sentiments de bonté

La bonté est une qualité morale qui porte à faire le bien; à être doux, compatissant, humain, indulgent.

C'est aussi parfois une faiblesse de caractère qui porte à céder aux volontés des autres avec une trop grande facilité.

La bonté est une qualité propre à l'homme policé et consiste dans tous les rapports de mœurs et le respect de Tordre établi.

Elle règle et modèle toutes les acceptions réfléchies et se confond avec la vertu. Mais il est une autre bonté chez l'homme qui tient moins à son intelligence. C'est celle qui part du cœur, qui porte l'homme à secourir son semblable, à le défendre, à lui pardonner.

Lorsque la bonté s'applique au soulagement des souffrances physiques, elle s'appelle humanité.

Si elle embrasse dans ses vues toutes l'espèce humaine, on la nomme philanthropie. La bonté qui rend le bien pour le mal, se nomme générosité. Quand ce sont les grands de la terre qui l'exercent : clémence et magnanimité.

La bonté qu'une grande naïveté accompagne, se nomme bonhomie. Plutarque dit de la bonté qu'elle a plus d'étendue que la justice, et que, ainsi que la reconnaissance, elle s'étend jusque sur les animaux.

La bonté ne peut se traduire que par une attitude qu'elle qualifie elle-même.

La physionomie avenante et ouverte, le

naturel de la pose simple et accueillante peignent la bonté.

Les sentiments d'attendrissement, de commisération, de délicatesse, de pitié, de tendresse, de générosité procèdent de la bonté dont ils ne sont que les caractères distinctifs.

Jlttenclrissement.

L'attendrissement est un mouvement de sensibilité qui dispose l'âme à la pitié; il a pour origine la bonté et la tendresse.

11 se traduit par une attitude compatissante, attentive et émue, par la caresse du geste et ce je ne sais quoi qui tient des larmes et du sourire.

Commisération.

La commisération est un sentiment qui naît de l'habitude de voir et de soulager les malheureux, c'est-à-dire de la compassion, fille de la pitié.

Ce sentiment affectueux pour les malheureux, en général, se manifeste par une sensibilité plus ou moins vive, qui porte à ressentir, comme si elles étaient per-

sonnelles, les souffrances et les misères d'autrui.

Comme pour l'attendrissement, la traduction de ce sentiment de bonté est une expression douce et caressante dominée par l'idée de consolation.

Pitié.

La pitié est le sentiment de douleur qu'excite dans nos âmes la vue des maux et des misères d'autrui.

On lui donne parfois un sens qui marque le mépris, mais nous ne saurions nous arrêter à cette affectation.

La pitié, sentiment de bonté secourable, est mère de la compassion et se range par conséquent, pour l'attitude caractéristique, à côté de la compassion dont il exagère sensiblement l'expression.

Délicatesse.

La délicatesse est un sentiment de bienséance qui dénote une susceptibilité et une probité scrupuleuses. Il tient aux sentiments de bonté en ce sens qu'il les complémente en leur apportant la contingence de ses traits

caractéristiques qui sont les ménagements, la prudence, la circonspection; car, comme le dit Boiste, il n'y a que les bons esprits et les bons cœurs qui aient de la délicatesse.

Agir délicatement est l'apanage de la bonté, qui sans la délicatesse du geste ne saurait être la bonté.

Générosité.

La générosité est un sentiment magnanime qui pousse à l'entier oubli de soimême pour ne songer qu'aux autres. Cette noblesse du caractère dispose à la libéralité et par conséquent à la bienséance : c'est par cela que ce sentiment relève de la bonté, dont il est une conséquence. Il se traduit physiquement par l'action de donner, gracieusement exprimée.

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