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SENTIMENTS

cette importante difficulté d'exprimer les nuances, toute l'attention du lecteur.

Cet art si rare, qui laisse percevoir l'immatériel état d'âme des personnages dans la matérielle exécution d'une œuvre peinte, s'éclaire au flambeau du génie et crée les chefs-d'œuvre.

Cette psychologie, graphique ou modelée, est aux arts plastiques ce que la philosophie est à l'œuvre écrite ou parlée.

Hors l'idée philosophique qui l 'illumine éternellement, pas de littérature durable, si parfaite en soit la forme.

Sans étude psychologique, pas d'œuvre d'art, si impeccable soit la technique professionnelle déployée. Et qu'on ne pense pas que cette psychologie si précieuse et si rare soit confinée à l'étude des mouvements de l'âme humaine; elle déborde, au contraire, dans toutes les manifestations de la nature.

Elle règne dans la splendeur des couchants magnifiques, dans l'infini des mers, la terreur des tourmentes, la solennité des nuits, le mystère des forêts, la tristesse des ruines, la solitude des déserts, comme aussi dans la grâce légère des fleurs.

Dans tout elle flotte, cette âme éternelle des choses, et ce sont des élus, ceux-là qui la savent traduire en images durables, dans de sublimes cristallisations !

Invisible jusque-là, pour le profane, l'irréel devient tangible à ses yeux. Ce qu'il n'avait su voir vibrer, immatériel, dans le regard d'un être, dans une manifestation de la nature, la représentation ou la description le lui font puissamment sentir; et cette aperception inconsciente s'exalte encore de ce que ce bon monsieur Tout-le-Monde (ou presque) croit avoir découvert ça tout seul. Alors, il crie au chef-d'œuvre et, pour une fois, il n'a pas tort.

Heureux ceux de vous qui portent en eux le germe qui procrée les œuvres éternelles. Nous ne pouvons leur offrir que des séries d'études exprimant des sentiments momentanés. Puissent-elles leur faciliter le travail qui féconde, car, toute prétention plus haute serait déplacée de notre part.

L'Orgueil

et l'Humilité

^ Orgueil

^ Dédain

(s* Fierté

^ Impiété

^ I mpudeur

(y Mépris

(^ Vanité

r Présomption

ç> Humilité

5 Adoration

q, Piété

^ Pudeur

^ Respect

^ Modestie

<3> Timidité

Sentiments d'orgueil

L'orgueil, cette enflure morale, est merveilleusement dépeint par l'expression :

se rengorger. Il est justifié quand il traduit une juste confiance en soi-même qui porte à la vertu et aux nobles actions ; dans le cas de cette fierté légitime, la noblesse

de l'attitude corrige ce que l'extrême hauteur de cette expression sentimentale a de ridicule et d'insupportable dans la manifestation contraire.

La Bruyère a décrit l'orgueil : une passion qui fait que, de tout ce qui est au monde, Ton n'estime que soi.

Et cela est dit excellemment, car cette estime de soi-même, justifiée ou non, est le point de départ de tous les sentiments orgueilleux. Dédain, fierté, impiété, impudeur, mépris, vanité, présomption ont pour cause initiale : la conscience ou la croyance d'une supériorité intellectuelle ou physique.

Dédain.

Le dédain est un sentiment hautain qui traduit insolemment la différence morale ou physique qui sépare deux êtres. Il indique le peu de cas que Ton fait de la personne d'autrui. Le dédain se traduit surtout par le mouvement du muscle abducteur de Fœil (nommé le dèdaigneur) qui, pour l'exprimer, fait tourner la prunelle du côté opposé nu nez.

SENTIMENTS ZT ORGUEIL

Tierté.

La fierté, qui peut être légitime, est fondée sur l1 estime que Ton a de sa personne et peut s'exprimer sans manifestation aversive.

Impiété .

L'impiété est un sentiment fait d'orgueil et de sottise qui ne peut se traduire qu'avec un commentaire attributif; il ne se manifeste que bassement exprimé, car, dans le cas contraire, il emprunte au mérite des individus qui peuvent le ressentir, aux circonstances qui le légitiment, un caractère qui n'est pas dépourvu de grandeur.

Impudeur.

L'impudeur est le mépris des lois et de la décence. Ce sentiment tient à la fois de l'effronterie, de l'audace et de l'impudence ; il se traduit par l'attitude provocante du corps, la hardiesse du regard. 11 tient à l'orgueil parce qu'il prend sa source dans la fierté qu'on a de sa beauté physique et de l'empire qu'elle peut exercer.

Mépris.

Le mépris est le sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d'estime, de considération et d'égards. Il se traduit comme le dédain par un mouvement de hauteur, la direction du regard et une projection de la lèvre inférieure qui accentue le geste méprisant.

Vanité.

La vanité est Pamour-propre qui a pour objet des choses frivoles ou étrangères à la personne qui s'en prévaut. Gomme l'orgueil dont elle procède, elle est une enflure morale que le mot çain, qui signifie vide, peint justement. Sa caractéristique tient dans le ridicule de l'attitude et la suffisance prétentieuse du visage.

Présomption.

La présomption, comme la fierté, est une opinion trop avantageuse qu'on a de soimême; elle a comme caractère saillant l'assurance et l'affirmation dédaigneuse que l'on pourrait qualifier de sottise. C'est, comme

SENTIMENTS ZT ORGUEIL

dit Madame de Staël, un sentiment de beaucoup de hauteur pour peu de base.

La représentation graphique de ce sentiment tient plus dans Pacte accompli que dans l'expression physionomique. Il entre dans la catégorie des interprétations avec attributs dont nous avons parlé précédemment.

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