J; Kûbel, Geschichte des kath. Modernismus, p
6. Demain, S février 1907, p. 242-246; puis \e Rinnocamento et le Zwanzigste Jahrhunderl. Voir A. Houtin, p. 150-152. Cf. J. Viénot,
'dans Revue chrétienne, 1911, t. Lvni p. 362-363. ~
même .temps à Paris pour y enquêter sur la séparation, participa aiix réceptions données en l'honneur de Fogazzaro
- et y récolta sa part de popularité. Il pouvait, du reste, compter sur ses compagnons d'armes, M. Naudet et P. Dabry, pour claironner sa gloire auprès des catholiques d'action. Pour un moment, l'Évangile du progrès religieux bénéficiait chez nous de l'éloquence italienne.
Mais est-il rien d'aussi éphémère. que la vogue des conférences et des romans? Le réformisme catholique dont A. Fogazzaro se faisait l'apôtre pouvait tout au plus séduire quelques rêveurs ; mais l'homme manquait trop visiblement du prestige intellectuel qui seul, assure une influence durable. Au. fond, de cette gloriole fugitive il ne pouvait rester et il ne resta rien.
Dans sa propre patrie, A. Fogazzaro déployait une plus ■grande et plus efficace activité. C'est lui qui avait suscité le jeune groupe du Rinnovamento et le soutenait de son influence. Au cours de 1907, il se proposait d'organiser, à Turin d'abord, puis dans les autres villes italiennes qui en feraient la demande, une série de conférences scientifiques sur les problèmes actuels de la religion ^. Le projet ne manquait pas de hardiesse : à supposer qu'il ne fût pas entièrement chimérique, les mesures pontificales contre le modernisme l'étoulîèrent dans l'œuf.
En attendant cette sorte d'université ambulante, les Studi religiosi ne manquaient pas d'informer leur public des « débats » qui se déroulaient en France « sur la nature du dogme » 2. 11 va de soi que Demain y avait recueilli, dès son avènement, la plus cordiale bienvenue ^. Peu après, l'Italie se donnait une traduction des Essais de M. Laberthonnière *. Une initiative partie de chez nous vers la même époque, mais révélée seulement bien plus tard, aurait présenté plus d'envergure si elle eût réussi. Reprenant un vieux projet •de P. Sabatier, Mgr Lacroix avait conçu le -plan d'une
1. Parmi les savants dont le comité se flattait d'obtenir la collaboration figurauent, avec un éclectisme des plus singuliers, A. Loisy, G. Tyrrell et Ad. Harnack.