Simples réflexions, p
DÉCRET « LAMENTABILI » 345
avancer le chiffre d' « à peu près cinquante ^. » D'autres s'en tiennent à des évaluations plus réduites et probablement plus justes^. Quoi qu'il en soit, au denxeurant, de la proportion numérique, le fait général n'est pas douteux et personne ne pouvait s'y méprendre. « Il n'est aucun théologien, ayant suivi attentivement les controverses de ces sept dernières années, qui ne reconnaisse tout de suite, dans le choix même des termes dont a usé le Saint-Office, l'expression originale de chaque erreur visée, si exacte a voulu être Rome... Il y a là, pourquoi ne pas le dire, une analyse de L'Évangile et l'Église, menée par le Saint-Office avec une objectivité souveraine^. » Le procès qui était pendant depuis des années devant l'opinion catholique était manifestement jugé.
Il ne faut donc pas chercher dans le décret Lamentabili une volonté de systématisation qui ne s'y trouve pas. Parce qu'il ne cesse pas d'avoir devant son imagination enfiévrée le type idéal d'un modernisme de convention, M. Buonaiuti s'est égayé naguère à la pensée que TÉglise ait pu vouloir soumettre une « tendance spirituelle » de cet ordre « à cette réduction en formules et, pour ainsi dire, en comprimés. » « Condamner une série de propositions de ce genre, conclutil, c'était frapper un mannequin et un simulacre*. » Plus positif, le Saint-Office s'est contenté de choisir un certain nombre de doctrines qui avaient notoirement cours dans la littérature récente pour les dénoncer au regard de la tradition catholique. Et s'il se trouve que ces «, erreurs » découlent de quelques principes communs à travers lesquels on peut deviner un système, c'est là", peut-on dire, un résultat secondaire : elles sont destinées à valoir avant tout pour ellesmêmes comme expression et réprobation d'un fait.
Néanmoins comment ne pas être sensible à ce que, dès