Gregorianum, t. ii, 1921, p
1911), qui furent le premier assaut public, bientôt victorieux, contre L. Duchesne et son Histoire ancienne de l'Église? Des feuilles semblables menèrent le bon combat dans les principales villes d' Italie ^. ' .
Chez nous, au contraire, la forme plutôt savante qu'avait prise le modernisme demandait à ses adversaires de se poser en docteurs. Deux périodiques de bataille furent créés à cette fin, la même année 1908 : la Foi catholique, dirigée par l'ancieii jésuite Bernard Gaudeau, avec la collaboration assidue de .J. Fontaine, et soutenue d'une Unio pro fide; la Critique du libéralisme, où Em. Barbier continuait en la monnayant l'œuvre amorcée par ses volumes. Comme son titre l'indiqué, ceUe-ci embrassait un domaine beaucoup plus vaste, qui allait de la théologie- aux doctrines et œuvres sociales, tandis que celle-là quittait rarement l'ordre de la spéculation. Les deux ne furent guère d'ailleurs qu'une entreprise de réaction pour les idées et, la dernière surtout, de dénigrement systématique pour les personnes ^. Pour opposer au « modernisme » un programme positif, on s'y réclamait de 1' « intégrisme », nouvelle forme d'orthodoxie dont les limites s'étendaient aussi loin que les préjugés de ses créateurs.
A cette campagne, qui coïncidait à point nommé avec ses préventions politiques, l'Action Française prêtait l'appui de son autorité déjà considérable et de ses polémiques incisives, où le scrupule n'entra jamais que pour une faible part, mais qui n'en faisaient pas moins la grande opinion. « L'encyclique nous servait, » a déclaré sans ambages un de ses anciens dirigeants ^. Réuni à la Vérité française, le vieil Univers s'efforçait en vain de chercher dans l'intégrisme un regain de vie et, soit par conviction, soit par entraî-