‹ Le moine bénédictin [microform]Chapitre 23 sur 82 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

toute la perspicacité et la vigueur de son esprit, et avec ce sens exquis qui portait son âme de préférence vers la piété antique. « S'appuyant sur la double force de la prière et de l'étude, il remonte d'âge en âge le cours de la tradition. S'étant nourri de la vie et des maximes des différents réformateurs, qui, après l'unité brisée, ont créé les diverses ' Congrégations bénédictines aux XY^, XVP et XYII^ siècles, il arrive et il s'arrête avec complaisance à ce Louis de Blois, le disciple de celle que tout l'Ordre a nommée sainte Gertrude la Grande. Là déjà, il se désaltère aux pures sources de l'esprit du saint Patriarche, il se complaît dans ce Miroir des moines, il se délecte dans les Exercices et les Ré^^élations des vierges d'Helfta. Puis, traversant avec admiration les richesses de Citeaux et de Clairvaux, lesquelles, pour être l'apanage propre d'une autre branche de la famille, n'en appartiennent pas moins à toute la descendance de Benoît, il se plonge avec bonheur dans les eaux de ce fleuve qui ,

de saint Odon à Pierre le Vénérable , transforme Cluny en une terre où coulent le lait et le miel de la plus pure et de la plus forte doctrine monastique. Cluny lui-même avait reçu ce dépôt des mains de ce Benoît d'Aniane, qu'on a pu justement appeler Benoît second 1. » En attendant, le Seigneur bénissait les efforts de Dom Guéranger et de ses disciples. Par le bref Inmimeras inter, Grégoire XVI , lui aussi enfant de saint Benoît, donna, en 1887, à la réunion son existence canonique. Il érigea en abbaye le prieuré de Solesmes, destiné à devenir le chef de la Congrégation de France. Dom Guéranger en fut le premier abbé. Ce jeune rejeton de l'arbre bénédictin se rattache très intimement aux congrégations anciennes. Il continue leurs traditions glorieuses. Grégoire XVI l'a déclaré héritier des privilèges accordés par les Pontifes romains à la Congrégation de Cluny, à celle des saints Vanne et Hydulphe et à celle de Saint-Maur. C'est là un héritage

1 Mf' Pie, Éloge funèbre de D. Guéranger.

inappréciable. Le pape Urbain VIII a, en effet, accordé aux bénédictins de Saint-Maur les plus grandes faveurs, par sa bulle In siipereminenti, le 21 Janvier 1628. Après avoir énuméré plusieurs indulgences plénières, il dit : « Aux moines et aux novices de la dite Congrégation, à ses commis, ses officiers, ses serviteurs, ses domestiques et à ceux qui la servent à un titre quelconque, nous accordons la participation, communication et extension des privilèges, facultés, libertés, immunités, exemptions, induits, indulgences et autres faveurs concédées par Nous ou par Nos prédécesseurs, ou qui le seront à l'avenir, non seulement aux Congrégations de Sainte-Justine de Padouè, et des saints Vanne et Hydulphe, mais encore à tous les ordres religieux mendiants, hospitaliers ou autres et à tous les sanctuaires. Nous accordons à la dite Congrégation de jouir à perpétuité librement et licitement de toutes ces faveurs, comme si elles lui avaient été spécialement accordées par Nous. »

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