CHAPITRE DEUXIEME
rapports de tous les instants avec ses frères, dans les services fréquents que la vie commune le met à même de leur rendre. Sans cesse il doit se renoncer, sacrifier sa volonté et son amour propre aux désirs d'autrui. Ce frottement continuel mortifie singulièrement ses passions ; il use peu à peu sa personna- Hté, fait disparaître une foule d'obstacles à la grâce et rend son àme plus souple à l'action de l'Esprit Saint. Il a mille occasions de se vaincre lui-même. La famille monastique est une armée de frères ; le simple fait de persévérer sous cet étendard du Christ communique à l'homme une grande force morale. Le moine participe à la vigueur de ses compagnons d'armes, il appartient à une race très iovie, Fortissiniiim geniis^.
Le moine dans tous les détails de sa vie devient un enftmt. C'est là son bonheur, son espérance et sa gloire. Il suit fidèlement le conseil du Maître : « Je vous le dis en vérité, si vous ne devenez semblables à des enfants,