‹ Le moine bénédictin [microform]Chapitre 63 sur 82 · SERVICES RENDUS PAR LES MOINES · texte numérisé non relu

SERVICES RENDUS PAR LES MOINES

LA vie de famille, l'office divin et le travail préparent admirablement le moine et le mettent à même de rendre à l'Église d'inappréciables services : « Associé à toutes les œuvres de l'Eglise, suivant les temps et les lieux, l'ordre monastique a dii lui fournir, pour la parole et pour l'action, des organes et des instruments incomparables. L'Église a-t-elle besoin d'apôtres pour arracher les peuples à la barbarie et les conquérir à l'Evangile ? Aussitôt les monastères s'ouvrent pour laisser partir de leur sein des légions de missionnaires.... L'Église, qui a souci des corps comme des âmes, veut-elle pourvoir aux intérêts terrestres et aux besoins matériels de ses enfants, après leur avoir procuré

le bienfait de la foi ? A sa voix^ les fils de saint Benoit se lèvent d'un bout de l'Europe à l'autre et, la bêche à la main, ils fertilisent un sol jusqu'alors inculte et stérile. L'Eglise, qui veille tout à la fois aux trésors de la science et au dépôt de la foi, cherche-t-elle à sauver de la ruine les monuments du savoir humain, c'est aux moines qu'elle confie cette tâche... S'agit-il pour l'Eglise de fonder à jamais le grand œuvre de la civilisation chrétienne, en constituant les sociétés sur les bases de l'Evangile ; chose plus merveilleuse encore, c'est parmi ces hommes de la solitude, voués à la prière et à la contemplation, ne songeant qu'à être des saints et à gagner le ciel, c'est là, dis-je, qu'elle trouve ses gouvernants les plus habiles et ses politiques les plus profonds i. »

Aujourd'hui les nations sont civilisées ; les labeurs de la vie apostolique semblent en

I. IM^"^ Freppel. Discours sur l'ordre monastique. — Même aujourd'hui les évêques missionnaires reconnaissent qu'il leur faudrait des monastères pour coloniser chrétiennement leurs conquêtes; c'est ainsi aue les cisterciens ont été appelés en Palestine, en Chine et à Natal.

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fait réservés à d'autres familles religieuses. Les moines resteront-ils inactifs ? Les frères de ces vaillants cénobites des Aïeux âges garderont-ils le silence au fond de leurs cloî^ très ? Laisseront-ils les ennemis de l'Église l'attaquer impunément? Ils ont bien pour combattre le glaive de la prière. Leurs ancêtres, eux aussi, ont su le manier avec vigueur et habileté. La confiance qu'ils avaient dans sa force ne les a pas empêchés de prendre l'arme non moins nécessaire du travail ; et ils s'en sont servi avec succès. Les ennemis de Dieu les verraient volontiers abandonner leurs glorieuses traditions. A la faveur de ce silence, ils exécuteraient plus à l'aise leurs desseins perfides. Il a bien pu se trouver, au XYIIe siècle, un moine, pénitent illustre, qui voulut exclure les solitaires du champ de bataille où luttent les serviteurs de l'Église. Si la secte janséniste applaudit à ses efforts, les bénédictins ne rompirent cependant pas avec leur passé glorieux.

Les enfants de saint Benoît ne resteront

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