‹ Le moine bénédictin [microform]Chapitre 65 sur 82 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

cher jfils Prosper Guéranger, abbé de saint Pierre de Solesmes et Supérieur général des bénédictins de la Congrégation de France. Doué d'un puissant génie, possédant une érudition merveilleuse et une science approfondie des règles canoniques, il s'est appliqué, pendant le cours de sa longue vie, à défendre courageusement, dans des écrits de la plus haute valeur, la doctrine de l'Église catholique et les prérogatives du Pontife romain, brisant les efforts et réfutant les erreurs de ceux qui les combattaient. Et, lorsque, aux applaudissements du peuple chrétien, nous avons par un décret solennel confirmé le céleste privilège de la Conception immaculée de la Sainte Mère de Dieu; et tout récemment, lorsque nous avons défini, avec l'approbation du très nombreux concile, qui réunissait les évêques de tous les points de l'univers catholique, l'infaillibilité du Pontife romain enseignant ex cathedra, notre cher fils Prosper n'a pas manqué au devoir de l'écrivain catholique ; il publia des ouvrages

pleins de foi et de science sacrée, qui furent une preuve nouvelle de son esprit supérieur et de son dévouement inébranlable à la chaire de saint Pierre. Mais l'objet principal de ses pensées et de ses travaux a été de rétablir en France la liturgie romaine dans ses anciens droits. Il a si bien conduit cette entreprise, que c'est à ses écrits et en même temps à sa constance et à son habileté singulière, plus qu'à toute autre influence, qu'on doit d'avoir vu, avant sa mort, tous les diocèses de France embrasser les rites de l'Eglise romaine. »

La voix auguste du successeur de Pierre ne fut pas la seule à proclamer les services éminents rendus à la religion par cet illustre et véritable fils de saint Benoît. Le monde catholique fut unanime à le dire. C'était si évident que la presse libre penseuse dut, elle aussi, le reconnaître. Au milieu de ce concert de louanges, deux hommes, M?^ Pie et M^ Fi^ppel, prirent la parole avec plus de force et d'autorité. La noblesse de leur caractère.

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la supériorité de leur intelligence et de leur talent, leurs vertus et leur rôle dans TEglise donnèrent à leurs discours une portée très grande.

Le II juillet 1887, les enfants de Dom Guéranger célébraient à Solesmes les noces d'or de leur Congrégation. Devant un concours imposant de prêtres et de fidèles, Févèque d'Angers prit la parole ; il dit les travaux de l'Abbé de Solesmes et leur fécondité salutaire ; puis : « Bien que la grande figure de Dom Guéranger domine de toute sa hauteur la Congrégation des bénédictins de France, tout ne se résume pas pour Solesmes dans cette personalité unique. N'est-ce pas précisément par l'action conventuelle que le restaurateur de l'ordre monastique avait cherché à servir plus utilement Dieu et l'Église ? Comment, à l'école d'un tel maître, ses disciples n'auraient-ils pas à leur tour enrichi le domaine de la science ecclésiastique ? Ici, votre pensée a devancé ma parole en se portant tout aussitôt vers cet érudit de premier

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