CHAPITRE n
JEANNETTE D ARC SOUS l' ARBRE DES FÉES
l«r inai 1426. — Tandis qae ses compagnes, fêtant le mai, chantent et dansent, Jeanne reste assise sous le hêtre des dames fées et est absorbée dans son idée fixe : sauver la France.
n y avait au pays de Domremy un grand hêtre touffu que, depuis l'ancien temps, on appelait Varbre des dames parce que les dames fées le fréquentaient, a Souvent, au clair de lune, disait Béatrix, la vieille marraine de Jeanne, nos pères ont vu les gentes fées, se tenant par la main, apparaître dans les clairières du Bois-Chenu et venir danser en rond autour du hêtre. Mais maintenant elles ne Tiennent plus. C'est à cause de nos péchés, m
Dans les tètes de ces paysans nsdfs, c était tout un que le culte druidique et le culte chrétien. La Bonne Fontaine aux fées Notre-Seigneur, tel est le nom éclectique qu'ils avaient donné à la source entourée de groseilliers qui coulait non loin du hêtre.
Le premier jour de mai, de même que le dimanche de la mi-carème et tous les dimanches de la belle saison, filles et garçons de Domremy, emportant des noix, des œufis et des petits pains, avaient coutume d*aller en troupe à Yarbre des daines. Cette jeunesse courait, chantait, dansait, puis allait boire et fidre la dînette, en grappillant des groseilles, à la Bonne Fontaine aux fées Notre-Seigneur.
Tout' autour de la fontaine s*étendaient de jolis parterres de fleurs. On en cueillait à Tenvi pour faire des bouquets et tresser des guirlandes qui servaient à parer le beau hêtre.
Jeannette d'Arc faisait comme les autres.
Mais aussi, maintes fois, il lui arrivait de se mettre à part de ses compagnes. Hauviette,