‹ Le mois de Jeanne d'ArcChapitre 57 sur 79 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

DAME CLAUDK, LA FAUSSE PLCELLE

20 mai 1436. — Dame Claude se t'ait passer pour la Pucelle, soi-disant échappée au bûcher, et dupe force geus, parmi lesquels des seigaeurs de Metz et des bourgeois d'Orléans. Mais, après avoir longtemps exploité la crédulité de bonnes âmes, elle finit par être publiquement démasquée, conspuée, réduite à confesser son imposture et ses turpitudes.

Le 20 mai 1436, cinq ans après la mort de Jeanne d'Arc, s'en vint à la Grange-aux- Ormes , une jeune fille vêtue d'un habit d'homme, qu'accompagnaient deux de ses frères ou soi-disant tels. Elle eut là une entrevue avec trois ou quatre seigneurs de Metz, à qui elle dit :

— Jeanne la Pucelle n'a pas été brûlée à Rouen; Jeanne la Pucelle, c'est moi.

Telle élait sa figure, tel fut son langage, que les seigneurs furent convaincus et lui donnèrent un cheval, un chaperon, une épée.

Ces dupes en amenèrent d'autres; et, de plus en plus encouragée dans ses audaces, dame Claude — c'était son nom — réussit à

exploiter pendant assez longtemps, dans certains milieux hien préparés , la crédulité populaire.

C'est, en effet, la nature des hommes de ne pouvoir imaginer que les grandes personnalités qui ont frappé leur imagination soient sujettes au sort commun. Quand elles ne sont plus là, ils les attendent encore. De même qu'après la mort de Napoléon, ses anciens soldats répétaient : « Il vit et il reviendra », de même, après le supplice de Jeanne, beaucoup de ses admirateurs demeurèrent persuadés qu'elle n'était pas morte. A les entendre, la Pucelle avait eu à Rouen le même

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