RÉSUI.TAT EN SOMMES
Un journal anglais porte à 25 millions de fraucs la valeur pécuniaire des vols de toute sorte qui se commettent, chaque année, à Londres seulement.
De son côté, la lïevue des Deux- Mondes évalue à plus de 131 millions de francs le montant annuel des objets volés dans toute l'étendue du Royaume-Uni.
Si l'on considère que l'évaluation de 1 million 200 mille francs donnée, chez nous, par la Justice, aux seuls vols dont les cours d'assises sont annuellement saisies, ne porte que sur 3,860 vols qualifiés;
Et que, dès lors, cette évaluation ne comprend :
Ni les 3,000 autres crimes qui, sous le nom de parricides, de memii'cs, d'assassinats, de faux, de fausse moimaie, etc., ont le vol pour mobile;
Ni les 26,700 vols simples, portés devant la poUce correctionnelle ;
Ni les 32,000 délits de banqueroute, d'abus de confiance, d'escroquerie, de mendicité, de vagabondage, etc., qui tous ont le vol pom* objet;
Ni les 15,000 délits de chasse, au bout desquels esteucore le vol;
Ni les 100,000 délits forestiers, fiscaux, et autres, dout le vol encore est la principale matière ;
Vols dont aucun ne reçoit d'estimation, dans les comptes-rendus officiels ;
Si Ton considère, d'un autre côté, que les 200,000 crimes et délits jugés, chaque année;
Joints aux 300,000 contraventions de police^ dont je n'ai fait encore nulle mention, qui se commettent aussi chaque aimée, et dans lesquelles la maraude, le gaspillage et autres menus vols ruraux, entrent pour une bonne partie;
Ne forment que la plus faible partie des crimes et ' délits, et notamment des vols non constates ^ qui se commettent, annuellement, en France, sous toutes les formes;
Si l'on considère, enfin, que, dans les chiffres cidessus, ne sont compris :
Ni leSOmilHons que les coquins nous coûtent pom* leur capture, leur entretien en prison et leur sm'veillance;
Ni les 146 millions d'aumônes forcées faites aux 200,000 mendiants;
Ni les 70 millions de prélèvements opérés, par les 20,000 industriels filous, sur les industriels honnêtes, etc., etc., etc.;
On trouvera que l'évaluation du journal anglais,
jointe à celle de la Revue des Deux-Mondes^ est,
malheureusement, au-dessous de la réalité, cjiez
nous.
Il y a quelques années, im journal de département