CONCERNANT LE' COMIQUE ET LE RIRE
Poétique d’Aristote, ch. n, m et v.
Cicéron, De Oratorc, livre II.
Quintilien, De l'Institution de l’Orateur, livre VI, ch. m.
Pontanus (Jovianus), Dialogi quinque; opuscule facétieux, écrit d’une manière très leste, plein de gaudrioles et de traits moqueurs dirigés contre la paillardise des ecclésiastiques. On y trouve beaucoup de joyeusetés, mais à peine quelques linéaments de théorie, quelques insinuations vagues. Érasme lui-même le, jugeait trop licencieux. Il a été imprimé plusieurs fois, à part et dans les œuvres complètes de Pontanus, notamment dans l’édition de Bâle, 1538, in-4°, seconde partie. L’auteur, qui était à la fois homme de guerre, écrivain et diplomate, avait vu le jour à Cerretn, ville de l’Ombrie, en 1426, et mourut en 1503.
Traité du Bis, contenant son essence, ses causes et merveilleux effais, curieusement recherchés, raisonnés et observés, par M. Laurent Joubert, conselier et médecin ordinaire du Roy et du Roy de Navarre, premier Docteur régeant, Chancelier et Juge de l'Université en médecine, de Mompelier. Item, la Cause morale du Ris de Démocrite, expliquée et témoignée par Hippocras. Plus un Dialogue sur la Cacographie françoise, avec des annotacions sur l’orthographie de M. Joubert; Paris, 1570, in-12.
BIBLIOGRAPHIE
Joubert était né à Valence, dans le Dauphiné, le 6 décembre 1529, et mourut à Loubers, en Languedoc, le 21 octobre 1582. Une partie de son livre avait d’abord paru en latin, à Lyon, en 1558. La traduction française est de L. Pap'on et de J. P. Zaugenaistre. Le volume était déjà rare au commencement du xvie siècle, puisque Laurent Politien, déclare qu’il n’a pu en trouver un seul exemplaire.
De Somniis ac Synesi per somnia; De Risu ac Ridiculis; De Synaugla Platonica, par Celsius Mancinius; Ferrare, 1591, in-4°; Francfort, 1598, in-8.
Isaac Israelila, auteur qui avait écrit sur le rire et que cite Laurent Politien, mais sans donner le titre de son ouvrage. Aucune biographie ou bibliographie ne le mentionne.
Fracastor : Naugerius, sive de Poelica , dialogus, imprimé en 1555, deux ans après la mort de l’auteur, dans ses œuvres complètes, publiées à Venise. Ce dialogue est destiné à prouver que la poésie ne doit pas seulement plaire, qu’elle doit aussi instruire. Le problème du comique y est traité accessoirement.
Valeriola, auteur cité par Laurent Politien, comme ayant cherché l’explication du rire, mais sur lequel on ne possède aucun autre renseignement.
Valesius; même observation.
Opuscula de Voluptate et Dolore, de Risu et Fletu, de Somnio et Vigilia , de Famé et Siti, par Nicander Jossius; Francfort-, 1603, in-8. Quel amagalme de sujets
Dialogus pulcherrimus et utillissimus De Risu, ejusque Causis et Consequentibus, dilucide ac philosophice tractatus, inque libros duos divisus, par Antoine-Laurent Politien; Francfort, 1603, in-4°. Dès l’année 1604, l’auteur en prépara une nouvelle édition, qu’il dédia à l’illustrissime et révérendissime Jean Dauphin, évêque de Vicence; la préface se termine par ces mots ; Vale. Patavii, xi Kal. sept, mdciv. Cette
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édition néanmoins ne fut imprimée que deux années plus tard, à Marbourg, comme le prouve la dernière page : — Marpurgi Cattorum, excudebat Paulus Egenolphus, typographus academicus, anno ab incarnatione Salvatoris mdcvi. — Laurent Politien avait probablement vu le jour cà Monte-Pulciano, comme le fameux Ange Politien. « Sa mère, dit Bayle, était de la famille de sainte Agnès, pour laquelle les habitants de Monte-Pulciano ont beaucoup de dévotion.» Après avoir été professeur de logique à Pise, il était venu à Paris en 1604; il habitait Padoue, comme on vient de le voir, quand il écrivit la préface de sa nouvelle édition.
Tractatus de Risu, par Elpidius Berrelarius; Florence, 1603, in-4°. — Laurent Politien ne connaissait pas ce volume. Il est remarquable que trois ouvrages sur le Rire aient été imprimés en 1603.
Physiologia Crcpitus ventris, item Risus et Ridiculi , et elogium Nihili, par Rodolphus Goclenius ; Francfort, 1607, in-12. — Goclenius le fils, médecin et physicien allemand, était né en 1572 à Wittembcrg, et mourut le 2 mars 1621. Il a publie quinze ouvrages de théories et d'études médicales.
Eryci Puteani Democrilus, sive de Risu disserlatio saturnalis; Louvain, 1612, in-12; 22 pages.
Amphitheatrum Sapientiæ Socraticœ joco-sericœ, h. e. encomia et commentaria auctorum veterum et recentiorum, quibus res, pro vilibus aut damnatis vulgo habitas, styli patrocinio vmdicantur et exornantur, par Dornavius (Gaspard Dornau) ; deux tomes en un volume in-folio. Hanau, 1619, première édition; 1670, seconde édition.
C’est le premier recueil de facéties, de traités et de poèmes burlesques publié depuis la Renaissance. La première partie contient les éloges de certains animaux et de quelques plantes, composés en grec, latin, allemand, soit en vers, soit en prose, par différents auteurs, notamment par Dornau lui-même, dont les noms se
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trouvent indiqués dans la table. La seconde partie renferme l'éloge d’Hélène et de Busiris, par Isocrate, celui de Néron, par Cardan, et quelques autres pièces de même nature. Le nombre des facéties, traités et poèmes burlesques, réunis ou indiqués dans cet ouvrage, monte à 621. Les éditeurs des Nugœ vénales, du Democritus ridens et des Dissertaliones ludicrœ, ont puisé dans cette collection, qui a inauguré, en quelque sorte, un genre spécial de publications.il a inspiré à Sallengre, nous dit Weiss, son Eloge de l'Ivresse ; à, Louis Coquelet, YÉloge de la Goutte; à Dreux du Radier, YÉloge des Lanternes, et d’autres badinages littéraires. Né enThuringe, le 11 octobrel577, l’auteur mourut à Briey, le 28 septembre 1632. L’ouvrage, au surplus, ne contient pas la moindre théorie philosophique.
Dissertatio de Risu, par Schmid ; léna, 1630
De naturali et prœternaturali Risu, par Léonard Simon; Messine, 1656, in-4°.
De Risu oratorio et urbano, par Morojagio, italien.
Dissertatio de Risu sardonico , par George Francus; Heidelberg, 1683.
De Risu et Fletu, par Marcus Mappus ; Strasbourg, 1684, thèse de 36 pages in-4°.
Réflexions sur le Ridicule et sur les moyens de l’éviter , par l’abbé de Bellegarde; Paris, 1696, un volume in-12. En 1699 parut une quatrième édition, dans le même format, avec de nouveaux développements. L’ouvrage eut un grand succès en Angleterre : un auteur indigène le traduisit, sans mentionner dans aucun endroit l’écrivain français, et dédia le livre à un personnage de son pays ; la quatrième édition parut à Londres en 1727.
De ludicra Dictione, in quo tota jocandi ratio ex Veterum scriptis afjîrmatur, par Franz Vavassor, jésuite; Leipzig, 1722, seconde édition.
Dissertatio de Risu, par Kaisin; Lyon, 1733.
BIBLIOGRAPHIE
Dissertaiio inaugularis physico-medica deRisu, par J .-S. -P . Lupichius; Bâle, 1738, in-4°; 22 pages.
• Disserlatio de Risu a spleiie, par J. Zacharie Platner, Leipzig, 1738; 16 pages in-4°.
Dissertaiio de Risus commodo et incommodo in œconomia vilali, par Albert; Halle, 1746.
Harlequin, oder Vertheidigung des Groteslce-Komischen , par Mœser; 1761, in-8.
An Essay on Laughter and ludicrous . Composition , par James Beattie, professeur de philosophie morale et de logique à l’université d’Aberdeen et au collège Marischal ; Londres, 1764, un vol. in-8. Le même auteur avait publié en 1762 un Essai sur la Poésie et la Musique. Les deux ouvrages furent réimprimés en un seul volume, formant la troisième édition de l'un et de l’autre, en 1779.
Traité des causes physiques et morales du Rire, relativement à l’art de l’exciter, par Poinsinet de Sivri; Amsterdam, 1768; in-12 de 134 pages.
Philosophy of Rhetoric, par George Campbell, recteur du collège Marischal, à Aberdeen; Londres, 1776, deux volumes in-8; chapitre u et ni.
Geschichle der komischen Litteratur, par Charles Frédéric Plœgel; Liegnitz et Leipzig, 1784; 4 volumes.
Vorschule der Æsthetik, par Jean-Paul Richter; Baireuth, 1804; sixième question.
Du Rire, article publié par De Senancour dans le Mercure de France, n° 141, 8 février 1812.
Traité médico-philosophique sur le Rire, par Denis Prudent Roy, docteur en médecine; Paris, 1814, in-8.
Versuch einer Théorie des Komischen, par Schulze; Leipzig, 1817, in-12.
Physiologie du Ridicule, ou suite d’observations par une société de gens ridicules; Paris, Charles-Vimont, 1833 2 vol. in-8.
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Vortesungen über die Æsthetik, par Hegel, publiées par Hotho; Berlin, 1837, 3 vol. in-8. Troisième volume.
U cher das Komische und die Komœdie, par Bohlz; 1844-, un vol. in-8.
Æsthetilc des Hàsslichen, par Karl Roscnkranz; Kœnigsberg, 1853, un vol. in-8.
Œuvres complètes de Regnard, précédées d'un Essai sur le talent de Regnard et sur le talent comique en général, avec un tableau des formes comiques et tragiques, par Alfred Michicls; Paris, 1854, deux volumes grand in-8.
OEstlietische Forschungen, par Zeising; 1855, un vol. in-8.
Des causes du Rire, par Léon Dumont; Paris, 1862, forte brochure in-8.
Histoire de la Caricature et du Grotesque clans la littérature et dans l'art, par Thomas Wright, traduite par Octave Sacliot; Paris, 1867; un volume grand in-8. Dès la première phrase, l'auteur déclare qu’il ne cherchera point à expliquer la nature du comique. « Mon intention, dit-il, n’est pas de discuter la question de savoir ce qui constitue le comique ou le risible, ou, en d’autres termes, d’entrer dans la philosophie du sujet; je ne veux qu’étudier l’histoire de sa manifestation extérieure, les formes diverses qu’il a prises et son influence sociale. » Au point de vue restreint adopté par l’auteur, le livre est à la fois curieux et important.
L’Ombre de Socrate, petits dialogues de philosophie socratique, précédés d’un Essai sur le Rire et le Sourire, par Charraux (Ch.); Paris, 1878, in-12.
Le Rire, essai littéraire, moral et psychologique, par Louis Philbert; Paris, 1883, un vol. in-8.
Ont traité incidemment les mêmes questions :
Home, dans ses Principes de Critique, ch. vu.
Alexandre Gérard, dans son Essai sur le Goût, lr0 partie, 6“e paragraphe; Aberdeen, 1759, in-8°; traduit en français par Eidous, 1766.
BIBLIOGRAPHIE
Le Batteux, dans sa Théorie des Belles-Leltres.
Joseph Priestley, dans ses Leçons de Rhétorique et de Critique; Londres, 1762, un vol. in-8.
Duclos, dans ses Considérations sur les mœurs, ch. ix : « Sur le ridicule, la singularité et l’affectation.» Paris, 1750.
Mendelssohn, dans la seconde partie de ses Écrits philosophiques.
Lessing, dans sa Dramaturgie et dans son Laocoon.
Riedel, dans sa Théorie des Beaux-Arts et des Belles- Lettres.
Bouterwcck, dans son Esthétique; Gœttingue, 1806, un 1 vol. in-18.
Le professeur Meiner, dans son Traité succinct de Psy- 1 chologie ; Gœttingue et Gotha, 1773.
Sulzer, dans sa Théor ie générale des Beaux-Arts-, Kiel, 1777.
Feder, dans son Traité de la Volonté humaine, lre partie; Gœttingue et Lemgo, 1779, in-8.
Eschenburg, dans sa Collection de modèles pour servir il la théorie et à l’histoire des Belles-Leltres ; Berlin, 1788-1795.
J’ai dressé cette liste bibliographique pour montrer combien d’esprits sérieux la nature du comique et le phénomène du rire ont préoccupé, depuis vingt siècles et plus : ils sentaient vaguement l'importance de la question. Mais, si un curieux prenait la peine de lire la totalité, ou seulement une partie de ces volumes et brochures, il verrait comment on peut battre la campagne autour d’un problème sans jamais y toucher : ils n’expliquent rien, ne m’ont servi à rien. Les passages d’Aristote, que j’ai cités dans mon dixième chapitre, contiennent seuls un premier rayon de lumière.
TABLE
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