DENTS COCHIN
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La géologie est incomplète aussi, ses fouilles ne pénètrent pas loin. « Nos raisonnements ne peuvent s'étendre, dit Lycll, que jusqu'à une profondeur de quelques kilomètres, 15 ou 16 peutêtre, à peine égale à la 400 e partie de la distance de la surface au centre ; mais bien que celte épaisseur soit insignifiante... elle est considérable encore relativement à l'homme et aux êtres organisés qui peuplent la terre. »
. La géologie ne connaît donc que la dernière et très mince enveloppe de la terre.
Sous cette enveloppe, paraît exister un foyer à une haute température. Les froids les plus piquants ne se font point sentir à quelques pieds sous terre; la terre est mauvaise conductrice de la chaleur, et ne perd pas la chaleur qu'elle possède, pas plus qu'elle ne laisse pénétrer en elle la chaleur extérieure venue du soleil. A Yakoutsk, où la moyenne annuelle de la température est de 10 degrés audessous de zéro, où l'eau liquide n'est guère connue, on fit, en 1786, un sondage. On trouvait : — 6%8 à 23 m ,30; — 1°,2 à 90 ra ,30; — 0°6 à HO". Encore quelques mètres et on eût trouvé leau liquide. On fora, en effet, un puits de 126 mètres dans la steppe Katchougin, et l'eau jaillit 1 .
i. La p parent, Traité de géologie, p. 38i.
L'étroite région où les variations de la température extérieure se font sentir étant dépassée, a-t-on découvert une progression régulière de la chaleur, une proportion constante entre la profondeur et la température? Cela devrait être, si le foyer existe. Dans cette grande chaudière, depuis si longtemps chauffée, les parties intérieures, non soumises aux changements du dehors, protégées par la croûte imperméable, ont dû, à la même distance du centre, se mettre en le même état.
Seulement, avons-nous percé la croûte imperméable à la chaleur? Nous sommes-nous assez rapprochés du centre? Nous pénétrons à quelques centaines de mètres, et le centre est distant de plus de six millions 1 . Tous les terrains n'ont pas la même conductibilité. Au fond des puits où nous descendons, nous pouvons bien admettre, quelle que soit la conductibilité des terrains situés sous nos pieds, qu'avec le temps, les mêmes quantités de chaleur sont arrivées du centre jusqu'à nous; mais il faut admettre aussi que la couche, en somme bien mince, des terrains qui sont audessus de nos têtes, a pu laisser se dissiper plus ou moins ces quantités de chaleur. De là, des