PREFACE
,1 n'est point besoin d'etre aux beaux jours de la premiere enfance pour se d<ilecter aux r^cits merveilleux et se laisser bercer sur les ailes de la fantaisic. Ce ii'est pas seulement pour ceux qui apprennent A lire que les Conies de Perrault se rciniprinient d Tinfini.
Les MiJle et urn Nuits en sont d leur mille et uni^me Edition; Jes Contes d'Hoffmann sont traduits dans toutes les langues, et Tun des plus grands succes contemporains est ediu aux Memoires dti DldbU.
Ajoutons que les grdccs ing&iieuscs de la mythologic antique et les sombres terreurs des l^gendes chr<5ticnnes vivent depuis longtemps dans la memoirc des hommes et y vivront ^ternellement.
Une autre preuve encore de ce goAt si general pour le mer\'eilleux, n'est-ce pas Tattraction qu'exercent les pieces feriques, dont la puissance n'est ^gal^e ni par les drames les plus ^-mouvants, ni par les comedies les plus gaies ou les plus saisissantes. Voyez le Pied de Motiton, Cendrillon, la Biclje aux Bois, la Oxilte Blanche, le Rot Carotie, Orphee aux Eftfers.
Or, ce qu'est le roman historique pour le drame, ce qu'est le roman de moeurs pour la com<^die, notre journal le sera pour la fderie th(^dtrale.
II prendra le lecteur par la main et le menera d travers ce monde immense et sans liniites oil plane la fantaisie, oil Timagination, libre et sans entraves, pent r^ver des magnificences inouies, des terreurs inconnues, des bonheurs intJprouves. II lui montrera tous les spectacles que Toeil liumain n*a jamais contemples ; il lui fera entendre tous les conteurs qui sont alles, vom, ou iront chercher leurs inventions au deld du monde r^el, depuis celui que I'Arabe ecoutait sous sa tente jusqu'd celui qui voit ^clore de fantastiques apparitions dans la funice de sapipe allemande; jusqu'd ceux qui, cherchant dans Tespace invisible, un element d'intcret qui ne fait jamais d<5faut, y puiseront d pleines mains Tfitrange et Timprevu.
II y a des lecteurs, beaucoup de iecteurs pour les r^ves du monde fantastique.
Dans tous les temps, d tous les dges, Thomme en fut toujours avide.
C'est que pour se refaire des epreuves de ce monde oil il soufFre, il lui a toujours fallu s'en creer un autre, chim^rique, impossible.
Dieu merci! cet amour de Tid^al n*e$t pas mort en nous. C'est Id le talisman qui fera la fortune du Monde faniastiqne.
Grdce d lui, on pourra sortir, pour quelques h«ures, de cette triste existence et vivrc de la vie des songes etoil^s et des illusions radieuses.
Notre petit journal remplacera le mysterieux Sesame ! qui ouvre la porte des Espaces imaginaires et vous fait penetrer dans des palais de chrysoprase tout peupltJs de princes charmants et de jeunes princesses ruisselantes de merveillositt^.
Le ^onde fantastique pourra 6tre lu par tous et par toutes : jeunes hommes et .vieillards, tetes blondes et barbes grises : c'est le journal de tous les dges 1