PREFACE. VI
peignée d'avocats, habitués à examiner les questions sous le double aspect du pour et du contre, etcontraintsdebannirtouteconviction de leur âme pour être habiles à leur métier , s'efforcent de faire descendre la France à leur
taille, et plaident la révolution de juillet avec les misérables arguties du code de procédure, tout citoyen honnête qui a du cœur et une voix d'homme doit réclamer hautement les conséquences du principe de juillet ; tout
artiste doit jeter sa palette et faire servir
son talent au triomphe de la plus juste des causes.
Dans cette oeuvre rapide, la pensée, quoi-
Viij PRÉFACE.
que obscure en apparence, sera claire et nette si l'on veut aller au fond des choses. En montrant une république établie sur le principe illimité de l'élection , et bientôt renversée par les vices humains , on n a pas prétendu que la forme la plus naturelle de gouvernement fût impossible; on a voulu seulement prouver que la liberté est inhérente à l'homme, qu'elle fait partie de son essence , et qu'elle ne périt jamais que par des causes extérieures. Ces
causes seront, en Grèce, Philippe de Macédoine et son fils trop vanté; à Rome > la manie des conquêtes , l'amour de la gloire substitué à l'amour de la liberté par le contact des républicains avec les nations baroares; dans les ré-
PRlAfACH.
publiques italiennes du moyen-âge, les intrigues des papes et des empereurs; dans le monde nouveau , on les fera provenir des doctrinaires échappés au naufrage de l'espèce humaine.
Ce n'est pas que l'on ait grande confiance en l'absolu. Les rêves de l'âge d'or, pour un esprit bien fait , doivent être relégués dans le dictionnaire de M. Chompré; mais l'impossibilité d'arriver au but fût-elle évidente , on doit tendre de toutes ses forces à s'en rapprocher.
Si l'auteur avait voulu développer toutes