‹ Le monde où nous sommesChapitre 15 sur 18 · GERMAINE DE MONTBARD A MADAME DE SAINTE-ÉGLINE · texte numérisé non relu

GERMAINE DE MONTBARD A MADAME DE SAINTE-ÉGLINE

Boisnemetz, 17 novembre.

Chère madame,

On vous a dit vrai. Je ne vois plus, je ne verrai plus jamais madame de Ségonnaux. J'en ai le cœur déchiré ; mais il le faut pour mon bonheur, pour mon repos.

Le jour même de mon arrivée à Paris, je dînais chez madame de Ségonnaux. Au bout de très peu de temps, il s'est établi entre mon mari et elle une telle sympathie, un tel courant d'idées communes, que j'ai vite senti le danger d'une pareille situation. Je suis revenue aussitôt à Boisnemetz où nous passerons tout l'hiver. Mon mari ne le regrettera pas. Il aime tant la campagne, comme madame de Ségonnaux!... Les chevaux, comme

madame de Ségonnaux!... La chasse à courre, comme madame de Scgonnaux, toujours!

Ah! chère madame!... je vous suis assurément bien reconnaissante de mon mariage; je me trouve on ne peut plus heureuse. N'aviez-vous pas mis toutes les conditions de bonheur de notre côté, en nous unissant tous deux, M. de Montbard et moi, dont les goûts sont totalement différents, p our ne pas dire opposés ?

Gomme vous avez bien fait de ne pas le marier avec Suzanne! Ilsjoient tout de la même manière. Ce quUls auraient été malheureux !

Recevçz, je vous prie, chère madame, Texpression de mes sentiments respectueux et dévou es.

Vicomtesse de Montbard.

P.'S. Je ne suis pas folle de mon mari, mais j'y tiens tout de même.

LE CARNET DE MARIAGE \Dl

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