SIGNAUX MARITIMES
poli. On créa ainsi les appareils connus sous le nom de phares de réflex^ion ou phares catoptriques. Ils n'eurent pas d'abord grand succès ; les lampes étaient défectueuses , et les réflecteurs, de forme sphérique, ne recevaient qu'une petite fraction (les rayons de lumière, ou ne les projetaient pas dans une direction convenable. « En 1782, on avait établi ce genre d'éclairage à Cordouan; mais, quoique ce phare ne comptât pas moins de quatre-vingts lampes, accompagnées chacune d'un réflecteur, il répandait une lueur si faible, que les navigateurs demandèrent instamment qu'on en revînt au système barbare du moyen âge. » (Les Phares, par Léon Renard.)
Un ingénieur du siècle dernier, Teulère, substitua aux miroirs sj)hériques des miroirs de forme parabolique, forme déjà proposée par Lavoisier. La lumière d'une lampe placée au foyer d'un miroir de ce genre est renvoyée en un faisceau cylintlrique formé de rayons parallèles, dont l'intensité ne diminue point par conséquent avec la distance. Le seul affaiblissement de lumière est produit par l'épaisseur des couches d'air ou des brumes atmosphériques. Aux lampes ordinaires, le môme inventeur substitua aussi les lamj)es à double courant d'air cju'Arganl venait d'inventer; plus tard les lampes Carcel, où rhuile est amenée au bec d'une manière continue [)ar un mouvement d'horlogerie, augmentèrent encore l'éclat et la constance des feux que l'appareil réflecteur projetait à l'horizon, Teulère faisait d'abord tourner ses vingt-quatre miroirs, distribués sur trois cercles superposés, autour d'une lampe dont le bec restait dans l'axe de rotation, de sorte (lue la lumière était successivement projetée sur tous les points de Thorizon. Le but de ce mouvement de rotation était de répartir la lumière aussi uniformément que possible dans tous les azimuts, et non pas, comme on Ta écrit, de produire alternativement des jets de lumière et d'obscurité. 11 n'est donc pas exact de dire que Teulère soit Pinventeur des feiix à éclipses : ce perfectionnement a été appliqué pour la première fois en Suède, au phare de Marstrand. « Là, dit L. Fresnel, au lieu de recourir à l'emploi
LE MONDE PHYSIQUE, d'écrans, d'où résulLerail une peile notable d'effet utile, on ublenail des phases bien tranchées en i'aisaiit tourner le système des réverbères. Us étaient au nombre de trois, disposés horizontalement en triangle éqtiilatéral. autour d'un axe vertical, en sorte que. par l'effet de leur mouvement uniforme de rotation, ils produisaient, dans tous les azimuts, une succession régulière d'à'lals alternant avec des éclipses. » Un phanili! ce genre liil établi à Dieppe par Borda, en 1784. et un aulnà la tour de Cordouan, sept ans
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WJH|nSfilHÉ|v^ généralement formés de groupes wK^nT/UÊ^^ *^^ miroirs paraboliques dont cha- ^^^^^C^^^^r t'un posst'de une lampe à son
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H par Irois, de sorte qu'une rola-
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Fig. 865. — Phare caioptriqje. en Variant la vitcsse du mouve-
ment, obtenir des éclipses plus ou moins rapprochées, et distinguer ainsi les uns des autres les phares établis sur des points différents de ta côte.
La portée des miroirs paraboliques est considérable. Des expériences dues à Biot et à Arago prouvent qu'un miroir de 0'",81 d'ouverture donne une lumière visible dans les lunettes à une distance de quarante lieues. Néanmoins, la [>erte de lumière due à la réflexion, ou à l'absorption des rayons à la surface du métal, est d'au moins la moitié des rayons incidents. De plus, la surface polie des miroirs est rapidement altérée par l'action des vapeurs salines que l'air contient dans le voisinage