LA VISION EN RELIEF
On peut faire mille expériences semblables sur les objets plus on moins éloignés qu'on a devant soi. On reconnaîtra que la vue, avec l'œil droit seul, découvre des parties qui restent cachées quand on examine avec l'œil gauche unique. 11 faut conclure de là qu'une image différente du même sujet se peint sur chaque rétine, droite ou gauche, de sorte qu'il paraîtrait devoir en résulter, pour la vision binoculaire, une double image.. Or l'expérience prouve qu'il n'en est pas ainsi, que ces deux images se superposent et ne donnent qu'une sensation simple, où les parties différentes des images composantes se trouvent réunies. Li vue complète ou normale enveloppe pour ainsi dire les objets en relief, et cela d'autant plus qu'ils sont plus rapprochés.
Qu'on joigne à cela la nécessité de l'accommodation de l'œil pour la vision nette suivant les circonstances, et l'on comprendra la différence que nous avons plus haut constatée entre la sensation que produit la vue binoculaire des objets réels et la sensation donnée par le tableau le mieux rendu qui représente les mêmes objets. Dans ce dernier cas, c'est toujours la même image qui est peinte sur les deux rétines et la vision en relief, la vhsioîi stéi'éosœjnque (des deux mots grecs aispeo;, solide y et crxoreîv, voir), est impossible.
C'est à l'analyse de ces phénomènes qu'est due l'invention des instruments d'optique auxquels on donne le nom de stérêoscopes. Un célèbre physicien anglais, M. Wheatstone, est le premier qui ait eu cette idée et qui l'ait réalisée dans le petit appareil qui porte le nom de stéréoscope de réflexion.
En voici la disposition très simple. M et M' (fîg. 520) sont deux miroirs disposés verticalement à angle droit sur une planchette rectangulaire, de manière à former avec les bords de cette planchette des angles de 45^ Deux montants latéraux A et A' sont munis de glissières et peuvent recevoir ainsi deux images du même objet, de la même vue, de la même scène ou tableau. Il est évident que ces images vont se reproduire dans chacun des miroirs et former deux images virtuelles, en appa-
rence placées ilen'ièrc chaque iiiiroii' syinétritiueinent [lar ra|>poi'l à l'objet lui-môme. Ainsi ab donnera lieu à l'imafte /ï,&,; Ic^ deux mêmes points a'b' de l'objet de droite formeront uruimage a',b'„ qui se superposera e.\aclemenf sur la première.
Si doue les deux yeux 00' sont placés vis-à-vis chaque miroir, et si un diaphragme empoche chacun d'eux de voir l'image produite sur le miroir d'à côté, les deux images (T,t, et a,b\ sembleront parlir des mêmes points de l'espace; elles se peindront Bur les rétines de chaque œil comme le ferait la vue d'uii objet réel. Maintenant, (jue faut-il pour qu'il y ait identité coinpléle entre les phénomènes de vision dans le cas de l'objet iM ou eu jelief, el du mènie objet simple tableau? C'est que les deux vues séparées soient précisément celles que percewail
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cliacun des df ux yeux, s'il examinait chacune d'elles du point de vue où s'est placé l'artiste.
C'est là une condition essentielle de la vision 8tér«îoscopique: si elle est réalisée, la superposition des images se fera comuK' dans la nature même. Ou aura devant soi, non plus sculemt-nl une représentation plane, mais une vision en relief, d'autant plus saisissante eti)lus vive que les tableaux seront reproduits avw une fidélité plus grande, avec les détails des ombres cl de leurs nuances. Si les couleurs n'y sont point, on croira voir des objets en mai'bre, une véritable reproduction sculpturale de la nature'.
I, I Les effets du stéréoscope se mmiifeslent de la manière In plus saisisa.i[ile ï l'ini tion de dessins qui ne repréîieiilcii ( que des contours île corps el des surCicF'» i>( où it les circonstances faTora])les accessoires de coulmir, d'ombre, etc., font complëtefucnl iH