‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 147 sur 173 · PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER ET SUR VERRE · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER ET SUR VERRE

g 1. PHOTOGRAPHIE SUU PAPIER. INVENTION DE TAI.BOT. PROCÉDÉ

BLAKQIIARD-ÉVRARD.

De même que les noms de Niepce et de Dagiierre soiil allacliés à rinvenlion première de la photographie sur plaque métallique, ceux de Talbol et de Blanquard-Evrard caractérisent la découverte de la photographie sur papier : à Niepce et à Talbot la gloire d'avoir conçu l'idée, à Daguerre et à Blanquard-Évrard, celle d'avoir réalisé pratiquement et perfectionné le procédé du premier inventeur.

Moins de deux années s'étaient écoulées depuis que François Arago et Gay-Lussac avaient fait leurs rapports à la Chambre des députés et à la Chambre des pairs sur l'invention du daguerréotype, quand une lettre d'un savant anglais, Talbol, lue à l'Académie des sciences par Biot, lit connaître les procédés que ce savant avait trouvés pour reproduire directement sur ])apier sensible les images de la chambre noire. Voici, d'après cette communication, en quoi consistait le procédé de Talbot :

c( On lave, avec une solution de nitrate d'argent dans l'eau j)ure, un des côtés d'une feuille de papier que l'on marque pour lïouvoir la reconnaître, et on la fait sécher doucement. On la plonge ensuite pendant deux minutes dans une dissolution d'iodure de potassium. On forme, par le mélange d'une dissolution de nitrate d'argent avec une dissolution saturée d'acide gallique auquel on ajoute un peu d'acide acétique, du gaUoniirate

d'urgent, avec lei|uel on lave le papier iotlui-é. On plonge k papier ainsi humecté dans l'eau, on ie sèche avec le papier brouillaril, et on a ainsi oblenu le papiei- calotifpe. On le mel au foyer Je la chambre obscure, une mînule a sufli pour v imprimci l'image invisible encore, mais qui apparaît ilans Iniu ses déUiils lorsque, après^ avoir lavé une fois le [papier tlans le gallonilrate d'argent, on le chauffe doucemeat devaiil le feu. Pour fixer le tableau, il faut rhuniecler avec une dissoliilion de bromure de [rotassium, le laver encore et le sécher. Les dessins ainsi fixes restent irausparents, et l'on peut en tirer des coptes en se servant d'une deuxième feuille de papier calotype qu'on presse contre le tableau, et qu'on expose ainsi à la lumière. » Dans ce procédé, nous retrouvons les mêmes priiici(»es pliïsiques que dans ceux de Niepce et Dajjuerre. Une feuille est recouverte d'une couche sensible, impressionnable à la lumière: elle est soumise à cette inQucnce au foyer de la chambre noire. Mais, encore invisible à la sortie de la chambi'e, l'image a liesoïn de l'action d'une substance spéciale, d'une opération qui la révèle; puis, pour échapper aux causes de desIrucUon ull^ rieure. il reste une dernJL'it' o|téiation, relie du fiviuji'.

Tous les [irocédés ultérieuis de photographie, et ils sont innombrables, sont basés sur les mêmes principes, nécessitent les mêmes opérations fondamentales.

En quoi le |)rocédé de Talbot, qui au début, fournissait des épreuves défectueuses à bien des égards, marquait-il un progrès dans l'art nouveau? Le voici. I^s plaques de Daguerre étaient lourdes et coûteuses, embarrassantes en voyage, d'un maniement |icu commode. De plus l'image, malgré son admirable netteté, le fini de ses détails, offre un miroitement qui rend l'examen difficile : on ne la voit que dans de eertaines conditions d'éclarremenl. Eulin l'épreuve est unique : il faut recommencer autant de fois l'opération qu'on veut avoir de copies du même objet. A tous ces points de vue, mais surtout au dernier, celui de la reproduction des copies avec une même épreuve, le procédé de Talbot mettait sur la voie de progrès

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