L'APPAREIL OPTIQUE DU PHOTOGRAPHE
gérait, sur l'image, les lignes droites de la nature en lignes plus ou moins courbées. La quantité de lumière qui passe par une ouverture étroite étant faible, cet objectif nécessite un temps de pose plus considérable. On s'en sert plus spécialement pour les vues, les paysages, les monuments, les reproductions d'objets inanimés, de natures mortes, comme on dit en style d'art.
L'objectif à verres combiaés (fig. 541), dont le diaphragme est placé en arrière des systèmes de lentilles, permet l'introduction d'une plus grande somme de lumière ; il est employé
Fig. 5i0. — Objectif siinj)!).'. Fî;^, Sil. — Otjeclit coraposù, avec glace
rpdres»anle.
de préférence jwur les portraits, parce qu'il n'exige pas une pose aussi longue.
Dans le daguerréotype, l'image se faisant telle quelle, mais renversée sur la plaque même, en la renversant de haut en bas pour la voir droite clic était symétrique de l'objet, c'esl-à-dire que la droite s'y voyait à gauche, et réciproquement. Pour obtenir une image droite, on adaptait à l'objectif, soit une glace inclinée à 45 degrés, soit un prisme oiî la réflexion totale se faisait sur la face hypoténuse. La photographie sur verre n'exige point cette précaution, puisque c'est l'épreuve négative qui se trouve renversée et symétrique, et qu'en la retournant pour obtenir l'épreuve positive, celle-ci se trouve avoir la position normale.
Dans les premières années qui suivirent la découverte de Daguerre, les opérateurs les plus habiles, malgré le soin qu'iU apportaient aux diverses manipulations qui constituaient !»■ procédé, échouaient souvent et n'obtenaient que rarement des épreuves possédant la netteté de l'image qu'ils venaient d'observer sur la glace dépolie. On crut d'abord que cela tenait à la ilifliculfé de fidre coïncitlci' rigtuireu sèment le plan de la plaque avec le plan dépoli du verre. Un photographe, M. Claudet, cherche à remédier à ce dernier incouvénient el y |)ar\ial. Or le résultat lui cojitratie A son attente. Les épreuves obtenues furent constamment coiduses, mal définies. Après de nouvelles recherches, il découvrit la cause de cet insuccès : c'csl que le Toyer lumineux, nu vi.suc], ne coïncide pas, en efTct, aw le foyer des rayons chimiques, avec le foyer photogénique. El ce défaut de coïncidence dépend à la fois et de la nature des objectifs, et de la distance des objets, et enfin de l'inlcnsilc de la lumière.
Le problème a été résolu pratiquement depuis par les opticiens qui construisent des objectifs pour lesquels le foyer pho* togéiiiiiuc cnïncidt' ;nee le fiiyrf visuel. Ouand l'objeclif d'un appareil ne jouit pas de cette propriété, il importe que le photographe l'étudié avec soin, el, par des essais multipliés, arriva à reconnaître la position pour laquelle l'image sur le veri-e dépoli se trouvera coïncider avec le foyer chimique, de mauière ■ à produire sur la glace sensibilisée l'image la plus nelle possible.
N'oublions pas, eu terminant, de dire que les qualités d'un bon objectif doivent varier avec la nature de son emploi. C'est ce qu'exprime fort bien le savant vice- président de la Société française de Photographie, M. Davanne : « L'objectif est l'àme de l'appareil, dit-il, et, pour être parfait, il devrait répondre à tant de conditions, souvent opposées, qu'un seul instrument ne peut les réunir toutes. Il a donc fallu créer des objectifs divei'< en vue des services qu'on avait à leur demander. Pour le portrait, on a dû sacrifier la netteté générale et l'étendue du chauip