‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 159 sur 173 · PHOTOGRAPHIES INSTANTANÉES · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIES INSTANTANÉES

mouvement» de trains de chemin de fer en marche. Citons quelques exemples.

Dans une conférence fgiile en mars 1881 à la Sorbonne, xM. Davanne rapportait les faits suivants :

c< Un amateur fort habile, M. Hieckel, dil-il, a bien voulu faire les essais pour saisir au passage un train de chemin de fer. Lorsqu'il s'agit d'un service de banlieue, à vitesse ralentie, traversant le pont d'Asnières, marchant environ à 16 kil. à l'heure, oaobtient une épreuve qui présente, sinon la netteté complète, du moins un ensemble très reconnaissable. Dans ces conditions, le train glisse et se déplace d'environ 4 mètres à 5 mètres par seconde, soit 0,05 pour ^ de seconde ; il n'est donc pas étonnant qu'on n'arrive pas à la netteté parfaite. Je ne saurais vous dire quel a été le temps de pose des épreuves que vous venez de voir, mais à coup sûr, d'après l'aspect du cliché, il a été trop long; on eût pu le diminuer de moitié, et si avec un objectif à plus large diaphragme on eût concentré l'effet lumineux sur le train seul, la pose pouvait encore être réduite dans une proportion considérable. Alors, dans ces conditions spéciales d'un train bien éclairé, se profilant sur le ciel, on pouvait arriver à un ensemble suffisamment net.

« Un autre essai a été tenté sur le train express de Rouen, faisant, je crois, 60 kilomètres à l'heure, soit 16^,60 à la seconde; nous n'avons plus qu'une bande marquée sur le pont; on distingue encore les espaces des wagons. Toutefois l'aspect général donne le sentiment d'une extrême rapidité, qu'on sentirait moins avec une épreuve plus nette. »

M. Davanne cite encore d'autres essais intéressants, la reproduction d'une mer agitée, celle d'une jeune fille sautant à la corde. 11 rapporte, mais sur simple ouï-dire, qu'en Angleterre un opérateur aurait pu saisir chaque goutte d'eau de la gerbe d'un arrosoir, un autre l'image d'une hirondelle au vol. D'après le journal Eîiginneeînng , un photographe d'Henley-on- Thames, près de Londres, aurait photographié la locomotive de l'express de Flijing Dutchman, sur la ligne de Great Western, à

la Station deTivyfnid, alorstiirelleniarcliaità l'éiiorme vîlessede 96 kilouiètres à ['tioiiiT. La machine a été repruduile dans tous ses détails avec autant de précision que les objets immobiles environnants. La dnrée de i'ex[K>sition était de ^ de seconde. Des études fort iuléressan les ont été entreprises par deux Américains, MM. Stanford et Muybridge. Dans le but de contriliufr ù résoudre le problème de la locomotion des animaux, problème que notre savant compatriote M. le docteur Marey a abordé si heureusement par la méthode d'enregistreiueiit graphiqiii', M. -Stanford songea à utiliser la pliût(pgrapliic, et pour cela s'adressa à M. Muybridgc. « M. Stanford, dit celui-ci, me consulta à ce pi-opos et je résolus de le seconder dans sa làelie. Il me chargea de poursuivre une série d'expériences plus coi»plète. A cet effet, nous avons construit' trente chambres noires à obturateur électrique qui. poui' la photographie des chevauï. seront placées à environ 12 pouces les unes des autres. Nous uous proposons de lixer toutes les attitudes imaginables

, d'athli^tes, de chevaux, de bœufs, de chiens et d'autres aiii-

, maux à l'état de mouvement. »

Les ini'^uH's expériunMilati'iii's si' pniposciil ili' rcpniihiiiv aussi, s'il est possible, les oiseaux dans leur vol. bien t|n'ib craignent de iciicontier de ce côlé des dlflieultés |)lus giamli'S qu'avec les autres animaux. En altendant, les résultats i)n'iU ont obtcmis dans la fixaliini 'îles mouvenii'nts et d<'s allures ilii cheval sont extrêmement remarqualdi's. Ils ont phologi-a|tlnt'' cet animal au pas. an petit et au ^raud trot, au galop, en voiture. Les épreuves pliologiaphiques de M. Muyiirige nnnUreal un cheval conduisant un tilbuiy au trot avec une vitesse iW 715 mètres à la minute, et les allures du cheval ;i:alo|)aiil avff Li vitesse cousidéiable de 114^2 mètres à la minuti-. Les allines successives obtenues sont celles de l'animal à des intervalle:excessivement courts de ^ de seconde pour la pi'eniîèi'c allure et de ^. de seconde pour la deuxième.

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