‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 58 sur 173 · IDENTITÉ DBS TROIS RADIATIONS · texte numérisé non relu

IDENTITÉ DBS TROIS RADIATIONS

leur rcfrangibilité. Mais elles diffèrent aussi par leur mode d*action. Les radiations moyennes, celles qui consliluenl la partie lumineuse du spectre solaire, ont la propriété spéciale d'affecter notre rétine; déplus, à mesure que leur réfrangibililé croît, l'impression lumineuse varie d'intensité; elle varie aussi de couleur. Cette sensation complexe n'existe que dans le faisceau décomposé; avant de traverser le prisme, toutes ces lumières et ces couleurs réunies produisent sur nous l'impression de la lumière blanche, dont la définition serait alors celleci : la réunion des rayons de tous les degrés de réfrangibilité.

Outre la sensation de la lumière, les radiations solaires se manifestent par leur activité calorifique, parla propriété qu'elles ont d'échauffer les corps, d'élever leur tompéralure. Mais les degrés de cette propriété ne suivent pas ceux de rintensité lumineuse : ils vont en croissant à mesure que décroît la réfrangibilité. De plus, cette activité calorifiiiue, loin d'cMre bornée aux radiations lumineuses, se prolonge au delà de j)arl et d'autre de leurs limites, et c'est en dehors du spectre, au delà du rouge, qu'elle atteint son maximum. En un mot, quand les radiations ont, par le fait d'une décroissance suffisante de réfrangibilité, cessé d'impressionner notre rétine, elles excM'cent encore leur action sur les corps, et cette action est alors oxclusivement calorifique.

Il y a une troisième propriété qui caractérise les radiations solaires : c'est celle que l'on nomme chimique, parce qu'elle consiste dans des combinaisons ou décompositions de certaines substances, dites pour cela impressionnables. Seulement, l'intensité de cette activité spéciale, variable avec la i*éfrangibilité. Test également quand on soumet -aux rayons solaires telle ou telle substance particulière. On reconnaît en général que les radiations lumineuses sont aussi des radiations chimiques, suivante peu de chose près la même loi de variation d'intensité. Mais il existe, du côté le plus réfrangible du spectre, des radiations obscures à peu près exclusivement chimi(pies. Cette composition complexe de la radiaticm solaire, cette

triple propriété calorifique, lumineuse et chimique des rayons inégalement réfrangibles, provient-elle de ce qu'il y a en réalité des rayons de trois natures distinctes dont les uns produiraient la lumière, les autres la chaleur, les autres enfin Tactivité chimique? Ou bien, sont-ce, en réalité, les mêmes radiations élémentaires qui déterminent ces trois effets ?

C'est cette dernière hypothèse qui est admise par les physiciens. Nous aurons bientôt l'occasion de voir sur quelles raisons nouvelles ils s'appuient pour admettre cette identité des trois radiations ; mais déjà nous pouvons faire remarquer qu'il est impossible de les distinguer les unes des autres par leur réfrangibilité, puisque toutes suivent la loi de Descartes, et que là où l'analyse spectrale signale une lacune ou une raie sombre dans le spectre lumineux, elle existe au même point pour le spectre calorifique et pour le spectre chimique.

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