‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 168 sur 271 · SISMOGRAPHE PALMIER. I · texte numérisé non relu

SISMOGRAPHE PALMIER. I

est même arrivé plusieurs fois que des secousses survenues en Basilicate ou en Calabre se sont propagées jusqu'à Naples, de façon à être non seulement enregistrées par le sismographe de l'observatoire de l'Université, mais à être généralement senties, sans que le sismographe de l'observatoire du Vésuve s'en soit

Fig. 244. — Observatoire météorologique et sisinologique du Vésuve, sous la direction

de M. Palmieri.

ressenti le moins du monde. Plusieurs ont cru que les grandes et nombreuses cavités souterraines avaient la propriété d'affaiblir les secousses, et l'on raconte que Pozzuoli a pris son nom des puits nombreux qui furent autrefois creusés comme remède contre les tremblements de terre : serait-ce là par hasard la raison pour laquelle le Vésuve, si sujet à être agité par le

feu qui couve clans son sein, est peu propre à transmettre les secousses venant d'un centre éloigné1? »

M. Malvasia, de Bologne, a imaginé un sismographe avertisseur annonçant les secousses par la chute d'une boule métallique qui pénètre dans un tube, puis agit sur la détente d'une arme à feu ou encore arrête le mouvement d'une pendule. Celte boule est maintenue en équilibre instable, sur la pointe que porte le sommet d'une calotte hémisphérique, à huit cannelures, orientées selon les points cardinaux. Quand une secousse se produit dans le sens d'une de ces huit directions, l'équilibre est rompu ; la boule que maintenait légèrement la pointe d'un cône suspendu au-dessus, s'échappe, suit la cannelure correspondante et tombe sur un plan incliné, pour se rendre au point le plus bas dans l'ouverture du tube dont nous venons de parler. Il y a, comme on voit, une certaine analogie entre ce sismographe et celui qu'avaient inventé les Chinois du deuxième siècle.

Un autre savant italien, M. Mansini, a inventé un avertisseur sismographique, où c'est aussi la chute d'une boule qui marque les secousses, mais seulement les secousses verticales.

Enfin nous décrirons encore le sismographe qui fonctionne à l'observatoire météorologique de Velletri et dans plusieurs autres villes d'Italie. Il a été imaginé par le savant directeur de cet observatoire, M. J. Galli. Voici en quelques lignes le principe et la disposition de ce sismographe.

Les secousses sismiques verticales y sont enregistrées par l'intermédiaire d'une hélice suspendue à un ressort et terminée par un poids, comme dans l'appareil Palmieri : les oscillations de l'hélice sont transmises, par un levier articulé très léger, à une fine aiguille suspendue elle-même, par un cheveu, à l'extrémité du levier. La pointe de l'aiguille, mise en mouvement par une secousse, trace sur une feuille de papier noirci

1. Cité par M. A. de Vaulabelle dans son intéressant ouvrage Physique du globe et Météorologie populaire.

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