DIFFUSION ENTRE LES GAZ
gaz et elle s'opère alors en raison des vitesses d'expansion respectives de chacun d'eux. L'échange se fait suivant un rapport constant, qui toutefois ne suit pas alors rigoureusement la loi de la raison inverse des racines carrées des densités que nous venons de citer. Si l'air et l'hydrogène sont les deux gaz qu'on sépare par une lame de graphite comprimé, la diffusion se fera ainsi : pour chaque volume d'air passant du côté de l'hydrogène, il passe du côté de l'air 3,8 volumes d'hydrogène. Bunsen a employé, pour les mesures de ce genre, un appareil spécial auquel il a donné le nom de diffusiomètre, dont on trouvera la description dans les ouvrages spéciaux, par exemple dans le Traité de Physique moléculaire de M. Yiolle et dans le Traité de Chimie générale de M. P. Schûlzenberger. Mais on fait dans les cours, à l'aide de deux appareils que nous allons décrire et qui sont dus cà M. Jamin, des expériences qui montrent, d'une manière frappante, la rapidité avec laquelle a lien la diffusion des gaz à travers les diaphragmes solides poreux.
A (fi g. 340) est un cylindre poreux d'une pile Bunsen, -dont l'ouverture est fermée par un bouchon de liège bien mastiqué. Deux tubes pénètrent à l'intérieur du vase : l'un B sert à l'introduction d'un courant de gaz hydrogène qui sort par l'extrémité immergée de l'autre tube C. Si l'on vient à fermer brusquement le premier tube à l'aide d'un robinet et à interrompre ainsi l'arrivée de l'hydrogène dans le cylindre, on voit aussitôt l'eau monter dans le tube C. Cette ascension indique une diminution de la pression ou de la force élastique du gaz intérieur, qu'on ne peut expliquer que par la diffusion rapide du gaz hydrogène à travers les parois du vase poreux.
Celte diffusion est tout aussi rapide si elle se fait de l'extérieur à l'intérieur du cylindre. Pour en faire la démonstration, .il suffit de renverser la première expérience. Le cylindre poreux À est alors mis en communication avec un tube en U (fig. 341) qui contient de l'eau. Le cylindre renfermant de l'air à la pres^ sion atmosphérique, le niveau de l'air est le même dans les deux branches du tube D. Si, à l'aide d'une cloche renversée ali-
mentée par le tube B, on enveloppe le vase A d'une atmosphère de gaz hydrogène, la diffusion se fait instantanément par les parois du vase, et la pénétration de l'hydrogène, déterminant une augmentation de pression, se manifeste aussitôt par un
Fig. 540. — Diffusion des gaz. Appareil Flg. 541. — Appareil pour la diffusion
de M. Jamin. " de l'hydrogène.
abaissement du niveau de l'eau dans celle des branches du tube qui communique avec le vase.
Nous avons décrit, dans le tome III du Monde physique1 un appareil indicateur du grisou, dû à M. Anscll, et qui est basé sur l'augmentation de pression produite par la diffusion de l'hydrogène carboné à travers une plaque poreuse. Cet accroissement refoule le mercure dans un tube latéral, et par le contact du liquide avec une pointe métallique ferme le circuit d'une pile qui actionne une sonnerie électrique. La môme disposi-