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USAGE DU THERMOMÈTRE DANS LES ORSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES

On vient de voir que la chaleur joue un grand rôle dans les phénomènes de variation de la pression atmosphérique. Si donc il est vrai de dire que le baromètre est le premier instrument que doive consulter et observer sans cesse le météorologiste, le thermomètre peut être mis, à ce point de vue, sur un rang au moins égal. Dans notre précédent volume, nous avons décrit, avec les détails qu'ils méritent, les thermomètres à mercure, à alcool, à air, et les thermomètres à maxima et à minima, différentiels, métalliques et électriques : mode de construction, graduation, échelles communément adoptées, etc., ont été l'objet de développements qui rendent superflue, croyons-nous, une nouvelle description. Nous devons cependant dire un mot des précautions particulières que nécessite l'usage du thermomètre dans les observations météorologiques. Nous ne voulons parler ici que de la mesure de la température de l'air ; celle du sol et des eaux sera décrite en son lieu.

La température de l'air en un lieu donné et à un instant déterminé doit s'entendre de celle que possède le milieu fluide dans une étendue suffisamment grande tout autour du point où se fait l'observation. Il importe donc absolument que l'installation des instruments soit telle, qu'ils soient soustraits à

l'action des causes toutes particulières susceptibles d'altérer les indications de l'appareil thermométrique. Ces causes peuvent être ainsi énumérées : 1° le rayonnement direct d'une source de chaleur, et notamment du Soleil ; 2° le rayonnement indirect ou par réflexion provenant d'objets voisins, du sol dénudé, de murs chauffés par le Soleil, etc. ; 5° les courants accidentels d'air chaud ou froid; 4° enfin, le refroidissement dû à l'évaporation quand le réservoir du thermomètre n'est pas complètement sec.

S'il s'agit d'une observation isolée et accidentelle, à faire loin d'un observatoire, on obtient la température véritable de l'air, et l'on se met à l'abri de ces diverses causes d'erreur, en se servant du thermomètre-fronde. C'est un petit thermomètre à mercure qu'on attache à l'un des bouts d'un cordon, et qu'on fait tourner rapidement dans l'air, en le tenant à la main par l'autre extrémité ; l'instrument se trouve ainsi en contact avec une masse d'air constamment renouvelée, et l'effet de ce contact l'emporte de beaucoup sur ceux du rayonnement. Le mieux néanmoins est d'effectuer cette opération à l'ombre et de la réitérer jusqu'à ce que deux ou trois lectures consécutives accusent, à 1 ou 2 dixièmes près, le même nombre de degrés. D'après Bravais, le thermomètre-fronde donne une température qui diffère légèrement de celle d'un thermomètre abrité : un peu inférieure pendant la journée ; un peu supérieure au contraire pendant la nuit.

Voyons maintenant comment on dispose les thermomètres dans les observatoires ou stations fixes de météorologie. Le mode d'installation adopté à Montsouris est celui qui a été combiné par MM. Ch. Sainle-CIaire-Deville et Renou, et que représente la figure 65. Un double toit, d'environ 1 mètre carré de surface, légèrement incliné vers le côté sud de l'horizon, deux plaques de tôle verticales un peu écartées du toit, installées sur les côtés Est et Ouest, et enfin, à une certaine distance, des massifs d'arbres verts qui projettent leur ombre sur l'abri, servent à protéger les instruments aussi bien que le sol des rayons directs

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