Les Phénomènes de V atmosphère
entre le jour et la nuit est moindre que s'il s'agit d'un point situé à l'intérieur des terres. Il suffît, pour se rendre compte de cette influence, de se rappeler que l'air des couches inférieures s'échauffe en grande partie par son contact avec la surface du sol, et par le rayonnement calorifique de ce dernier. Or, pour s'élever d'un nombre donné de degrés, l'eau des mers exige beaucoup plus de chaleur que les parties solides de la surface des terres ; elle s'échauffe donc plus lentement sous l'action des rayons solaires et se refroidit de même avec moins de rapidité pendant la nuit. Son rayonnement est moindre aussi. Il en résulte que l'air en contact avec la mer s'échauffe et se refroidit moins vite que l'air des régions continentales; les écarts de température entre le jour et la nuit sont donc, à latitude égale, moindres dans les stations maritimes que dans les stations situées à l'intérieur des terres. L'observation confirme l'exactitude de cette prévision théorique. M. Mohn cite, comme exemples, ceux de Bergen (sur la côte occidentale de Norvège) et de Barnaoul, ville de la Sibérie méridionale, au centre de l'Asie par conséquent. Dans la première de ces stations, les températures du maximum et du minimum diurne sont, en janvier, 1°,2 et 0°,1 ; dans la seconde, — 16°, 5 et — 21°, 0. En juillet, à Bergen, 17°, 1 et 11°, 9; à Barnaoul, 24°, 7 et 13°, 5. On voit donc que l'amplitude est plus considérable dans la seconde station que dans la première, de 3°, 4 en janvier et de 6° en juillet. « En d'autres termes, dit le savant norvégien, l'amplitude en janvier à Barnaoul est quadruple de l'amplitude correspondante à Bergen, et en juillet elle est à peu près double1. »