‹ Le monde physique (volume 4)Chapitre 165 sur 190 · PHOTOGRAPHIE SUR COLLODION · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR COLLODION

de fulmicoton, coUm-foudre ou pyroxyline, détrônerait la poudre ordinaire. La pyroxyline se prépare d'une façon très simple en trempant, pendant une demi-minute, du coton cardé dans Tacide azotique monohydraté, en lavant à grande eau et en séchant à Tair. Elle se dissout dans un mélange d*alcool et d'élher.

C'est à cette dissolution, qui est employée en chirurgie et en médecine, qu'on donne le nom de collôdion. En 1851, un photographe anglais, M. Archer, réussit à substituer le collôdion à l'albumine dans la préparation des plaques de verre qui servent à obtenir les épreuves négatives*. Le rôle que jouent l'albumine et le collôdion est le même, mais les épreuves faites par le dernier procédé exigent un temps de pose encore moins long, et l'on obtient des effets pour ainsi dire instantanés. De là la possibilité de reproduire des vues qui renferment des êtres animés, des personnages, de saisir l'expression rapide de la physionomie dans les portraits, de représenter des corps en mouvement : les nuages entraînés par le vent, les vagues d'une mer agitée, les animaux, etc., etc.

Les procédés de photographie au collôdion ont été variés de cent manières ; en indiquant ce qu'il y a d'essentiel dans l'un d'eux, nous ferons comprendre tous les autres. Mais il faut dire qu'ici, comme dans le daguerréotype, comme dans la photographie sur papier, sur verre albuminé, nous laissons de côté le détail des manipulations, détail qui a son importance, car il est le plus souvent une condition indispensable de la réussite. Gomme notre intention n'est pas d'écrire ici un manuel, même abrégé, de photographie, mais de faire comprendre les principes physiques de cet art aujourd'hui si répandu, le lecteur appréciera les motifs de notre réserve.

Yoici une formule de collôdion normal, c'est-à-dire tel qu'on

i« Ih pholognplie français, M. Legray, avait eu dès 1850 Tidée de se servir du coUolll jplMe de ralbomine; mais il ne réussit point dans ses essais, qui sont mentionnés IhriM pntiqtie de photographie, publié en juin 1850 li Paris, et un mois après à

le prépare avaiil le mélange des substances qui doivent contribuer à la [li'oduction de la couche sensible :

lîllii'r stilfurique reclifii^ 600

pTroxvic 12

Aicooi i 40 .kgr,',- 500

La liqueur iodurée est une solution alcoolique d'iodures de potassium, de cadmium, d'ammonium el de bromures des nn^mcs nitHaux. On y ajoute un fra^nucnt, une pailletle d'iode. Le liquide formé ilu mélange de ces deux snlulions s'étend, comme on fait p(tuv l'albumine, sur la glace bien nelloyce. Cb peu avant que la couche ne soit sèche, on plonge la glace très rapiili'ineiil dans un bain de nitrate d'argent. La furmalion d'iodure, de bromure d'argent qui en résulte produit une couche d'appan^ncc blanchâtre et opaque : c'est la couche phott^niquR. r<elte o|>éralion se tait toujours dans l'obscurité.

La glace est alors placée <lans le châssis de la chambre noii-f. el Ton i»eul o[)érer. e'est-.'i-<iire cxjwser à l'action de la luniièn'. En quelques secondes ' l'impression est produite, et il n'y a plus qu'à soumettre l'épreuve aux opérations du dévelop|>eraent et <)e la tualiou de l'image, ce qui se fait au tDoj-en d'ane dissi>luH<*n aqueuse de sulfate de fer addilionnée de quelques gonltes d'acide pyrogallique. puis dn lavage à l'hyposulûte de souile : celte dernière opération débarrasse le négatif île l'exci-s d'iodure d'ai-'^iont qui. sans cela, noircirait à la lumière et alli-reniil liin;.-e.

Kn ail'iiniiuanl pn.'alaMomenl la plaque, avant de la recouvrir de la eouolie au eollodion. oti |HMit 0|>t'rer plusieurs joins après la préparation. ("Vst le procâb' Taupenol au coilodton sec.

L'èj'reuve néiiiittve i-btenne. on pRvède comme nous l'avoii? dit pour la pn>iluelion d'épn^n^es [>ositives.

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