REFRACTION DANS LES LAMES TRANSPARENTES
sans aucune interposition de milieii réfringent. Cela lient i ce qu'il n'y a pas de réfraction pour les rayons normaux.
Mais il n'en est pas de même pour une incidence oblique. Ëa ce cas, le point lumineux est dévié. Cette déviation est rendue sensible par une expérience d'une grande simplicité. Prenez une lame de verre, posez-la sur un papier où se trouvent tracées des lignes droites el courbes, de manière que la lame ne recouvre qu'une partie des lignes. En regardant perpendiculairement, vous trouverez que les lignes vues par transparence sont la continuation des lignes vues directement. En regardant obliquement, vous remarquerez une déviation, une solution de continuité d'autant plus marquée que l'incidence des rayons
*ig. SI,
des lauies ù fuces |iurallèles.
lumineux sera plus oblique. Celte déviation est due à la réfraction, et elle est aussi d'autant plus forte que l'épaisseur de la lame est plus considérable.
U résulte évidemment de là que les lames transparentes, les vili-es, les glaces dont on recouvre les gravures pour les encadrer déforment les images, puisque les rayons qui viennent à Tceil des divers points du tableau ont traversé sous des iuctdences très diverses l'épaisseur de la glace : les uns normalement, les autres obliquement. La déviation, nulle pour les premiers points, ne l'est pas pour les derniers. Si la glace, transparente avait une grande épaisseur, la déformation serait apparente, mais elle est pour ainsi dire insensible avec les épaisseurs usitées.
Du reste, quand nous parlons de déviation, c'est déplacement latéral qu'il serait préférable de dire, car le rayon lumineux qui traverse une ou plusieurs lames à faces parallèles consene, après son émergence, une direction parallèle à celle du rayon incident, comme le montre d'une manière assez évidente la figure 82. Cette propriété est une conséquence du parallélisme des normales aux points d'incidence et d'émer^ gence, ainsi que des lois de la réfraction, pour deux milieux dont la réfringence est donnée. L'expérience montre que les rayons sont toujours parallèles s'ils sortent après avoir traversé un nombre quelconque de lames, alors même que ces lameS ne
Fig. 82. — Marche d'un njna lumineux i Iravers une lame à faces paralli:lcs.
Fig. 83. Harche d'un fuiceui lumineui.
seraient pas formées de substances identiques, et qu'elles ne seraient point situées parallèlcmcul ; et la théorie permettait de prévoir ce résultat. Ënlin, il est encore le même quand les lames de substances différentes sont conliguës. Le déplacement latéral dépend, dans tous les cas, de la réfringence des substances et de l'épaisseur des lames.
Si l'on met une bougie en face d'un miroir étamé, et qu'on se place obliquement pour en examiner l'image, on apercevra, en avant de l'image brillante formée sur la face intérieure étamée, une image plus faible provenant de la face extérieure du verre et, en outre, une série d'images encore moins brillantes situées en arrière de la première. Ces dernières images sont dues aux rayons qui. après s'être réfractés une première