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SPECTRES DES MÉTAUX ET DES MÉTALLOÏDES

exposés : entrons maintenant dans quelques détails sur quelques-uns des principaux résultats obtenus.

§ 5. SPECTRES DES BIÉTAUX ET DES MÉTALLOÏDES. — PRLNGIPAUX GAZ SIMPLES. DÉCOUVERTE DE NOUVEAUX MÉTAUX PAR L'A^^VLTSE SPECTRALE.

On vient de voir que, pour obtenir le spectre d'un métal, par exemple celui du sodium, on introduit dans la flamme de la lampe un fil de platine imprégné d'une dissolution concentrée d'un sel dont ce inétal forme la base, de sel marin (chlorure de sodium) je suppose. Aussitôt on voit apparaître une raie jaime d'une grande intensité et aux contours très nets. C'est la raie principale du spectre du sodium, telle qu'on peut la voir dans la planche II. Le lithium donne deux raies principales, l'une jaune d'un faible éclat, l'autre rouge et brillante; le potassium fournit deux raies caractéristiques, une rouge, une violette ; d'autres raies jaunes et vertes les accompagnent. Le calcium donne une raie verte très vive, une orangée, une bleue. Le strontium, huit raies, dont six sont rouges, une orangée, une bleue; le bai^um, deux raies vertes, d'autres dans le jaune et le bleu; le thaUium, une raie unique, de couleur verte et remarquable par son éclat.

Un grand nombre de corps simples ont été étudiés de cette manière, les raies brillantes de leurs spectres reconnues et fixées de position, de sorte qu'il suffit d'examiner et de comparer aux résultats dont nous parlons le spectre d'une flamme, pour qu'on puisse en déduire la nature des vapeurs métalliques qui s'y trouvent en dissolution. De là, on le comprend, une nouvelle méthode d'analyse pour la chimie, méthode si déhcate et si sensible, que la millionième partie d'un milligramme de sodium suffit pour qu'on voie aussitôt apparaître la raie jaune caractéristique du spectre de ce métal. Deux chimistes et physiciens allemands, MM. Kirchhoflf et Bunsen, ont dès le début porté l'analyse spectrale à un grand degré de précision. « Je prends, dit M. Bunsen, un mélange des chlorures des métaux alcalins et alcalino-terreux, sodium, potassium, lithium, ba-

ryum, slrontium et calcium, contenant au plus un cent-millième de milligramme de chacune de ces substances ; je place ce mélange à la flamme, et j'observe le résultat. D'abord la ligne jaune intense du sodium apparaît sur le fond d'un spectre continu très pâle; quand elle commence à être moins sensible, et que le sel marin s'est volatilisé, les faibles lignes du potassium apparaissent; elles sont suivies de la ligne rouge du lithium, qui disparaît bientôt, tandis que les raies vertes du baryum brillent dans toute leur intensité. Les sels de sodium, de potassium, de lithium, de baryum sont alors entièrement volatilisés; quelques instants après, les lignes du calcium et du strontium se montrent, comme si un voile se dissipait, et atteignent peu à peu leur forme et leur éclat caractéristiques. »

A l'aide de l'analyse spectrale, on constate aisément la présence du sodium dans l'air et dans les poussières qu'il tient en suspension. La sensibilité de réaction de ce métal est si forte, que les observateurs du spectroscope sont obligés de s'entourer de toutes sortes de précautions pour que cette réaction ne se manifeste pas aussitôt par la présence de la raie jaune dans le spectre : il suffit d'épousseter un livre dans le voisinage de l'instrument pour que cette raie se montre aussitôt.

Six nouveaux métaux ont été découverts par cette méthode : les deux premiers, le caesium et le rubidium, par MM. Bunsen et Kirchhoff; le troisième, le thallium, par M. Crookes et M. Lamy; le quatrième, l'indium, par MM. Reich et Richler; le cinquième, le gallium, par M. Lecoq de Boisbaudran, et le sixième, le scandium, par M. Nilson. Le nom du caesium lui vient de deux raies bleues; celui du rubidium, des raies rouges qui caractérisent les spectres de ces métaux ; le nom du thallium rappelle la raie verte caractéristique de ce métal, et celui de l'indium une raie bleue située dans l'indigo. Le gallium et le scandium (des noms de la France et de la Scandinavie, patries des inventeurs) ont, le premier deux raies dans le violet, le second un grand nombre de lignes, principalement dans le jaune.

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