‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 104 sur 185 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

Si la surface du corps a la propriété d^absorber tous les rayons colorés du spectre, un excepté, le rouge je suppose, le corps nous semble rouge, parce qu'il ne réfléchit vers notre œil que les rayons rouges du spectre. Si cette surface n'absorbe qu une portion plus restreinte des rayons colorés, la couleur du corps sera celle qui provient du mélange des rayons non absorbés, et c'est là ce qui explique le nombre considérable des couleurs el des nuances des corps, nuances et couleurs beaucoup plus variées que celles dont le spectre lui-même est composé. Ainsi les corps colorés sont ceux qui, réfléchissant certains myons, absorbent les autres. Si cette explication est vraie, elle est susceptible de diverses vérifications expérimentales.

Prenons un corps blanc, et faisons en sorte qu'il ne leçuive que les rayons jaunes du spectre : cela est aisé, en plaçant le corps dans la chambre obscure, et en ne laissant arriver que les rayons jaunes du spectre obtenu par un prisme. Le corps paraîtra jaune; il serait rouge, vert, bleu, etc., s'il n'élail éclairé que par les rayons rouges, ou verts, ou bleus. Au contraire, un corps noir restera noir, quelle que soit la couleur dont il est éclairé. Enfin, un corps rouge paraîtra d'un rouge intense si on l'éclairé avec la lumière provenant des rayons rouges du spectre, tandis qu'il parait noir si on l'expose aux rayons des autres couleurs.

L'expérience confirme tous ces résultats. On observe cependant que les corps colorés prennent la teinte des rayons qui les éclairent, alors même que ces rayons n'ont pas la couleur de ces corps ; mais cette teinte est d'autant plus vive qu'il y a une plus grande analogie entre leur couleur propre et celle des rayons dont on les éclaire. Ainsi, a le vermillon placé dans le rouge parait du rouge le plus éclatant. Dans l'orangé et le jaune, il semble orangé et jaune, mais son éclat est moindi^. Les rayons verts lui donnent aussi leur couleur, mais, à cause de la grande aptitude du rouge à réfléchir la lumière verte, il paraît sombre et terne ; il le devient davantage encore dans lo bleu, et dans l'indigo el le violet il est pi'esque enlièremeul

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