‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 110 sur 185 · COULEUR BLEUE DE L'ATMOSPHÈRE · texte numérisé non relu

COULEUR BLEUE DE L'ATMOSPHÈRE

répaisseur de ralmosphère traversée augmente, et avec elle le nombre des parcelles qui dispersent la lumière. Elles lui font perdre successivement le violet, l'indigo, le bleu, et troublent même les proportions du vert. La lumière transmise dans ces circonstances doit passer du jaune à Torangé, puis au rouge. C'est là exactement ce que nous présente la nature. Ainsi, tandis que la lumière réfléchie nous donne à midi Tazur foncé du ciel des Alpes, la lumière transmise nous donne au soleil couchant le rouge chaud des neiges des Alpes. Assurément, les phénomènes se passent comme si notre atmosphère était un milieu rendu légèrement trouble par des parcelles étrangères d'une extrême ténuité, qui y seraient maintenues mécaniquement en suspension. »

Nous devons mentionner ici les expériences d'un savant français, M. A. Dupasquier, qui, dès 1845, constatait l'influence des particules finement divisées sur la coloration bleue des milieux oii ces particules se trouvent en suspension. L'argent, le mercure, le bismuth, l'arsenic, l'antimoine en poudre, divers composés métalliques, en suspension dans un liquide, lui ont tous montré à divers degrés une teinte bleuâtre, et il se demandait si Ton ne pouvait expliquer de la même manière « certaines colorations bleues que présente la nature, celle des glaciers par exemple, qui pourrait être due à leur état de granulation, et celle des lacs, qui pourrait peut-être avoir pour cause des particules hétérogènes très subtiles, tenues en suspension dans une masse d'eau d'une grande épaisseur. » Ces questions ont été étudiées en efTet depuis et résolues, notamment par Tyndall, dans le sens qu'indiquait il y a trente ans notre com^ patriote.

L'illumination des milieux transparents a été l'objet de nouvelles éludes très intéressantes par M. Lallemand ; mais, outre que ces études ne sont pas terminées, leur exposé nous entraînerait à des considérations plus élevées que ne le comporte cette simple description des phénomènes de la lumière et des couleurs.

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