PRINCIPE DE LA THÉORIE DBS OMBRES
OU échancré par la Lune ; ces lieux sont dans la pénombre : il. y a pour eux éclipse partielle de Soleil. Les éclipses de Lune^^ produites par le passage de cet. astre dans les cônes d*ombre et de pénombre de la Terre, sont produites de la même façon et constituent des éclipses totales ou partielles de Soleil pour la Lune. Seulement, l'existence de l'enveloppe gazeuse qui forme notre atmosphère modifie, comme nous le verrons plus loin, les dimensions réelles du cône d'ombre terrestre, et il faut tenir compte de ces modifications pour expliquer les circonstances d'ailleurs variables du phénomène des éclipses lunaires. A ce point de vue, la théorie géométrique des ombres n'est pas directement applicable à ce cas parliculier.
D'autres phénomènes semblables se passent (et sont observables pour nous) dans les autres corps du système planétaire. Tels sont les passages de Vénus et de Mercure sur le disque du Soleil, les éclipses des satellites de Jupiter, ou encore les projections des cônes d'ombre de ces satellites sur le disque lumineux de la planète. C'est l'observation des éclipses des satellites de Jupiter qui a permis la première constatation et la première mesure de la vitesse de propagation de la lumière.
A la surface de la Tei're, on peut vérifier journellement, mais à la vérité d'une façon tout ap[)roximative, les effets d'illumination, d'ombre et de pénombre qui sont une conséquence de la loi de propagation rectiligne de la lumière.
Quand la lumière est directe et d'une suffisante intensité, comme celle du Soleil ou d'une source artificielle, lampe, bougie, bec de gaz, les ombres sont relativement tranchées ; les parties éclairées et les parties obscures des objets se limitent assez nettement et les pénombres ne font qu'en adoucir les contours : les ombres cependant sont loin d'être obscures, à moins qu'il ne s'agisse d'un endroit clos de toutes parts ; la lumière se reflète dans toutes les directions, soit par l'illumination de l'air lui-même, soit par les parties éclairées des objets qui jouent pour les parties obscures le rôle de sources secondaires de lumière. Mais si la lumière est diffuse, comme
est celle du jour lorsque le Soleil est masqué par des nuages ou des brouillards, t'illuminatiun se répand et s'égalise, au point qu'il est le plus souvent impossible de faire la sépara-> tien des lumières et des ombres. L'application géométrique de la théorie des ombres et pénombres, qui peut, dans les arts du dessin, servir aux artistes dans le premier cas, devient
Fig. 15. — Effets d'ombre el de pénombre. Silhouettes des caries découpées.
impossible dans le second. L'observation ou l'imitation empirique de ces effets est alors la seule ressource praticable.
Les cartes découpées qu'on donne en jouet aux enfants, sont une application de l'effet de clair-obscur produit par les pénombres : le papier s'y trouve découpé et enlevé sur toutes les parties qui doivent paraître en pleine lumière et un peu au delà, de façon que leurs contours soient adoucis par Teffel