‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 160 sur 185 · L'APPAREIL OPTIQUE DU PHOTOGRAPHE · texte numérisé non relu

L'APPAREIL OPTIQUE DU PHOTOGRAPHE

jurerait, sur l'image, les lignes droites de la nature en lignes ])lus ou moins courbées. La quantité de lumière qui passe par une ouverture étroite étant faible, cet objectif nécessite un temps de pose plus considérable. On s'eu sert plus spécialemont pour les vues, les paysages, les monuments, les reproductions d'objets inanimés, de natures mortes, comme on dit eu style d'arl.

L'objectif à verres combinés (fig. 541), dont le diaphragme est placé en arrière des systèmes de lentilles, permet l'introduction d'une plus grande somme de lumière ; il est employé

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Fig. StO. — Objoctif Kimptc.

de préférence pour les portraits, parce qu'il n'exige pas une pose aussi longue.

Dans le daguerréotype, l'image se faisant telle quelle, mais renversée sur la plaque même, en la renversant de haut en bas pour la voir droite elle était symétrique de l'objet, c'esl-à-dire que la droite s'y voyait à gauche, et réciproquement. Pour obtenir une image droite, on adaptait à l'objectif, soit une glace inclinée à 45 degrés, soit un prisme oiî la réflexion totale se faisait sur la face hypoténuse. La photographie sur verre n'exige point cette précaution, puisque c'est l'épreuve négative qui se trouve renversée et symétrique, et qu'en la retournant pour obtenir l'épreuve positive, celle-ci se trouve avoir la position normale.

Dans les premières anuées qui suivirent la découverte de Daguerre, les opérateurs les plus habiles, malgré le soin qu'ils apportaient aux diverses manipulations qui constituaient le procédé, échouaient souvent et n'obtenaient que rarement des épreuves possédant la netteté de Timage qu'ils venaient d'observer sur la glace dé{>olie. On crut d'abord que cela tenait à la difficulté de faire coïncider rigoureusement le plan de la plaque avec le plan dépoli du verre. Dn photographe, M. Clandet, cherche à remédier à ce dernier inconvénient et y parvint. Or le résultat fui contraire à son attente. Les épreuves obtenues furent constamment confuses, mal définies. Après de nouvelles recherches, il découvrit la cause de cet insuccès : c'est que le foyer lumineux, ou visuel, ne coïncide pas, en effet, aver le foyer des rayons chimiques, avec le foyer photogénique. El ce défaut de coïncidence dépend à la fois et de la nature des objectifs, et de la distance des objets, et enfin de l'intensilé de la lumière.

Le problème a été résolu pratiquement depuis par les opticiens qui construisent des objectifs pour lesquels le foyer photogénique coïncide avec le foyer^ visuel. Quand l'objectif d'un appareil ne jouit pas de cette propriété, il importe que le photographe l'étudié avec soin, et, par des essais multipliés, arrive à reconnaître la position pour laquelle l'image sur le verre dépoli se trouvera coïncider avec le foyer chimique, de manière à produire sur la glace sensibilisée l'image la plus nette possible.

N'oublions pas, en terminant, de dire que les qualités d'uu bon objectif doivent varier avec la nature de son emploi. C'est ce qu'exprime fort bien le savant vice-président de la Société française de Photographie, M. Davanne : « L'objectif est ràine de l'appareil, dit-il, et, pour être parfait, il devrait répondre à tant de conditions, souvent opposées, qu'un seul instrument ne peut les réunir toutes. 11 a donc fallu créer des objectifs divers en vue des services qu'on avait à leur demander. Pour le portrait, on a dû sacrifier la netteté générale et l'étendue du champ

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