COUPS QUELCONQUES
Quelles sont les conditions extérieures de visibilité des corps?
Considérons d'abord une source lumineuse proprement dite. Si, entre cette source et l'œil, le milieu interposé est transparent et de plus homogène, on peut dire que la visibilité est directe : le faisceau lumineux émané de chaque point de la source suit alors en effet une route rectiligne. Cela résulte de la loi de propagation de la lumière en ligne droite, dans l'hypothèse où le milieu traversé par elle est homogène. En reconstruisant géométriquement les lignes droites divergentes qui constituent les divers faisceaux, on retrouverait à leur point de concours le point lumineux lui-même.
Il n'en est plus ainsi — l'observation nous permettra de le constater bientôt — si l'espace compris entre l'œil et la source de lumière est occupé par deux ou plusieurs milieux différents, séparément homogènes. Le chemin suivi par le faisceau est toujours rectiligne dans chaque milieu ; mais en général il y a déviation en passant d'un milieu dans un autre : la route totale, composée d'une série de lignes droites, est alors une ligne brisée, dont le dernier élément donnera la direction suivant laquelle l'œil verra le point lumineux. L'image de la source se trouve donc autrement placée que dans le cas d'un milieu II. Il
Iraiisparenl unique; elle est déviée, el c'est à ce phénomène de déviation qu'on donne le nom de réfraction de la lumière.
Nous supposons ici que les milieux traversés par la lumière sont doués d'une absolue transparence; dans cette hypothèse, la source seule est visible; la matière ou la substance qui compose le milieu n'est pas perçue par l'œil , n'est pas visible elle-mômc.
Mais, en réalité, comme nous l'avons dit déjà, une telle transparence absolue n'existe pas dans la nature, ou tout au plus I)eut-elle être admise pour les espaces interstellaires qui ne sont pas immédiatement accessibles à l'observation. Les milieux que nous connaissons, solides, liquides ou gazeux, le verre, l'eau, l'air par exemple, ne sont doués que d'une transparence relative. La lumière qui les traverse s'y trouve en partie absorbée : il en résulte pour ces milieux une illumination plus ou moins intense, qui croît avec leur épaisseur, et en outre le plus souvent une certaine teinte ou coloration qui, en devenant sensible à l'œil, les rend visibles pour nous. La lumière ainsi reçue el qu'il faut distinguer de celle qui rend la source visible, est dite lumière transmise. Le milieu perçu est visible par transmission. Des milieux doués du plus haut degré de transparence, on passe aux milieux translucides, puis aux corps ou milieux opaques, par degrés pour ainsi dire insensibles. La lumière d'une source se diffuse ainsi de plus en plus à l'intérieur du milieu, de sorte que la source elle-même finit par nVHre plus visible, tandis que les divers points du milieu que pénèlixî sa lumière sont au contraire seuls aperçus par l'œil. On arrive ainsi à l'opacité, dès que l'absorption est complète, ou du moins dès que l'intensité de la lumière transmise est assez faible pour ne plus causer à l'œil d'impression sensible.
Telles sont les conditions de visibilité d'une source de lumière, c'eslsWiix^ d'un corps qui est lumineux de lui-même, par incandescence ou autrement. Voyons maintenant ce qu'elles SfUit pour les corps qui ne sont pas des souitîes proprement dites»