DENSITE DES CORPS SOLIDES
246,5 par 51,65 on trouve 7,788 pour la densité du fer : ce qui revient à dire que le fer pèse, à volume égal, 7 fois et 788 millièmes autant que l'eau.
Voici une seconde méthode :
La figure 203 représente un instrument appelé aréomèWe^
Fig. 203. — Densité des corjis solides. Aréomètre de Charles ou de Nicholson.
dont la disposition est due au physicien Charles, bien qu'on l'at-
1. Du grec àp^w';, léger, et u.êTpov, mesure. Les aréomètres ont servi d'abord à mesurer les densités des liquides, comme nous le verrons plus loin.
Tout le monde connaît l'histoire d'Archimède, courant, au sortir du bain, par les rues de Syracuse, en criant comme un fou : « EûpriJia, siipnxal J'ai trouvé! j'ai trouvé! » Il s'agissait d'un problème dont le roi Hiéron l'avait prié de chercher la solution, à savoir si dans une couronne livrée à ce prince par un orfèvre comme étant tout entière d'or pur, il entrait ou non d'autres matières. La découverte du principe d'hydrostatique qui porte le nom de l'immortel géomètre, le mit sur la voie, et il reconnut qu'une certaine quantité d'argent avait été mélangée à l'or dans la confection du diadème royal. Archimède faisait, dit-on, peu de cas des applications pratiques de la géométrie et des sciences ; mais il fut loin de les négliger, et l'on cite xme foule d'inventions dues à son génie. C'est à lui qu'on attribue l'invention des aréomètres, instruments basés immédiatement sur le principe que tout corps immergé ou flottant dans un liquide déplace, quand l'équilibre est établi, un volume de liquide ayant précisément le même poids que le poids du corps ; c'est ce même principe, découvert et démontré par Archimède, qui lui rendit facile la solution du problème de la couronne. D'autres historiens des sciences ont regardé comme auteur de la découverte des aréomètres la belle et savante Hypathie, cette malheureuse victime du fanatisme religieux des moines d'Alexandrie. Ce qui pai'ait plus certain, c'est que ces petits appareils, si précieux, doivent à un physicien moderne, Homberg, leur forme actuelle.
Iribue généra Jemenl à iNicholson : il est construit de telle sorte que, plongé dans l'ean, il affleure précisément en nn point mai-qué sur sa tige supérieure, lorsque le plateau qui la surmonte est chargé d'un poids connu : soit 100 grammes ce poids. On place le corps dont la densité est cherchée dans le petit plateau, et l'on ajoute des poids marqués pour produire l'affleurement. Si l'on a dû mettre 55°',8, je suppose, la différence 04^', 2 entre ce dernier poids et iOO grammes donne évidemment le poids du corps dans l'air.
Ce qui précède montre déjà que l'aréomètre est une véritable balance. On ôte le corps du plateau supérieur, et on le place dans le petit vase suspendu au-dessous de l'instrument : il perd de son poids, de sorte que l'aréomètre remonte, et qu'il faut ajouter des poids marqués pour rétablir l'affleurement : soit 51 grammes. Tel est le poids d'un volume d'eau égal à celui du corps. En divisant 64,2 par 51, on trouve 2,07, densité cherchée (c'est la densité du soufre).
Dans le cas où le corps est moins dense que l'eau, on retourne le petit panier en sens inverse, et le corps que la poussée tend à faire remonter, rencontrant un obstacle, n'en reste pas m oins plongé.
Une troisième méthode pour évaluer la densité des solides est celle du flacon. On met dans le plateau d'une balance le fragment du corps dont la densité est cherchée, et, à côté, un flacon exactement rempli d'eau et bien bouché à l'aide d'un bouchon rodé à l'émeri (lig. 204). On établit l'équilibre à l'aide de poids marqués. On introduit alors le corps dans le flacon, et on le rebouche, en ayant soin d'enfoncer le bouchon au même niveau. Une certaine quantité d'eau a dû sortir, dont le volume est précisément égal à celui du corps qui a pris sa place. On replace le flacon, après l'avoir bien
Fig. 204. — Densité dus liquides. Méthode du llacon.