POROSITÉ DES CORPS
On dit que les corps de celte sorte sont poreux, et les intervalles ou vides dont on parle ici se nomment des poires.
La porosité est-elle une propriété générale des corps? Avant de répondre à cette question, il importe de faire une distinction que quelques exemples feront mieux comprendre.
Il y a une première espèce de porosité grossière, dont l'éponge nous donne l'idée, et qu'on rencontre assez fréquemment dans les substances organiques. Dans une éponge, on aperçoit une multitude de trous de toutes grosseurs (fig. 16). Dans ces vides, où manque absolument la matière du corps, il ne faut voir que des solutions de continuité tout accidentelles. D'autres corps, les liquides notamment, y prennent place avec facilité, et, en remplissant les plus gros comme les plus petits de ces sortes de pores, sont cause de l'accroissement du volume apparent de l'éponge même. Mais leur existence ne prouve nullement que de tels intervalles séparent les molécules constituantes, c'est-àdire les plus petites particules divisibles de la matière de l'éponge. Le microscope fait voir en effet l'éponge constituée par une multitude de fils ou plutôt de canaux entrelacés dans tous les sens (fig. 17) : les vides qui les séparent n'ont rien de commun avec les pores véritables.
C'est une semblable porosité qu'on trouve dans les tissus de toute espèce, dans les feuilles de papier, dans les étoffes, dans le feutre, qu'on utilise dans les filtres. Les tissus des végétaux, des organes des animaux, examinés au microscope, monument une structure du même genre, qui les rend essentiellement perméables aux liquides et aux gaz (on compte plus de 50000 cellules dans une diatomée qui mesure 1/2 millimètre); et là où la vue ne distingue plus de pores, la circulation de la sève dans les plantes, du sang et des autres liquides de l'organisme dans les animaux, montre assez que de tels vides existent.
Cette première sorte de porosité pourrait être définie en disant qu'elle consiste dans la propriété qu'ont les corps d'être perméables aux fluides, liquides ou gaz. Or l'expérience prouve que cette perméabilité n'est pas absolument générale.
Nombre de corps, il est \'rai, qu'on pourrait croire non poreux, le sont en effet. Nous ayons plus haut cité le marbre,
Fig. 16. — Trous et pores apparents d'une éponge.
les métaux ; un morceau de marbre semble imperméable à l'eau
Fig. 17. — Fragment d'une éponge vue au microscope (80 diain.).
par exemple. Bien qu'ayant la même composition chimique que la craie, il ne s'imbibe point comme celle-ci; quand on le